jeudi 28 février 2013
Je croyais...
Moi je croyais que c'était bon, qu'il fallait juste laisser passer le temps. Je pensais que tout irait mieux. Maintenant je ne sais plus rien du tout. Mais tu vois, quand je suis comme ça, que je me sens loin de la vie, je me cache. Je cours, je cours pour pas qu'on ne m'attrape en larmes. Je me cache. Je me cache derrière les mots, derrière mes feuilles de papier. Je fuis. Je m'enfuis sous le masque du catcheur, dans la bulle du boxeur. J'en sais rien moi, j'esquive. Je crois que les meilleurs souvenirs, les moments de bonheur, sont plus forts que la merde qui me passe par la tête.
On avait dit ok, on se voit. T'inquiète pas, on en reparlera. Ca fait du bien, tu sais, se balader le long des rails de train. Un petit leitmotiv agréable.
Évacuer la pression, exploser un coup, peut-être plus.
Conneries.
Moi j'suis là et je crois en rien, alors je cours encore, je fuis toujours. Je me cache, tu me hantes.
On s'était dit t'inquiète, le monde est à nous, au final je m'inquiète, notre monde est à bout. Dis-moi que c'est ma faute, qu'on était de bons potes. Dis-moi adieu et garde tout. J'avancerai seul hein, t'inquiète, comme on dit. Deux ou trois rues plus loin je serai là, à jouer de la guitare. Je serai là à attendre que tu me dises tant pis, on oublie et jamais on se lâchera.
Ca fait quinze paquets de clope que je t'attends mais je ne te trouve toujours pas, mais moi j'croyais...
jeudi 31 janvier 2013
Parle...
Y'a plus rien qui nous retient, alors... je sais pas, moi, parle-lui. Fais-lui comprendre. T'as peur de quoi, dis ?
Tu sais quoi ? Je préfère ne même pas regarder ça. Je vais descendre et me laisser porter. Fumer une clope, me boire une bière, tu vois, vivre un peu.
T'es plus comme ça, t'es plus comme moi, t'es quoi d'autre ? Un ami, un frère ? A toi de voir, mais ce soir je te laisse te débrouiller.
Les choses changent tout le temps, il faut s'adapter. C'est tard, mec, fais-la pas attendre plus. Avance un peu, dis-lui des trucs gentils, je sais pas,
parle avec ton coeur.
mardi 13 novembre 2012
Il n'aime qu'à en mourir.
Les poumons gorgés d'eau après le naufrage de leur navire, ils se regardent, se jettent la faute, à la manière d'un vieux sparring partner qui encaisse les coups. Il se sent vide et pourtant lourd, le poids des conséquences s'agrippe à ses maigres épaules.
Femme, qu'as-tu fait de cet homme en lambeaux ? Il n'est pourtant ni louve, ni guerrière qui ne succomberait à la terrible tristesse au fond de ses yeux éteints.
Il plane dans la nuit, les yeux rouge, il se perd et se maudit de bar en bar. Du temps que le soleil est couché, il continue la traversée des tourments.
Elle se noie dans ses draps, les yeux humides, le damne à jamais mais ne cesse de l'aimer. Nuit et jour, c'est lui qu'elle repousse, c'est lui qu'elle aime.
Le temps éteindra peut-être la colère, mais le pardon a une saveur bien étrange.
Délicat poison, de l'amertume profond dans les veines, l'un d'eux goûtera le premier.
Le parfum et la jouissance des retrouvailles fait battre leur coeur cicatrisé, entre deux courrier, une photo de toi.
Et des brûlures de cigarette.
vendredi 5 octobre 2012
La perte
Jane avait les yeux fatigués. Le soleil se reflétait sur l'impeccable carrosserie de la Cadillac de Rob. Elle regrettait déjà les lunettes de soleil qu'elle avait offert à ce pauvre gosse du désert, alors très loin de là. Elle s'alluma une cigarette comme pour se changer les idées, et le chamane remarqua qu'elle ne respirait pas entre les bouffées. Très vite, Jane eut la tête qui vacillait et se sentit emportée. Rob, qui roulait à vive allure en balayant le sable sur le bord de l'interminable route de bitume, prit une cigarette et imita la jeune femme. Il retira ses lunettes de sorte à ne plus voir ce qu'il se passait et se laissa guider sur le chemin, cheveux aux vent.
