lundi 29 septembre 2014

Une lettre à Toi.

J'écris toujours du fond d'un encrier, qui prend naissance au creux de mon cœur, qui se laisse couler le long des joues.
J'écris toujours du fond d'un cendrier, où j'y mêle de vieilles photos à ces quelques mégots calcinés. Je recharge les cartouches de mon stylo avec des larmes noires et salies, pour que mon écriture soit salée.
Je noircis ces pages à la pointe de mon âme, avec le bout de mon coeur et cette pointe de cynisme, un peu par crainte, un peu par honte, un peu pour trouver la justesse des mots, surtout pour cicatriser les plaies.
Ce soir je tremble un peu, le souffle court, je t'écris pour te prévenir que le Sheitan court toujours. Et Toi dans tout ça, que fais-Tu ? Un peu partout sans être pourtant nulle part, les vois-Tu qui s'agitent aux confins du monde que Tu détiens ? Ils prient, ils pleurent, ils rient, mais jamais rien ne vient. Où sont les réponses à nos questions, celles qui viennent réconforter les yeux humides ?

Et je rage et j'explose, je brûle chaque fois que Tu me traverse l'esprit. J'en ai marre de courir après des espoirs impossibles, à suivre des chemins que je trace seul. J'en ai marre des silences, des hivers éternels. J'en ai marre des désespoirs, des inévitables déceptions, de ton absence et de celle des autres. Alors tu me crois, quand je Te dis que je veux m'en aller ?

J'écris toujours du fond de mon passé, qui se rejoue en noir et blanc à chaque putain de minute. Celui qui hante mes jours, qui aveugle mes nuits, je n'en veux plus.
J'écris toujours du fond de mes pensées, lamentables souvenirs ternis et bafoués, par Ton absence et les incompréhensions, gamin à l'âme mutilée par tous ces "pourquoi" qui tuent toujours un peu plus, ces questions qu'on ignore et qu'on découvre trop tôt, le gamin d'autrefois se taille la route et les veines.

Allez, je Te salue, moi je me tire d'ici et de là-bas, je m'en vais naviguer un peu, entre les alcools et les cendres, entre nos rires éteints et nos yeux dépassés...

dimanche 28 septembre 2014

Les Brasiers

Lassé, essoufflé, épuisé de tout ce mouvement, des cris, des pleurs, des lueurs au fond des ruelles, de la pluie qui tombe, de l'espoir qu'on ne peut toucher, j'ai trop attendu, j'ai tout laissé partir.
Les soirs qui passent comme se défilent les étoiles filantes, j'ai passé le plus clair de mon temps à avancer, sans savoir vers quoi. Si je devais en tirer une conclusion, un résultat à cette aventure de mélancolie, c'est que je me suis retrouvé bien trop en avance.

En avance sur mon temps, sur les idéaux, en avance sur la joie, sur la route, en avance pour les larmes. Coincé dans cette dimension sordide, je ne peux qu'attendre encore et encore. Que reste-t-il que je ne connaisse déjà point ? Et moi, dans les pâles lumières matinales, dans l'enfer des plaies et des hématomes, je regrette déjà les dernières bouteilles vides au pied du lit.

Tous ces taxis vers d'autres histoires, ceux que je n'ai pas su prendre, les haltes et les déboires autour du feu, les brasiers encrés dans d'autres yeux que les miens, les aventures d'un autre temps et les cendres tatouées sur le fond de mon cœur, tout ça je n'en peux plus.

lundi 22 septembre 2014

Mon Enfer



Du fond des yeux, dans les regards, là, les vérités qui se brûlent, les océans qui se déchaînent et leurs mensonges au petit matin. Ma chérie, si ici c’est la Terre, bienvenue dans mon Enfer.
La culture des champs et des guerres, des champs de bataille et des guerres pour un rien, qui tue nos frères et détruits notre vieux continent. Et j’en veux aux branleurs, aux putains, à nos erreurs, à tous ces chiens.
J’attends là, avec mes idées, mes plaies dans le cerveau, j’attends là, dans cette putain de gare, sur ce banc d’une autre époque, dans le brouillard et le sentiment amer de l’abandon. Je te vois, je t’invente, ta silhouette et ta robe, la rose à la main, tes pas dans la brume, ta peau contre la mienne, dans une gare du Nord et le blanc de la neige.
J’avais rendez-vous depuis des années, j’attendais de te voir, de pouvoir te toucher.
Pour mes erreurs, mes pensées, pour ma façon d’être, ils m’ont jugé. Mais ils ne savent rien des joies et des peines, des larmes étouffées dans les nuits blanches, de ma lame sur ma peau, qui tranche et s’endort.
Ils ne sauront jamais, la défonce de l’ennuie, de la solitude qui plonge dans le silence, des rires forcés des convictions d’hypocrites, des promesses qu’on entend mais que personne honore.
Tu les as vus ?

