C'est entre temps, entre nous que le courant passe, entre toi, entre moi que tout passe et tout casse. Hématomes sur la peau, du bleu et puis du rouge, je suis un artiste, j'aime te repeindre de mes couleurs, quand tes plaies gonflent et prennent cette teinte violacée... Je t'aime je te souffre tu me baises je t'humilie.
Défoncé à tes vapeurs je te traque du regard chaque fois que tu quittes l'endroit. Je te tiens, tu me retiens, je te serre tu me gifles, la cadence est donnée reste à voir qui aura le plus de souffle.
jeudi 22 septembre 2011
mercredi 21 septembre 2011
Le Chamane
Par-delà les océans, loin au-dessus du brouillard et des ombres d'inconnus, elle survole, elle parcourt le temps et les espaces à la manière d'un bouffon itinérant.
Sans même se rendre compte, elle suffoque, elle se fige. Désert froid, banquise brûlante, peu lui importe, tant que c'est sur sa route, c'est le bon choix.
L'aigle qui la suivait du regard s'est désorienté, la prédateur devient proie, la pupille se dilate lentement, mais sereinement.
Le bal est ouvert, à la pluie tombante, quelques gouttes, des hurlements profonds au abords de l'autoroute. Qui pouvait bien s'en rendre compte ? Sa robe déchirée avait tant vécu, tant à vivre. Sa jeune propriétaire voulait vivre vite, alors sans plus attendre, elle s'embarqua dans l'une de ses cadillacs qui s'arrêtent sur la chaussée pour emmener avec elle les jeunes femmes vers des rêves lointains.
Sans se douter de rien, sans l'ombre d'un frisson, elle mourait à l'intérieur. Une fleur pousse dans le sable, la roche contient ses légendes. Le cuir du siège arrière lui laissait le dessous des cuisses rouge. A ce moment précis, elle avait l'impression de se faire littéralement dévorer.
Dans le proche canyon rougeoyant, l'amour s'en allait avec le soleil, tandis que le chamane parlait aux vautours là-bas, au loin. Il était aveugle depuis si longtemps maintenant. Jeune corps en danger cherche rêve d'occasion. Illusion et malice, l'être paraît blafard, les passions s'enhardissent, le sexe est violent.
Elle hurle.
Un jeune homme aux lunettes teintées de violet, le haut du corps complètement nu sous l'orage, gravait à même sa peau des symboles anciens. Le sang sur son torse se mêlait à l'eau divine et le tout fut reçu par les mille bouches de la terre mourante.
Elle avait mal à la tête, les muscles flasques, la vision trouble, mais avait encore du mal à ne plus y croire. Ses dessous avaient disparus dans la nuit de l'Arizona, avec son argent et sa mémoire...
Sans même se rendre compte, elle suffoque, elle se fige. Désert froid, banquise brûlante, peu lui importe, tant que c'est sur sa route, c'est le bon choix.
L'aigle qui la suivait du regard s'est désorienté, la prédateur devient proie, la pupille se dilate lentement, mais sereinement.
Le bal est ouvert, à la pluie tombante, quelques gouttes, des hurlements profonds au abords de l'autoroute. Qui pouvait bien s'en rendre compte ? Sa robe déchirée avait tant vécu, tant à vivre. Sa jeune propriétaire voulait vivre vite, alors sans plus attendre, elle s'embarqua dans l'une de ses cadillacs qui s'arrêtent sur la chaussée pour emmener avec elle les jeunes femmes vers des rêves lointains.
Sans se douter de rien, sans l'ombre d'un frisson, elle mourait à l'intérieur. Une fleur pousse dans le sable, la roche contient ses légendes. Le cuir du siège arrière lui laissait le dessous des cuisses rouge. A ce moment précis, elle avait l'impression de se faire littéralement dévorer.
Dans le proche canyon rougeoyant, l'amour s'en allait avec le soleil, tandis que le chamane parlait aux vautours là-bas, au loin. Il était aveugle depuis si longtemps maintenant. Jeune corps en danger cherche rêve d'occasion. Illusion et malice, l'être paraît blafard, les passions s'enhardissent, le sexe est violent.