Ces deux humains en mal, perdus dans le décor orangé de l'Arizona, n'étaient toutefois pas voués à mourir. Peut-être que la souffrance allait leur apporter quelque chose, comme un message ou un véritable sens à leurs actes.
Alors la Cadillac s’enfonça encore plus loin, et bientôt nos deux amis se perdirent loin de tout, loin de la vie.
mercredi 26 septembre 2012
Adieux
Allez, Rob... on s'en va !
Tu sais, j'en ai marre de tout ça, de ces gens, des rencontres foireuses que j'ai faites. J'en peux plus de ces idioties, de ces familles qui se construisent de fausses identités pour paraître plus heureuses, de ces maisons parfaites, avec un gazon impeccable et le joli chien qui est assis.
Sauve-moi Rob, je t'en prie. Ecoute-moi, s'il te plaît. Je veux partir. Je suis à bout de force, je ne peux plus jouer ma vie à pile ou face, le long de cette interminable route. Je suis lassée d'entendre ma propre respiration, de sentir battre mon cœur, Rob, j'veux qu'on me foute la paix !
Je les ai vus se déchirer puis se maudire, mais je suis tellement fatiguée de supporter toute cette haine.
Excuse-moi de m'emporter, je sais à peine qui je suis, laisse-moi le temps. Je voulais te dire... j'ai brûlé ta voiture Rob, je l'ai brûlée. C'était pour pas que tu partes, parce que moi je n'ai plus que toi ici, alors il faut que tu restes. Allez viens, viens avec moi, je t'en prie, ce soir... on s'en va.
Tu peux me donner la main si tu en as envie, mais ça ne changera pas ma décision. C'est décidé, ce soir, je m'en vais. Je veux partir, dans ce désert de sable et de mort, ces étendues gouvernées par le poison.
Rob, faut qu'on parte, le soleil est bas, je dois y aller maintenant.
mardi 18 septembre 2012
Ce Chemin
Je ne sais pas ce qu'il s'est vraiment passé à ce moment là de notre vie. Partout où je regardais, je voyais tes yeux, et puis j'en suis devenu aveugle. Loin des sentiers, loin des gens, je ressens ce terrible sentiment. Celui qui nous perfore au moment de la chute, lorsque l'on vacille du haut de la falaise, ce frisson plein de larmes et d'adrénaline qui fait rage quand on n'a plus l'espoir.
Je me souviens juste de ces chansons à la con, de ces feux allumés pour un rien, de tes rires, et surtout de notre silence. Tu le sais autant que moi, nous aurions pu y rester, nous aurions pu y croire. Je me souviens de mon souffle contre le carrelage froid, nos fortes respirations, le nombre d'étoiles au travers de tes fenêtres et surtout l'âpre parfum de la solitude à l'horizon, droit devant.
Nos étendues de rien, le sable sur des kilomètres, ce sable gris et doux, mêlé de cendres et de terre. Il y a là l'aventure périlleuse et inutile d'une vie qui se bat à corps perdu.
C'est une lutte qu'on doit mener, au moment le plus calme, une guerre portée à nos propres démons. Etre seul et éloigné, avancer tout droit, jusqu'aux limites, et puis continuer encore et encore, dessiner les lignes de notre prochain horizon, ce sacrifier à d'autres naufrages. Mais par pitié ! avancer encore et toujours.
mardi 11 septembre 2012
So, this is goodbye.
L'attente est longue devant la gare, l'attente est longue. Dix huit trains sont passés, mais ou est passé mon amour ? Rappelle moi pourquoi je suis venu, pourquoi j'ai cru à ces films à la con, ceux que je me suis imaginés. Toi d'un coté pour mieux me voir de l'autre, les petits mouchoirs qui flottent et tournoient dans l'air du temps, entre deux wagons lancés sur leur rails...