Je Me Noie Quelque Part...



Je me noie quelque part, entre le bruit et la foule, entre le silence et puis le vide, d’un cœur à un autre, entre tes regards et l’infini. Entre temps, le sable entre tes mains, m’évader du fond d’un cri. Dans le noir de la cambre, la flamme éclaire mon âme, la lame si près du but, sans toi creuserait en moi.
Mais moi je n’ai pas la force de ceux qui font des drames, ceux qui disent des « je t’aime » comme on s’allume une clope. Du haut de ma souffrance, oui moi je les regarde, quand ils jouent leur vie dans les bars et les nuits pour moi c’est décidé, je refuse, je m’enfuis. 

Et moi chérie, dans tout ça, dans le tourment, dans la tempête, je vais de rue en rue, ton image dans la tête, comme un chef de meute en exil, je me perds.
Je me noie quelque part. Je rôde dans la fange des rues, de la rue à la ville, de la ville aux pays, au pays des écorchés.
Entre les débats et les déchets, entre les fous et les illuminés, entre les trous de ma tête explosée, on se perd, on s’oublie. De la violence de ce monde, des vomissures du soleil, il n’y a que dans tes bras que je me sens vivre.

Le faible son de ma voix se perd le long des allées désertes. Ville fantôme aux nuages de poussières de rien, ce ne sont que les sanglots qui me lèvent le matin,
Quelle honte, mais putain, quelle honte, les horizons rouge et gris le matin. Et puis l’industrie ! Le dieu béton qui reprend la vie des beautés de la nature, et la Sainte électricité qui effraie nos étoiles qui ne filent plus du tout, mais s’affolent !
Mais que c’est beau, nos rêves éteints, nos lumières brisées, et toi et toi qui jures que tu ne te lèveras pas…

dimanche 21 septembre 2014

Semper Fi

J'aurais aimé que tu ne m'en veuilles pas. Mais la vie est comme ça et les erreurs parlent. Et le passé se traîne, s'accroche, un boulet à la cheville, la fatigue au fond des yeux et ces non-dits plein les bras, qui en ont marre de tant saigner.
De tous ces endroits où je ne suis pas allé, j'en trouverai d'encore plus beaux. Sous le vent de nos soupirs et malgré les pluies oculaires, des forces contraires me poussent à d'autres pensées, aux songes différents.
Quoi qu'il en soit, l'air de mes poumons me tient en vie et dans ces moments-là, je ne vois plus rien. Je peux admettre bien des choses, mais je refuse d'être un condamné. Et pourtant. Se taire, se révolter, des champs d'action aux limites des libertés, tu vois, je n'ai pas trouvé le bon chemin.

jeudi 18 septembre 2014

Particules...


Au détour d’un silence, te croiser du regard, me perdre encore une fois dans les méandres de tes yeux. Quand le temps se suspend rien qu’un instant, que les bouches sont muettes et glaciales, je t’aperçois de l’autre côté dans ton autre monde.
C’est à la croisée de nos deux empires que mon cœur a décidé de battre, au travers des foules c’est toi qu’il traque en vain. Penché de mon ciel pour mieux te rencontrer, le parfum de tes pensées m’enivre dans les fournaises de nos languissantes journées.
Te voir t’empresser dans mon cauchemar m’a poussé aux plus doux des rêves, le long des soirées qui se raccourcissent lorsque tu t’en vas. Mes nuit sont longues, nourries par des ébauches fantomatiques de toi et tous ces « et quand… » qui remontent en cascade dans la tête.
Voyage fabuleux au royaume des regards amoureux, ma reine tu n’es que ma capitale, et puis tout le reste aussi.

samedi 13 septembre 2014

l'Enfant

L'enfant du béton depuis toujours envisage
Qu'une fois au crépuscule tout homme se dévisage,
Quand dans vos yeux ternes il voit votre rage,
Quand dans son cœur asséché vous lisez de vieux adages.

