La vie reprend ici et là, à cent à l'heure, entre deux comprimés de Xanax. Entre deux boîtes, entre toi et moi. Et tout ça me fait penser que demain j'en serai fatigué, fatiguer de flirter avec la limite. Ça brûle et ça tire, dans les yeux et sous la peau, tu sais ma belle, des fois j'y pense encore.
J'y pense comme ça fort, les yeux dans le vague, les dents serrées. Les jointures de mes mains se cicatrisent pendant qu'en douce je déconnecte mon esprit, ma pensée, que je regarde juste au-dessus de moi pour constater qu'il n'y a personne.
Baise-moi, claque-moi, qu'attends-tu ? Quel du ciel viennent les bombes ?
vendredi 24 juin 2011
jeudi 9 juin 2011
Incendie
Lettre incendiaire, on met le feu aux poudres en attendant la foudre.
Des lettres et des mots, des idées qui s'embrasent, qui embrassent les flammes et se répandent.
Des futilités qui se calcinent, tranquillement se répand l'odeur du salpêtre...
Des lettres et des mots, des idées qui s'embrasent, qui embrassent les flammes et se répandent.
Des futilités qui se calcinent, tranquillement se répand l'odeur du salpêtre...
mardi 24 mai 2011
Homicide.
Des formes, des cicatrices, des grands airs de rien. Corps nu, le clou sous la peau, il marchait tout droit, avançait à corps perdu. L'empire de ses rêves n'était qu'un tas de cendres encore tiède, et les hématomes de la vie lui colorait son petit cœur ridé. Il était devenu quelqu'un, mais il avait perdu la prétention de vouloir exister. La coupe aux lèvres, il n'était pas un enfant de cœur. Il ouvrait ses bras à tous les dangers, se réveillait là, au hasard, l'aiguille et le sang pour quelques heures de frissons.
Le ciel pleurait parfois avec lui, mais ne le prenait pas. Enfant naturel d'un couple maudit, comme le dit la chanson, ce fils de pute se battait chaque jour pour recoudre et fermer les plaies infligées malgré tout, mais était arrivé le temps de la reddition. Son tout et sa moitié s'en était déjà allée. Parfois, il cherchait une femme au gré des rues, le famous blue raincoat déchiré à l'épaule. Lui aussi aspirait à aller vivre loin, loin de tout, au fond du désert. Sans l'ombre d'un doute, son âme le quitte en douce, ce n'était plus le même, corps sans âme rempli de poison mais, comme d'habitude, il répétait: "non mon Ange, ce n'est pas ma faute."
Il offrait au monde entier la beauté par le chaos, les rires dans la tête et sa chair inanimée. Il planait, aux premières lumières matinales, lorsque les corps ravagés des autres se reconstruisaient. Ses poumons étaient deux grands cendriers qui jamais ne se vidaient. Il n'avait pas le temps de souffler, juste le temps pour se détruire. Le plus beau des homicides. Homicide volontaire, un don au ciel.
Le ciel pleurait parfois avec lui, mais ne le prenait pas. Enfant naturel d'un couple maudit, comme le dit la chanson, ce fils de pute se battait chaque jour pour recoudre et fermer les plaies infligées malgré tout, mais était arrivé le temps de la reddition. Son tout et sa moitié s'en était déjà allée. Parfois, il cherchait une femme au gré des rues, le famous blue raincoat déchiré à l'épaule. Lui aussi aspirait à aller vivre loin, loin de tout, au fond du désert. Sans l'ombre d'un doute, son âme le quitte en douce, ce n'était plus le même, corps sans âme rempli de poison mais, comme d'habitude, il répétait: "non mon Ange, ce n'est pas ma faute."
Il offrait au monde entier la beauté par le chaos, les rires dans la tête et sa chair inanimée. Il planait, aux premières lumières matinales, lorsque les corps ravagés des autres se reconstruisaient. Ses poumons étaient deux grands cendriers qui jamais ne se vidaient. Il n'avait pas le temps de souffler, juste le temps pour se détruire. Le plus beau des homicides. Homicide volontaire, un don au ciel.
lundi 23 mai 2011
Le Condamné.
Une braise mourante sur la peau d'un condamné pousse à sortir un cri, tel une tempête surnaturelle, que nul poumon ne pourrait souffle. La plaie sur son bras s'élargit et se vide du liquide malsain et d'un peu de vice, de la terreur en lui qui l'a guidé à la faute, comme l'homme aux yeux bandés que l'on pousse au précipice. Sans demander pardon ni vouloir se repentir, il mène son corps à travers la dernière nuit, et au seuil de la mort, espère ne pas souffrir.
Le Soir où...
Je n'ai pas d'alibi, c'est vrai, ce soir je suis parti.
Je suis bien parti pour changer, ce soir, j'en suis désolé.
Je suis parti pour une danse, ce soir, j'entame ma décadence.
Je suis fini en tout cas, ce soir, je ne suis plus moi.
Je marche sur le bord d'un verre, ce soir, je m'y perds.
Je tente d'éviter les questions, ce soir, faut dire, je fais le con.
Je suis bien parti pour changer, ce soir, j'en suis désolé.
Je suis parti pour une danse, ce soir, j'entame ma décadence.
Je suis fini en tout cas, ce soir, je ne suis plus moi.