Ce n'est pas une question de sentiments, mais de compréhension. C'est à se demander où je suis. Parce que je n'y comprends rien, parce que ça fait peut-être des heures que j'attends le fantôme d'une relation morte et enterrée, des heures que j'attends en vain.
mardi 28 août 2012
Les Serpents
Y'a toi, y'a moi, et tant de concepts entre nos âmes. Tu sais, j'en ai plus rien à foutre de tes beaux yeux quand ils sont brûlés par les remords. Tu pourras pleurer tout le sel de ton corps, ça ne changera rien.
Dans la fosse, on cherche à faire le vide avant la bataille. Le beau parleur n'est jamais une fine-lame. Et dans les cris, dans l'hystérie collective, commence le combat.
Deux serpents se dressent; le premier est épais et robuste, agressif. Le second, lui, est fragile et mortel. Il se fait si fin et petit que ses crochets se glissent malicieusement dans les fissures des murs, dans les moindres interstices, dans la moindre veine.
Alors les deux combattants, remuant la queue, fouettent le sable et battent la poussière au rythme des morsures.
Je ne sais pas lequel de nous deux a le plus de venin, mais les jeux funestes auxquels nous jouons nous conduisent vers le tombeau.
vendredi 13 juillet 2012
Et Puis...
On peut partir à cause de n'importe quoi, de n'importe qui, à n'importe quel moment. Mais ce qui est fou c'est qu'on passe notre vie à se le répéter alors que dans notre existence entière on ne prend qu'à peine conscience de tout cela. Je ne dis pas que je suis lucide, non, je fais bien partie des fous et des bizarreries de la nature.
On croit tout voir, tout savoir et puis plus rien. Drôle de vie, on naît on est puis on n'est plus.
Drôle d'histoire d'amour que nous vivons là...
lundi 18 juin 2012
Une Histoire...
Ce n'est qu'une histoire de sentiments, la manière dont les hommes font battre leur cœur.
Ce n'est qu'une histoire de compréhension, avancer et regarder sans porter de jugement.
Ce n'est qu'une histoire de sagesse, les moyen qu'on se donne pour garder les nôtres près de nous pour toujours.
Ce n'est qu'une histoire de coeur, trouver en soi ce qui nous anime, ce qui nous tient les pieds sur Terre mais nous fait aussi décoller.
Mais c'est aussi une histoire de haine, quand pour la fille qu'on aime on se déchire par pure jalousie.
C'est parfois même une histoire de mort, quand ça va trop loin ou trop vite, qu'on abandonne sans essayer.
Tout ça c'est la vie, et des instants qui font qu'on se remet en question, qui nous font apprécier la manière dont vont les choses...
mardi 12 juin 2012
Le Grand Bluff
Les anciens amis passent devant, les yeux baissés comme pour dire que c'est mort, qu'il est trop tard, et sous la pluie battante, on reste là, âmes vaincues sous l'orage de nos vies. Jouer la vie comme quelques cartes au poker, bluffer l'assemblée et s'en aller. Laisse-moi fixer tout ça. La souffrance physique n'arrange rien, le combat continue de toute manière, quoi qu'il arrive. La volonté prend la relève lorsque l'on ne tient plus, et le soir venu, le corps se relâche, les muscles stigmatisés brûlent et la nuit dure éternellement. C'est ça, la beauté de ce combat, c'est pouvoir passer la nuit à regarder les étoiles, quand autour, tout le monde dort, tout le monde abandonne.
On reste seul, dans le noir, sous le poids des sacrifices, on veille une nuit entière pour se dire que demain tout recommence...
jeudi 7 juin 2012
Petite P*te.
Collants en lambeaux, l'ourlet de sa jupe se découd rapidement. Pauvre catin, du yaourt au bord des lèvres et des allures de salope, c'est ça la mode en bas des rues, loin derrière le soleil. On se donne un style. On s'affirme sans trop savoir. Espèce de pute. Un coup de pied au cul et le reste tu sais où. Pas la peine d'être fin. C'est plus la peine.
Cinq heures du mat' à l'Usine, ta tête éclatée de mannequin flétri me dégoûte. Mais regarde-moi, regarde-toi. Pauvre fille, ne cherche pas. Tu ne me croiseras plus jamais, mais je t'offre un souvenir: de l'amertume à ne plus savoir quoi en foutre. Un certain goût de fer. Le poison nu de la passion avortée.