Délavé, insoumis, invaincu, tout son être se glace
Sous le plomb de vos regards, la foudre qui embrasse
Le feu des critiques, le brûle mais jamais ne laisse de trace,
Du givre sur les lèvres, protège l'âme chagrine qui place

Confiance dans ses principes. En l'horreur qu'il se dessine
Il porte sa foi, soulève les sombres ambitions qui le destine
Aux jeux des destructions, aux alcools quand il s'avine
Ce n'est que des yeux d'une autre, aux poussières d'opaline.

A mêler le sang dans le fond d'une nouvelle tragédie
Au goût amer de vos pêchés, le long d'âpres paradis
Qu'il a cru voir un jour, qu'il ressent, déchirants, dans les cris
Les murmures et les mots sifflants disent que bientôt il sera parti.

Mais d'un lointain passé qu'il porte en cicatrices obscures
Sous le chant des fauves fiévreux, dans le craquement des murs
Comme dans le vent glissant ça et là au travers des serrures
Il tiendra le cap, s'efforçant de se rappeler ce que disaient vos blessures:

"Rien ne te sera offert ici bas, ami ou étranger, je ne sais comment dire
 Qu'à l'aurore d'une vie tu t'es bâti, que le temps balayera les rires
Au ciel mourant de nos espoirs, quelqu'un s'empressera de détruire
Tes rêves d'étoiles, tes roses fougueuses comme tes fidèles souvenirs."

Alors l'enfant déjà vieux serre les dents, ne veut pas trainer
Le malheur comme drapeau, la beauté des larmes contaminées
Tout son être s'y engage, il restera dur et fort, jure d'y arriver,
Si fort et si frêle, au détour des rides d'un coeur malade et condamné.


jeudi 11 septembre 2014

Le Temps d'un Verre

J'voudrais que tu comprennes, que tu voies ce que j'ai dans la tête, mais je peux pas te parler putain, je suis figé et c'est comme ça dans mon monde entier. A la traversée des déserts, la poids de la chaleur sur les épaules, sauter la ville de toit en toit, te chercher, te trouver et te laisser glisser comme le sable entre les doigts.

Tristesse à bon marché, se perdre dans les méandres des rues, dans le soir qui tombe, sur la piste de ton ombre. Flirter avec la vie, au carrefour des sentiments, les poumons noyés dans l'haleine vodka d'une fin de soirée, échanger nos maux et, le temps d'une accolade, passer la clope de main en main.

Le Christ en croix sur la route, ouvrir les portes de la mort, se défiler au fil du rasoir. Mêler le sang à l'alcool, repousser les limites. Se réveiller autre part. Se sentir mal, mais se sentir vivant...

dimanche 7 septembre 2014

De l'eau dans les cerveaux

Pour toi j'aurais laissé filer du ciel toutes les étoiles,
Poussé le vent sous la splendeur des voiles
Pour un sourire troqué mille larmes, essuyé mille drames,
Du moins tenté d'allumer mille flammes
Cicatrisé les plaies, recousu les coeurs,
Encaissé tes peines pour te sauver des peurs
Dans la lumière des jours comme dans l'ombre des nuits,
Ajouter des couleurs sur le tableau de ta vie
Déposer à tes pieds la beauté des mondes,
Effacer les malheurs qui nous traînent à la tombe
La poésie des armes dans le silence des livres,
Souffler le froid des cauchemars quand les alcools t'enivrent
A la chaleur de l'aurore te regarder dormir,
Aux morts des crépuscules ne pas te laisser partir
Caresser tes rêves du bout de mes doigts,
Bâtir ton royaume pour faire de nous des rois
Et faire de toi ma reine, celle que j'ai perdu, celle que j'ai rêvé,
Celle que j'avais toujours espéré.

Tous les mots

Ce soir les larmes s'en vont, de la porte de mon cœur, j'y vois des regards éteints. Éteints, les brasiers de tes yeux d'azur et d'opaline, qui regardent ces horizons au soleil où je ne suis pas.
Parce que mes yeux étaient brûlants d'un manque de sommeil certain et que mes paupières tombaient sous le poids du manque d'un toi qui s'en allait au loin, je t'ai dit tous les mots que je connaissais.

Le lit est froid au matin, quand le bleu du ciel se livre au rouge et au noir de la nuit. Morne solitude que l'on traîne le long des couloirs glacés des villes sans teint, les cicatrices fleurissent aux surfaces d'une peau, au plus profond d'un être vide, jamais le temps ne pourra tout effacer.