Elle hurle.
Un jeune homme aux lunettes teintées de violet, le haut du corps complètement nu sous l'orage, gravait à même sa peau des symboles anciens. Le sang sur son torse se mêlait à l'eau divine et le tout fut reçu par les mille bouches de la terre mourante.
Elle avait mal à la tête, les muscles flasques, la vision trouble, mais avait encore du mal à ne plus y croire. Ses dessous avaient disparus dans la nuit de l'Arizona, avec son argent et sa mémoire...
mardi 30 août 2011
Avec des si...
Si je devais choisir entre l'honneur et richesse, je prendrais l'honneur, car même s'il ne fait pas de toi un homme plus heureux, l'honneur te fait traverser les siècles.
Si je devais choisir entre la rage et brutalité, je choisirais la rage, car même si tu n'es pas fort, elle te donne la volonté d'aller jusqu'au bout.
Si je devais choisir entre amitié et amour, je prendrais l'amour, car même s'il peut t'écorcher, il est solide et durable, là où l'amitié peut se briser au moindre choc.
Si je devais choisir entre un crayon et plume, je prendrai le crayon, car rien n'est définitif.
Je devais choisir entre toi et moi, ça ne fait pas de doute, je te choisirais.
Si je devais choisir entre la rage et brutalité, je choisirais la rage, car même si tu n'es pas fort, elle te donne la volonté d'aller jusqu'au bout.
Si je devais choisir entre amitié et amour, je prendrais l'amour, car même s'il peut t'écorcher, il est solide et durable, là où l'amitié peut se briser au moindre choc.
Si je devais choisir entre un crayon et plume, je prendrai le crayon, car rien n'est définitif.
Je devais choisir entre toi et moi, ça ne fait pas de doute, je te choisirais.
mardi 16 août 2011
Darling
In the darkest days, I feel you deeply over me, watching me.
The lights fade away, the rain is still chanting. The fresh air of the night is giving me shivers.
And then, I know there's something more than this, there something greater than all of this. My very own way to the stars, my only connexion left.
My darling.
The lights fade away, the rain is still chanting. The fresh air of the night is giving me shivers.
And then, I know there's something more than this, there something greater than all of this. My very own way to the stars, my only connexion left.
My darling.
vendredi 12 août 2011
De l'Abrasif sur nos Contours III
L'alcool ronge, les tissus se flétrissent, les rides sous les yeux se sont creusées et creusées encore. Les larges entailles aux bras restent çà et là comme pour remémorer à vie une douleur évanouie. Nos plus belles cicatrices sont nos meilleures archives et là où un livre ne saurait trouver les mots, les plaies anciennes ont beaucoup à dire, témoignent le chaos et l'absurde violence qui se sont emparés de nous.
Quand soudain la peine remonte sous la plaie, les lames effleurent à nouveau la peau. Tout se joue si subtilement, tout bascule, c'est si vicieux, à ni rien comprendre.
Et juste là, les yeux ouverts, sans même ressentir aucune douleur, ton corps t’abandonne, un mauvais trip aux mille délices t'as joué un tour de plus.
Et tu garde en toi la certitude que tout cela va se répéter, inlassablement...
Quand soudain la peine remonte sous la plaie, les lames effleurent à nouveau la peau. Tout se joue si subtilement, tout bascule, c'est si vicieux, à ni rien comprendre.
Et juste là, les yeux ouverts, sans même ressentir aucune douleur, ton corps t’abandonne, un mauvais trip aux mille délices t'as joué un tour de plus.
Et tu garde en toi la certitude que tout cela va se répéter, inlassablement...
lundi 8 août 2011
Insane Child.
The whole world is burning, but, my darling, we're still together. Maybe you don't give a toss about all of this, when I smile, when I cry, you keep playing with the devil. Passers-by were watching you as you walked there with the bruises on your arms, innocent as little girl, but hey, you have so much dirty thoughts.