Tu y crois, toi ? C'est une autre que toi que je choisis. Je nage dans les paradis artificiels, j'y trouve des tas de fleurs du mal, des petite allumeuses à deux balles qui s'en vont quand le soleil arrive. Ta vie est superficielle, ce n'est qu'un accessoire. Crie petite pute. Personne ne veut de toi, alors tu t'accroches à la nuit, espérant tomber sur celui. Ferme ta gueule, ça vaut mieux. Tu n'as pas ton mot à dire, j'en ai des centaines.
SIncèrement.
Tu as tellement vieilli, en un jour, perdu le sourire de la jeunesse. Tu as embrasé ton espoir qui s'est consumé comme un linceul flottant dans les airs. Dis-moi, est-ce que tout cela n'est qu'un passage de ta vie ? Ta peau est terne, je me perds en cherchant tes émotions. La fougue de tes yeux est partie, de la même manière qu'une bougie dont la flamme meurt dans le vent. Loin de tout, profondément ancré dans ta bulle, ton visage n'a aucune réaction, tes yeux rivés aux sol continuent inlassablement de gratter du regard ces feuilles manuscrites, sans jamais s'arrêter.
Je ne sais pas comment tu vis maintenant, tout est si différent, il paraît que tu en avais besoin. Moi, je n'en sais rien, je n'ai pas été là, je me contentais d'avancer. C'est vrai que tu as voulu disparaître ? Ou voulais-tu t'en aller ?
Je me suis posé tant de questions...
mardi 29 mai 2012
Ton Père
Petite, aime ton père comme il aime son pays, car cet amour est infini. Ne lui en veux pas de ne pas être ici, car s'il est absent ce jour, c'était pour remplir son devoir, comme doivent le faire certains pères. Le tiens est un héros, et peu importe ce que lui a dit ta mère, peu importe ce qu'il a enduré, il a bravé les peurs les plus terribles, il a vu ses amis tomber, mais il n'a jamais abandonné. Ne lui en veux pas d'avoir aimé autant qu'un Homme peut aimer, il s'est battu pour le bien de tous. Petite, des papas comme le tiens, il n'y en a pas des milliers, alors garde-le dans ton cœur et sois-en fière.
Je sais bien que tu vas pleurer en me disant qu'il aura aimé son pays avant d'aimer sa famille, et tu auras peut-être raison, mais n'oublie pas combien il a honoré ses valeurs et comme il serait fier que tu le respecte pour ça. Alors la prochaine fois que tu iras le voir dans cet immense jardin de croix blanches, à ton tour de braver ces peurs, et malgré les larmes et ce que tu penseras, dépose-lui une fleur et honore-le devant ses compagnons d'armes, car il l'a amplement mérité.
jeudi 10 mai 2012
S'en aller
Ce n'était absolument pas dans son intérêt de tout abandonner, de capituler en silence. Elle a tout laissé derrière comme ça, sans jamais rien dire, elle s'en est allée très loin sur la route, seule, à se défoncer son petit cœur noueux et fané à grands coups d'hallucinogènes. Elle devait respirer, juste un peu, rien qu'un peu, un peu plus que pas du tout.
Egarée sur ces étendues brûlantes et torturées, elle faisait le vide, laissait son âme s'échapper. C'est à cela qu'elle a toujours aspiré, le grand moment de tempête tout au fond de son être, une collision d'une rare violence, quelque chose qui l'arracherait à ce monde...
lundi 7 mai 2012
Entre tes Murs
Je me retrouve toujours par là, à regarder ton ombre chaque soir, ton ombre qui s'en va loin de moi. Un monde entier qui se déchire pour un rien, une feuille de papier. Alors tout seul sur la route, je m'imagine encore et encore les traits de ton visage, je dessine à l'imparfait ces lignes infinies. Les aiguilles se déplacent, sans trouver le Nord, elles avancent jusque dans la nuit. Le tic tac incessant de cette montre me rassure et me rend fou. Assis sur la banquette arrière du bus, je m'enfonce et glisse doucement le long du siège, tandis que mes yeux se ferment. Je trace mon chemin de vision en vision, courant vers des objectifs lointains,
Tu ne m'as jamais dit que notre histoire n'était qu'une interminable poursuite, qu'au bout il n'y a que le vide, le vide dans nos corps, le vide dans nos âmes en détresse.
vendredi 27 avril 2012
Les Ruines d'une Vie
On sa vu voir passer le temps, mais pas venir la haine. Le rouge de la terre a déjà brûlé mon cœur tendre, l'émotion d'autrefois s'en est allée. Spectacle tragique, les masques déchus se contemplent... Histoire mystique, le chamane fait des gestes amples.