Mon coeur n'est plus à l'ombre de toi, depuis que je suis sur la route...

lundi 1 septembre 2014

J'espère que tu sais...

L'autre qui était là, si près, à portée d'un "je t'aime" lâché par hasard, effacée par la pluie, le vent, la neige et les jours qui se traînent en se lamentant au fond des rues, dans la noirceur des bars ou l'encre n'est plus qu'un âpre remède.
La peau sur les os, sous le froid, l'automne sera rude et les feuilles s'en iront drôlement vite. La vie perd de ses couleurs, en même temps que l'on perd des gens. Le cercle se rétrécit comme une pupille en plein jour, sous la fureur d'un éclair déchirant.
Le corps se raidit et se fatigue, il se fige l'instant d'une image, le temps d'une pensée. Il se relâche et hurle de tout son être, sous les eaux des cieux, comme les os des vieux, qui se brisent çà et là.
Les manteaux resteront froids et les mains se taisent au fond des poches. Cette année, elle n'auront pas de partenaire de jeu.
Les bras tremblent comme gronde l'orage soudain,  les épaules sont fades quand on se traîne dans de longues ballades en solitaires.

Pour accuser le coup, pour voir, juste pour voir, les soupirs et les pleurs, les larmes qui nous démasquent, les masques des tragiques, qu'on laisse tomber au bord d'une route. S'éteindre une clope, la cendre qui brûle nos cerveaux, qui s'enfonce au creux d'un coude...

Des pas dans le noir,  sur l'asphalte brillant de la nationale, fouler l'herbe couchée, croiser les lampadaires éteints comme nos vies, se voir dans un reflet et ne rien dire.
Tout se dire, ne rien jurer, tout admettre.

dimanche 31 août 2014

Un air de rien

Les yeux entre ciel et sol, tout va et s'en va, on oublie les adieux, les petits airs de rien. Les nuits sont longues, la fatigue est là, on s'échoue une fois encore dans les estuaires de notre mélancolie.

Se construire une vie sur des paquets de "si" que l'on met bout à bout, pour formuler d'interminables regrets. Tout souffler, se soustraire, tirer des traits sur un chapitre, arracher les pages de son propre livre.

Bougie au vent, se laisser tomber et attendre avant de ramper. Prendre le temps de. L’amphithéâtre est vide aujourd'hui, noyé dans la pâle lumière d'un ciel qui s'efface.  Porter l'espoir à bout de bras, lever les draps pour se voiler la face, constat amer d'un poison qui sévit sous les plaies.

Voyage au désert, des grands airs de solitude, la terre est sèche mais les yeux restent humides. Sur les autoroutes, loin des pensées, de leurs lourds regards, s'en aller comme une âme éparse bien au-dessus des toits.

mardi 26 août 2014

Je ne sais qui tu es.

Sueurs froides dans une nuit aux yeux ouverts, baisser les yeux au sol plutôt que de regarder son reflet dans le miroir, non merci. La chute libre est longue, c'est une course mortelle vers l'impalpable, vers ces cauchemars sans vie, dans un trou sans fond, entre chien et loup, le vent qui glisse entre les doigts, tout lâcher et ne plus espérer.

Je ne voulais pas de tout ça. Dans l'honneur et les larmes, je préfère la souffrance, le menton vers le ciel. Hématomes exhibitionnistes, le désespoir honnête n'éprouve ni peur ni honte du regard des autres. Je préfère silencieusement hisser le drapeau du deuil, plutôt que de soulever l’étendard de l'hypocrisie.

Le corps est tordu, les mains gelées vibrent et se joignent, hurlant dans la veine que cela s'arrête enfin, que la nuit tombe assez longtemps. Au détour d'une clope, attendre au pied des escaliers, les pensées plein la tête, les souvenirs profonds dans le coeur.
Et voir un ami pleurer.

Évoquer les temps, partager les détails les plus insignifiants, dans l'espoir de faire passer une émotion qui brûle, qui tire, tous les jours d'une putain de vie. Baisser les yeux sur soi-même, pour mieux reconnaître les torts. Ne pas s'en vouloir, se dire que souffrance rime avec conscience. Grandir, mûrir, tomber et tout recommencer. Se prendre une baffe. Toujours se relever, au gré des bars et des cafés, dans les complaintes et le cris, s’étouffer dans les alcools, quand l’éther nous ronge un peu plus.