The ashes in our lungs make breathing difficult and we don't really care, because tonight we'll stop playing.
You're not a child any more, I'm not a sweet prince any more. We're just two souls high on life, living for destruction. I know I'm insane, I'll be even worse next time we meet.
You threw me to the ground, I don't even bleed. I don't even think. I'm frozen, my heart beats from time to time.
We won't end this story right now.
There is something left to do.
The ashes in our lungs make breathing difficult and we don't really care, because tonight we'll stop playing.
You're not a child any more, I'm not a sweet prince any more. We're just two souls high on life, living for destruction. I know I'm insane, I'll be even worse next time we meet.
You threw me to the ground, I don't even bleed. I don't even think. I'm frozen, my heart beats from time to time.
We won't end this story right now.
There is something left to do.
vendredi 1 juillet 2011
Départ I
C'est pas tes joues creusées et ton sourire d'arraché qui feront que ton visage a changé...
vendredi 24 juin 2011
D'un côté, de l'autre.
La vie reprend ici et là, à cent à l'heure, entre deux comprimés de Xanax. Entre deux boîtes, entre toi et moi. Et tout ça me fait penser que demain j'en serai fatigué, fatiguer de flirter avec la limite. Ça brûle et ça tire, dans les yeux et sous la peau, tu sais ma belle, des fois j'y pense encore.
J'y pense comme ça fort, les yeux dans le vague, les dents serrées. Les jointures de mes mains se cicatrisent pendant qu'en douce je déconnecte mon esprit, ma pensée, que je regarde juste au-dessus de moi pour constater qu'il n'y a personne.
Baise-moi, claque-moi, qu'attends-tu ? Quel du ciel viennent les bombes ?
J'y pense comme ça fort, les yeux dans le vague, les dents serrées. Les jointures de mes mains se cicatrisent pendant qu'en douce je déconnecte mon esprit, ma pensée, que je regarde juste au-dessus de moi pour constater qu'il n'y a personne.
Baise-moi, claque-moi, qu'attends-tu ? Quel du ciel viennent les bombes ?
jeudi 9 juin 2011
Incendie
Lettre incendiaire, on met le feu aux poudres en attendant la foudre.
Des lettres et des mots, des idées qui s'embrasent, qui embrassent les flammes et se répandent.
Des futilités qui se calcinent, tranquillement se répand l'odeur du salpêtre...
Des lettres et des mots, des idées qui s'embrasent, qui embrassent les flammes et se répandent.
Des futilités qui se calcinent, tranquillement se répand l'odeur du salpêtre...
mardi 24 mai 2011
Homicide.
Des formes, des cicatrices, des grands airs de rien. Corps nu, le clou sous la peau, il marchait tout droit, avançait à corps perdu. L'empire de ses rêves n'était qu'un tas de cendres encore tiède, et les hématomes de la vie lui colorait son petit cœur ridé. Il était devenu quelqu'un, mais il avait perdu la prétention de vouloir exister. La coupe aux lèvres, il n'était pas un enfant de cœur. Il ouvrait ses bras à tous les dangers, se réveillait là, au hasard, l'aiguille et le sang pour quelques heures de frissons.
Le ciel pleurait parfois avec lui, mais ne le prenait pas. Enfant naturel d'un couple maudit, comme le dit la chanson, ce fils de pute se battait chaque jour pour recoudre et fermer les plaies infligées malgré tout, mais était arrivé le temps de la reddition. Son tout et sa moitié s'en était déjà allée. Parfois, il cherchait une femme au gré des rues, le famous blue raincoat déchiré à l'épaule. Lui aussi aspirait à aller vivre loin, loin de tout, au fond du désert. Sans l'ombre d'un doute, son âme le quitte en douce, ce n'était plus le même, corps sans âme rempli de poison mais, comme d'habitude, il répétait: "non mon Ange, ce n'est pas ma faute."