Cri de guerre, route de la soif, l'eau est la vie, quand il n'y en a plus on se dit ciao. Étrange, étrange ! Racontez-moi, quel-est ce drôle d'évènement, qui vous conduit à cet incident ? Accident, incident ou bien incendie, ils mettent le feu aux poudres.
"Et maintenant ? Que fait-on ?
Vers quel horizon allons-nous ?
Ils ont mit le feu à l'océan."
jeudi 26 avril 2012
Une Putain
Ta robe dansante dans le vent, à travers la tempête, avec tes putains de manières. Tes manières de putain. Tu virevolte comme une danseuse sous la pluie, je te jure que je ne te reviendrai jamais.
Moi je reste déchiré, l'âme en lambeaux de toi, les joues pleines de larmes volées, mes poumons recrachant ton âpre parfum. Dans le tourbillon glacial d'une saison qui ne rime à rien, on est là, sur le chemin. C'est une drôle de scène, ou plutôt une tragédie à la Grecque. Lorsque approche le froid, on se contente de peu, on ne bouge plus, l'esprit est au jeûne. Mais tu es là, à me griffer le dos, à m'arracher la peau du rouge de tes ongles, du coin des lèvres, de ta salive qui remonte le bord de tes dents. Grande, carnassière et sordide, tu de déploies dans l'obscurité du paysage, poursuivie du regard de la lune. Tu me traques. Tu me cherches, terriblement maigre et ténébreuse, tu me cherches, pauvre squelette fracassé. Et ta putain de robe s'anime dans le vent, toujours et encore...
mercredi 25 avril 2012
Soir de pluie.
Le ciel gris et déchiré forme une sorte de bouche démentielle au-dessus de moi. Je marche et longe ces interminables allées de béton. L'air est fort et froid, je tremble. Le vent me passe au travers des os, au travers de l'âme. Les feuilles des arbres sont d'un vert sombre déprimant. Les dents des nuages semblent vouloir tout dévorer, à commencer par le bleu de mon monde. La nature ravale tout. Ces vieilles allées sont recouvertes de verdure mourante et rampante, comme pour trouver un dernier but, un espoir lointain et révolu.
Le sol est gorgé d'eau, les mois de pluie incessante on inondé ce qu'il restait de la ville. Depuis des semaines, je n'ai pas croisé un seul animal. Le cuir de ma veste est abîmé, l'eau termine son travail. Le bois est gonflé, il pourrit lentement. Les bourrasques tordent la cime des arbres, leurs feuilles s'arrachent dans un terrible combat. La rue est déserte, délabrée. Les immeubles me rappellent des vêtement en lambeaux. Éventrés, les poutres métalliques sont les côtes d'un cadavre qu'on aurait laissé en plein désert, là où rôdent les vautours et le monde charognard.
Tout est morne, rien ne bouge. Le ciel est rouge sang en pleine nuit, le jour, il se tourmente et gronde, tandis qu'il prend un teint gris et fade.
Qu'avons-nous fait ?
"Venom runs deep"
Ce soir, l'immense ciel rouge. Le sable, cet infatigable tourmenteur, n'est plus qu'un cadavre fragile et froid. Un serpent se cache dans la foule. Les éclairs imposent le respect de Mère Nature.
Les yeux humides, elle pense à lui. Elle pense à sa prison, ceux qu'elle a fuit. Tard le soir, elle fume un joint, assise sur la dune, à attendre le soleil en implorant les astres. Quand la toute première lueur du matin lui caresse la peau, elle ne sent rien venir. Le poison a déjà coulé. Jane s'était endormie avant le lever du jour. Quand la terrible chaleur du zénith la réveille enfin, elle découvre à ses pieds, les traces d'un serpent dessinées dans le sable...
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