Voilà bien la seule honte que je connaisse.

dimanche 24 août 2014

Vagabond

Sur la route, une fois de plus, après toutes ces années vouées à la voie de l'errance. Mes semelles sont usées, les jambes sont lourdes. Sur les sentiers de la misère, j'ai marché depuis l'aurore. Peu importe le nombre de fois où je me suis retrouvé - ou perdu, c'est selon - le long de ces voies, chaque aventure a été forte, chacun de ces terribles instants ont été durs.

Au boulevard de la solitude, mon coeur s'est fâné à force de trop chercher. Les paupières se baissent comme pour plonger le corps dans la noirceur, mais toute cette pression dans les veines persiste. Au crépuscule d'une aventure, on se surprend à rire et pleurer, une fois l'un, une fois l'autre, parfois les deux en même temps.

Les chemins que j'ai emprunté m'ont conduit au bien comme au mal, ils m'ont enseigné, montré, contraint, terrifié et condamné, tel un poison s'écoulant à tout jamais le long des rivières, répandant le néant jusqu'au profond des océans.

Mon sourire s'est effacé dans la foule insignifiante, au gré des blessures, dans les nuits et les jours, dans les soleils que j'ai tant espéré, dans les amours que je n'ai plus attendu...

mardi 19 août 2014

Rouge Sang.

Tout faire exploser, puis s'en aller...

Ce rêve, je l'ai fait tant de fois. Jamais avec les mêmes motivations, jamais avec la même passion pour cette science de la destruction. Mais je l'ai tant souhaité.
Au gré des hématomes, par-delà les coupures, dans la chair et dans le sang, dans mon âme noire et mes nuits trop blanches, il y a trop d'idées qui bouillonnent.

Ne pas oser. Préméditer. Se sentir lâche. Ne pas s'endormir. Y repenser. Encore et encore, le poing déchiré contre les murs, les jointures et la chair à vif, rouge colère, rouge sang, rouge désespoir.
La couleur de l'émotion que l'on avoue pas. Être trop fier pour. Vouloir le cacher aux autres. Prétendre, une fois de plus, que ce n'est rien. Évoquer des excuses minables...

Saigner pour vider, pour se vider. Laisse couler, faire sortir. Évacuer comme on peut, dans la violence, dans les pertes de contrôle. Ne pas savoir quoi faire, mais le faire le plus fort possible. Processus de dégradation brutale.

dimanche 17 août 2014

Nomads

Malédictions nocturnes, sur le pas de la porte, quelques larmes partaient. L'instant du départ était imprégné d'un certain mysticisme. Que dire, quoi faire, je me rendais compte que mon corps tremblant ne se souvenait plus de comment se mouvoir davantage. Et vint alors ce qui devait arriver. La clé épousait une dernière fois la serrure, sous la lumière des néons de cette cage d'escalier, témoin de la fin du début d'une tragédie...

Je sentais à ce moment-là ces longs couteaux qui ressortaient de mon dos, me laissant des douleurs lancinantes. Dans la nuit sans étoile, j'essuyais mes yeux humides et brûlants, en montant dans la voiture pour ce qui sera un dernier trajet.
J'étais tétanisé. Les mots ne sortaient pas de ma bouche, tant mes dents étaient serrées. Ma gorge crispée contenait en mon être cet abîme lacrymal et ce qu'il me restait de dignité. Mon regard se perdait dans le reflet des rétroviseurs, tandis que nous nous lancions à toute allure dans la nuit, dans le noir, près de ma fin.
La vitre baissée laissait passer un souffle glacial. Dans l'habitacle, la radio crachait des sons que mon cerveau ne captait même plus. Une fois de plus, je me retrouvais sur la route, avec d'autres peines et d'autres pensées. Le bleu de la nuit ensorcelait mes réflexions les plus folles, engouffrées dans une torpeur  momentanée.

Je me voyais mort. Tellement mort, que je finissais par l'espérer de tout mon être. Je pouvais déjà sentir ma chair se faire extraire d'une carcasse encore fumante d'une voiture qui aurait malheureusement fait fausse route dans le noir. Je sentais rugir le moteurs des camions de pompiers, les gyrophares qui venaient zébrer de leur couleurs les façades du quartier et cette chaleur si douce. Un dernier fragment de vie, au moment d'émettre l'ultime râle qui soulage des agonies sans nom que portent les chemins de nos destinées.