Il offrait au monde entier la beauté par le chaos, les rires dans la tête et sa chair inanimée. Il planait, aux premières lumières matinales, lorsque les corps ravagés des autres se reconstruisaient. Ses poumons étaient deux grands cendriers qui jamais ne se vidaient. Il n'avait pas le temps de souffler, juste le temps pour se détruire. Le plus beau des homicides. Homicide volontaire, un don au ciel.
Le ciel pleurait parfois avec lui, mais ne le prenait pas. Enfant naturel d'un couple maudit, comme le dit la chanson, ce fils de pute se battait chaque jour pour recoudre et fermer les plaies infligées malgré tout, mais était arrivé le temps de la reddition. Son tout et sa moitié s'en était déjà allée. Parfois, il cherchait une femme au gré des rues, le famous blue raincoat déchiré à l'épaule. Lui aussi aspirait à aller vivre loin, loin de tout, au fond du désert. Sans l'ombre d'un doute, son âme le quitte en douce, ce n'était plus le même, corps sans âme rempli de poison mais, comme d'habitude, il répétait: "non mon Ange, ce n'est pas ma faute."
Il offrait au monde entier la beauté par le chaos, les rires dans la tête et sa chair inanimée. Il planait, aux premières lumières matinales, lorsque les corps ravagés des autres se reconstruisaient. Ses poumons étaient deux grands cendriers qui jamais ne se vidaient. Il n'avait pas le temps de souffler, juste le temps pour se détruire. Le plus beau des homicides. Homicide volontaire, un don au ciel.
lundi 23 mai 2011
Le Condamné.
Une braise mourante sur la peau d'un condamné pousse à sortir un cri, tel une tempête surnaturelle, que nul poumon ne pourrait souffle. La plaie sur son bras s'élargit et se vide du liquide malsain et d'un peu de vice, de la terreur en lui qui l'a guidé à la faute, comme l'homme aux yeux bandés que l'on pousse au précipice. Sans demander pardon ni vouloir se repentir, il mène son corps à travers la dernière nuit, et au seuil de la mort, espère ne pas souffrir.
Le Soir où...
Je n'ai pas d'alibi, c'est vrai, ce soir je suis parti.
Je suis bien parti pour changer, ce soir, j'en suis désolé.
Je suis parti pour une danse, ce soir, j'entame ma décadence.
Je suis fini en tout cas, ce soir, je ne suis plus moi.
Je marche sur le bord d'un verre, ce soir, je m'y perds.
Je tente d'éviter les questions, ce soir, faut dire, je fais le con.
Je suis bien parti pour changer, ce soir, j'en suis désolé.
Je suis parti pour une danse, ce soir, j'entame ma décadence.
Je suis fini en tout cas, ce soir, je ne suis plus moi.
Je marche sur le bord d'un verre, ce soir, je m'y perds.
Je tente d'éviter les questions, ce soir, faut dire, je fais le con.
vendredi 20 mai 2011
Le Boulevard I
Il pleut à chaudes larmes sur le boulevard des gens qui s'ennuient,
ou qui ne savent plus c'que c'est la vie...
ou qui ne savent plus c'que c'est la vie...
jeudi 19 mai 2011
"...le point commun c'est qu'on n'est pas heureux."
Ne compte que la route, pour moi, ce soir je marche un peu, ou encore un peu plus, un peu trop j'en sais trop rien. Quelques pas offerts dans le noir, à marcher tête baissée, à ne parler de rien. Quelque part, j'arrive, on verra, c'est ça qu'est bien.
Il fait tellement noir cette nuit, qu'on dirait que le ciel a bu, les étoiles tombent les unes après les autres, à finir sur le pavé, comme un mauvais soir d'ivresse, me retourner la tête. Je t'avais laissé ces quelques mots, ces bouts de papier où j'ai versé ma haine, ne pense pas à moi comme ça, je t'en prie, déchire-les !
Toute seule, ton petit corps au fond d'un lit trop grand, trop grand pour être seul, tu t'attends au levé du jour, ta première clope et ton premier verre, et c'est parti pour un autre jour, un jour d'attente en plein hiver.
Je sais en vain qu'on n'est pas heureux, mais tu sais, tu vois moi j'y peux rien...