Sur les routes

Dans cette interminable houle, sache que j'en garderai des cicatrices au coeur. Des clopes dans la nuit, un soupir, ne plus penser à rien et se coucher pour ne pas s'endormir.
Tu as déjà attendu un avion des heures durant dans un aéroport ? Je l'ai fait toute ma vie. J'ai tant attendu, tant espéré. J'ai attendu qu'arrive la fin, que le jour ne se lève plus jamais.

A pleine vitesse sur les autoroutes d'un mal-être humiliant, je priais pour un carnage mortel. A toute allure, mes pensées défilent, laissant à mes yeux délavés un regard amer.
Laisse-moi m'échapper d'ici.

Tu y crois toi, qu'un jour, on se retrouvera dans les nuages, dans ces étendues d'un bleu vide, qu'on sera enfin en paix ?
Je nous vois encore. Il y a toi, il y a moi, marchant dans les silences de la tristesse. Le long de l'eau, se laisser aller. Être trop triste pour ouvrir sa gueule. Être trop ému pour s'en aller...

dimanche 13 juillet 2014

Fin de nuit.

Supporter le poids du corps, avancer, reculer, je l'ai fait tant de fois déjà. La fatigue imprimée dans les chairs, les carences dans le sang, tout ça ne présage rien qui vaille. Entrevoir la fin des jours, les lunes infinies, se coucher une dernière fois, la tête pesante.
Le calme plat des eaux se mêle au crépuscule de notre temps. Une larme, une phrase, un bout de papier plein d'émotions, tout ça foutu en l'air. La magie des rencontres, le souffle divin des anges, au bout de la rue, loin dans les soirées des débauches, de débauchée en débauchée, croiser le regard des catins, de la charogne qui guette.
Les bas effilés, les alcools qui nous parlent, l'éther dans nos systèmes, des galaxies de rien. Des artifices, sur les bouches des putes, le rouge qui palpite. La pupille dilatée, le coeur à vif, l'ivresse est de mise, au fond des rues froides on se chauffe, toi et moi sous les lueurs, les tombeaux se rapprochent, tant que le venin rampe.
La lumière chaude des lampadaires, l'orangé brûlant le bitume, au détour des clopes on consume nos amours à tour de rein, à tour de rien. De corps en corps, bien au-delà des folies de passage, la détresse d'une victime des poudres, de la C, du K qu'on s'envoie au hasard.
Le silence des brumes terrifie nos réveils, le matin, quand tout s'est effacé. Les esquisses colorées sous la peau se portent avec pudeur, la couleur délicate et fade ne finit pas de changer.

A Poem For D.

Prendre part à la fin des temps, à la fin d'un nous
Parfois la vie nous joue de mauvais tours
Nous laisse sans espoir au point de non retour
Comme si la mort avait une faim de loup

Tes yeux, tes beaux qui implorent le pardon
Impuissants et beaux, aux portes de mes orbites
La gorge terrible qui se sert, le cœur noir qui palpite
Ce jugement est nôtre, telle est notre sanction

Sûr que le Boucher viendra pour nous
Que les hommes prennent pitié de voir en moi le courroux
Ainsi en ce jour de pluie m'abandonne mon pouls
A l'heure de rendre l'âme, splendides, accrochez-vous

Le funeste râle de ma longue agonie
Ô si douce et précieuse pensée vengeresse
Épousera ton être comme une mortelle caresse
Et viendra malicieuse, cauchemarder vos nuits.

mardi 10 juin 2014

I will never bother you.

 Je te sens, je t'ai là, profondément ancré sous mes cicatrices. Tu me dégueules, tu me souffres, je tremble un peu aussi. Occasion occulte d'une ultime évasion, paradis aux cachets, cachot au chaos, je t'en prie, libère-moi donc.

Tu es là, je suis où ? Tu t'en vas, je suis saoul, mais qu'attends-tu de moi ? Les lames parlent plus que les larmes et mes drames, éméché, la mèche est allumée, loin dans les soirées, même plus le temps de rêver.

Sang séché sur les plaies, je vis sans sécher mes larmes car elles roulent trop vite le long des joues, comme les bolides sur l'autoroute. Les temps qui passent, les jours de pluie, sous les tentures des cafés, les teintures à mon cœur n'ont plus le goût de rien.

Hématomes jaunis, le bitume à foison, sur le chemin du retour, la tête baissée le paysage défile net. Ce soir je donne l'alarme, je défie la lame, le long du rasoir j'effile mon âme. Les peines ne durent pas quand les nouveaux jours de nuit arrivent.

Univers personnel, l'artificiel dépend de la posologie.