Ne compte que la route, pour moi, ce soir je marche un peu, ou encore un peu plus, un peu trop j'en sais trop rien. Quelques pas offerts dans le noir, à marcher tête baissée, à ne parler de rien. Quelque part, j'arrive, on verra, c'est ça qu'est bien.
Il fait tellement noir cette nuit, qu'on dirait que le ciel a bu, les étoiles tombent les unes après les autres, à finir sur le pavé, comme un mauvais soir d'ivresse, me retourner la tête. Je t'avais laissé ces quelques mots, ces bouts de papier où j'ai versé ma haine, ne pense pas à moi comme ça, je t'en prie, déchire-les !
Toute seule, ton petit corps au fond d'un lit trop grand, trop grand pour être seul, tu t'attends au levé du jour, ta première clope et ton premier verre, et c'est parti pour un autre jour, un jour d'attente en plein hiver.
Je sais en vain qu'on n'est pas heureux, mais tu sais, tu vois moi j'y peux rien...
lundi 16 mai 2011
Chapitre 20 - Corps suicidé cherche renaissance.
A travers la pâle lumière de la cuisine, l'œil écarlate, il ouvre le réfrigérateur plus par principe que par besoin. Il regarde, s'y perd et puis le referme. Il sent un pincement dans son cœur, une petite brûlure de cigarette, mais il n'en parlera jamais.
Ça se voit, de temps en temps, ça refait surface. Il y a le sang, les larmes discrètes, et puis tous ces hématomes...
Ça se voit, de temps en temps, ça refait surface. Il y a le sang, les larmes discrètes, et puis tous ces hématomes...
mardi 3 mai 2011
Pensées Aléatoire.
Où sont partis ces oiseaux noirs
Qui toujours se posaient dans les bars
Expliquez-moi messieurs, expliquez-moi
Pourquoi une fois de plus je vous crois
Au fond des plaines arides crache le chacal
La patte puissante griffe la viande puis l'avale
Hémoglobine à perte de vue, méprenez-vous, méprenez-vous
Nous sommes tous pareils, ce n'est pas fou
Toutes les plaies masquées sous les hématomes
Ne font pas se taire la colère sous le dôme
Ces messieurs vont en paix, faire la guerre
Pour profiter alors de quelques fleurs du désert
Qui toujours se posaient dans les bars
Expliquez-moi messieurs, expliquez-moi
Pourquoi une fois de plus je vous crois
Au fond des plaines arides crache le chacal
La patte puissante griffe la viande puis l'avale
Hémoglobine à perte de vue, méprenez-vous, méprenez-vous
Nous sommes tous pareils, ce n'est pas fou
Toutes les plaies masquées sous les hématomes
Ne font pas se taire la colère sous le dôme
Ces messieurs vont en paix, faire la guerre
Pour profiter alors de quelques fleurs du désert
mercredi 30 mars 2011
Souvenirs Calcinés.
Ma Mémoire, c'est ma Patrie.
Je suis né pendant la Guerre du Golfe, juste avant l’invasion du Koweït par l’armée irakienne. Et aujourd’hui, les USA sont en Irak. On traque le barbu et on fait la guerre pour un motif à peine compréhensible. J'ai quelques jours à peine, et à la télé on annonce aux informations: 33 civils tués dans un bombardement, crash d'un hélicoptère, bilan 8 morts. Dans un hôpital de Genève, ma mère me trouve un nom: Denis. Bien plus loin, on cherche avec soin le nom de la prochaine opération militaire: Tempête du Désert. L'opération commence, j'ai six mois. Je suis né à des kilomètres des détonations des bombes, des rafales et des tirs de mortier. L'Opep est en colère, le baril est en feu. Drôle de décor pour un enfant.
Dans la rue, on a déjà oublié la chute du mur, et l'Allemagne de l'Est est un vague souvenir. Gorbatchev reçoit son prix Nobel de la paix et la neige tombe sur l'Europe. A cette époque, les choses ont peu de sens à mes jeunes yeux. Parfois, quand l'orage grondait, mon père me répétait: cache-toi bien et ne regarde pas.
Quelques années passent, je n'ai pas à me plaindre. Ma vie tangue entre Orange Mécanique et Pulp Fiction. L'alcool monte à la tête, très vite il faut trouver un moyen de se distinguer, se démarquer et on finit par perdre le contrôle. Années collège, entre joints et trous de mémoire, je me taille une petite route sinueuse. Je ne comprends plus rien. La science de l'autodestruction est un quotidien, mais il faut bien relever la tête, tôt ou tard. Ma mère pleurait en silence.
Mes amis sont tombés avant moi. Les dégâts irréversibles au travers de la peau, quelques erreurs de jeunesse. Au milieu du chaos danse une jeune fille aux allures de catin. Rejet de la société, déchet organique. L'ourlet de sa jupe se découd au fil des soirées. Elle est là, sans jamais avoir froid malgré l'absence du soleil, elle est là et chaque jour recule d'un pas incertain. Un soleil noir s'éteint. Les soirées se terminent de plus en plus tard, les amis sont de plus en plus rares, mais je vois une fois de plus, Genève, son image au fond de mes yeux, et je ne désire rien d'autre. La neige recouvre la ville, c'est la débâcle, incident et accident, l'éther ronge les corps, on s'est tous perdus dans la débauche et les trous noirs. J'ai dix-huit ans et autant de cicatrices. Après les cours, c'est la musique qui défoule, on passe de Vodka à Vittel. J'ai dix-neuf ans et le groupe se resserre. Certains partent d'ici pour rejoindre différentes capitales européennes. J'ai vingt ans et ma journée se termine, j'ai oublié le reste. Tout a changé avec le temps, on a volé ma mémoire. Il a fallu cinq ans de vie pour un paragraphe maudit. Au fond du bocal de formol, le cerveau se garde, mais les souvenirs s'effritent. La Tempête du Désert est passée il y a si longtemps.
Ma mémoire, c'est ma patrie.
Je suis né pendant la Guerre du Golfe, juste avant l’invasion du Koweït par l’armée irakienne. Et aujourd’hui, les USA sont en Irak. On traque le barbu et on fait la guerre pour un motif à peine compréhensible. J'ai quelques jours à peine, et à la télé on annonce aux informations: 33 civils tués dans un bombardement, crash d'un hélicoptère, bilan 8 morts. Dans un hôpital de Genève, ma mère me trouve un nom: Denis. Bien plus loin, on cherche avec soin le nom de la prochaine opération militaire: Tempête du Désert. L'opération commence, j'ai six mois. Je suis né à des kilomètres des détonations des bombes, des rafales et des tirs de mortier. L'Opep est en colère, le baril est en feu. Drôle de décor pour un enfant.
Dans la rue, on a déjà oublié la chute du mur, et l'Allemagne de l'Est est un vague souvenir. Gorbatchev reçoit son prix Nobel de la paix et la neige tombe sur l'Europe. A cette époque, les choses ont peu de sens à mes jeunes yeux. Parfois, quand l'orage grondait, mon père me répétait: cache-toi bien et ne regarde pas.
Quelques années passent, je n'ai pas à me plaindre. Ma vie tangue entre Orange Mécanique et Pulp Fiction. L'alcool monte à la tête, très vite il faut trouver un moyen de se distinguer, se démarquer et on finit par perdre le contrôle. Années collège, entre joints et trous de mémoire, je me taille une petite route sinueuse. Je ne comprends plus rien. La science de l'autodestruction est un quotidien, mais il faut bien relever la tête, tôt ou tard. Ma mère pleurait en silence.
Mes amis sont tombés avant moi. Les dégâts irréversibles au travers de la peau, quelques erreurs de jeunesse. Au milieu du chaos danse une jeune fille aux allures de catin. Rejet de la société, déchet organique. L'ourlet de sa jupe se découd au fil des soirées. Elle est là, sans jamais avoir froid malgré l'absence du soleil, elle est là et chaque jour recule d'un pas incertain. Un soleil noir s'éteint. Les soirées se terminent de plus en plus tard, les amis sont de plus en plus rares, mais je vois une fois de plus, Genève, son image au fond de mes yeux, et je ne désire rien d'autre. La neige recouvre la ville, c'est la débâcle, incident et accident, l'éther ronge les corps, on s'est tous perdus dans la débauche et les trous noirs. J'ai dix-huit ans et autant de cicatrices. Après les cours, c'est la musique qui défoule, on passe de Vodka à Vittel. J'ai dix-neuf ans et le groupe se resserre. Certains partent d'ici pour rejoindre différentes capitales européennes. J'ai vingt ans et ma journée se termine, j'ai oublié le reste. Tout a changé avec le temps, on a volé ma mémoire. Il a fallu cinq ans de vie pour un paragraphe maudit. Au fond du bocal de formol, le cerveau se garde, mais les souvenirs s'effritent. La Tempête du Désert est passée il y a si longtemps.
Ma mémoire, c'est ma patrie.
lundi 14 mars 2011
Stalingrad
Ma Mémoire, c'est ma Patrie.
Au Nord de la Volga, les orgues de Staline chantaient sans relâche. Le moteur des avions allemands au-dessus de ma tête me gardait éveillé malgré tout. Je me souviens l'avoir vu, il était là, me visant de son fusil, je le vois qui ferme un œil, retenant son souffle. Je cours en zigzag pour me donner encore un espoir de survie dans ce bourbier. Je suis en enfant au milieu d'une guerre. Mes idées sont noires, mes poumons sont habitués à sentir l'odeur de la poudre et les fusillades font partie de mon quotidien. Guerre arrogante, guerre d'idées sales, je navigue au milieu sans jamais pouvoir le dire. Vladimir sort du bâtiment, fusil en main, et d'un coup de baïonnette, me sauve une nouvelle fois. Mon cœur s'emballe sans cesse, quand sans balles les hommes avancent. Je les vois brûler ma ville, ma patrie, en somme, ma mémoire.
Au Nord de la Volga, les orgues de Staline chantaient sans relâche. Le moteur des avions allemands au-dessus de ma tête me gardait éveillé malgré tout. Je me souviens l'avoir vu, il était là, me visant de son fusil, je le vois qui ferme un œil, retenant son souffle. Je cours en zigzag pour me donner encore un espoir de survie dans ce bourbier. Je suis en enfant au milieu d'une guerre. Mes idées sont noires, mes poumons sont habitués à sentir l'odeur de la poudre et les fusillades font partie de mon quotidien. Guerre arrogante, guerre d'idées sales, je navigue au milieu sans jamais pouvoir le dire. Vladimir sort du bâtiment, fusil en main, et d'un coup de baïonnette, me sauve une nouvelle fois. Mon cœur s'emballe sans cesse, quand sans balles les hommes avancent. Je les vois brûler ma ville, ma patrie, en somme, ma mémoire.
PAV
Mon foie en a marre de tout cet alcool
Même si moi j'trouve ça cool
Faut que j'reste sobre pour l'école
C'est pas sérieux quand en classe j'décolle
Si tous les jours j'me retrouve d'équerre
C'est parce que les profs me vénèrent
Et qu'le jury nous fait la guerre
La seule valeur qu'il reste: le respect de mes frères !
Même si moi j'trouve ça cool
Faut que j'reste sobre pour l'école
C'est pas sérieux quand en classe j'décolle
Si tous les jours j'me retrouve d'équerre
C'est parce que les profs me vénèrent
Et qu'le jury nous fait la guerre
La seule valeur qu'il reste: le respect de mes frères !
mercredi 9 mars 2011
Intraveineuse
C'est moi. C'est mon monde, ma manière de penser, c'est mon trip, à moi, pour moi, seulement moi. Mon univers, avec mes envies, mes idées, par moi, pour moi. Des photos de moi, des cadeaux pour moi, à moi, avec mes couleurs préférées choisies par moi, dans ma bulle, dans mon monde à moi.
C'est moi.
C'est moi.
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