Je marche sur le bord d'un verre, ce soir, je m'y perds.
Je tente d'éviter les questions, ce soir, faut dire, je fais le con.
vendredi 20 mai 2011
Le Boulevard I
Il pleut à chaudes larmes sur le boulevard des gens qui s'ennuient,
ou qui ne savent plus c'que c'est la vie...
ou qui ne savent plus c'que c'est la vie...
jeudi 19 mai 2011
"...le point commun c'est qu'on n'est pas heureux."
Ne compte que la route, pour moi, ce soir je marche un peu, ou encore un peu plus, un peu trop j'en sais trop rien. Quelques pas offerts dans le noir, à marcher tête baissée, à ne parler de rien. Quelque part, j'arrive, on verra, c'est ça qu'est bien.
Il fait tellement noir cette nuit, qu'on dirait que le ciel a bu, les étoiles tombent les unes après les autres, à finir sur le pavé, comme un mauvais soir d'ivresse, me retourner la tête. Je t'avais laissé ces quelques mots, ces bouts de papier où j'ai versé ma haine, ne pense pas à moi comme ça, je t'en prie, déchire-les !
Toute seule, ton petit corps au fond d'un lit trop grand, trop grand pour être seul, tu t'attends au levé du jour, ta première clope et ton premier verre, et c'est parti pour un autre jour, un jour d'attente en plein hiver.
Je sais en vain qu'on n'est pas heureux, mais tu sais, tu vois moi j'y peux rien...
Ne compte que la route, pour moi, ce soir je marche un peu, ou encore un peu plus, un peu trop j'en sais trop rien. Quelques pas offerts dans le noir, à marcher tête baissée, à ne parler de rien. Quelque part, j'arrive, on verra, c'est ça qu'est bien.
Il fait tellement noir cette nuit, qu'on dirait que le ciel a bu, les étoiles tombent les unes après les autres, à finir sur le pavé, comme un mauvais soir d'ivresse, me retourner la tête. Je t'avais laissé ces quelques mots, ces bouts de papier où j'ai versé ma haine, ne pense pas à moi comme ça, je t'en prie, déchire-les !
Toute seule, ton petit corps au fond d'un lit trop grand, trop grand pour être seul, tu t'attends au levé du jour, ta première clope et ton premier verre, et c'est parti pour un autre jour, un jour d'attente en plein hiver.
Je sais en vain qu'on n'est pas heureux, mais tu sais, tu vois moi j'y peux rien...
lundi 16 mai 2011
Chapitre 20 - Corps suicidé cherche renaissance.
A travers la pâle lumière de la cuisine, l'œil écarlate, il ouvre le réfrigérateur plus par principe que par besoin. Il regarde, s'y perd et puis le referme. Il sent un pincement dans son cœur, une petite brûlure de cigarette, mais il n'en parlera jamais.
Ça se voit, de temps en temps, ça refait surface. Il y a le sang, les larmes discrètes, et puis tous ces hématomes...
Ça se voit, de temps en temps, ça refait surface. Il y a le sang, les larmes discrètes, et puis tous ces hématomes...
mardi 3 mai 2011
Pensées Aléatoire.
Où sont partis ces oiseaux noirs
Qui toujours se posaient dans les bars
Expliquez-moi messieurs, expliquez-moi
Pourquoi une fois de plus je vous crois
Au fond des plaines arides crache le chacal
La patte puissante griffe la viande puis l'avale
Hémoglobine à perte de vue, méprenez-vous, méprenez-vous
Nous sommes tous pareils, ce n'est pas fou
Toutes les plaies masquées sous les hématomes
Ne font pas se taire la colère sous le dôme
Ces messieurs vont en paix, faire la guerre
Pour profiter alors de quelques fleurs du désert
Qui toujours se posaient dans les bars
Expliquez-moi messieurs, expliquez-moi
Pourquoi une fois de plus je vous crois
Au fond des plaines arides crache le chacal
La patte puissante griffe la viande puis l'avale
Hémoglobine à perte de vue, méprenez-vous, méprenez-vous
Nous sommes tous pareils, ce n'est pas fou
Toutes les plaies masquées sous les hématomes
Ne font pas se taire la colère sous le dôme
Ces messieurs vont en paix, faire la guerre
Pour profiter alors de quelques fleurs du désert
mercredi 30 mars 2011
Souvenirs Calcinés.
Ma Mémoire, c'est ma Patrie.
Je suis né pendant la Guerre du Golfe, juste avant l’invasion du Koweït par l’armée irakienne. Et aujourd’hui, les USA sont en Irak. On traque le barbu et on fait la guerre pour un motif à peine compréhensible. J'ai quelques jours à peine, et à la télé on annonce aux informations: 33 civils tués dans un bombardement, crash d'un hélicoptère, bilan 8 morts. Dans un hôpital de Genève, ma mère me trouve un nom: Denis. Bien plus loin, on cherche avec soin le nom de la prochaine opération militaire: Tempête du Désert. L'opération commence, j'ai six mois. Je suis né à des kilomètres des détonations des bombes, des rafales et des tirs de mortier. L'Opep est en colère, le baril est en feu. Drôle de décor pour un enfant.
Dans la rue, on a déjà oublié la chute du mur, et l'Allemagne de l'Est est un vague souvenir. Gorbatchev reçoit son prix Nobel de la paix et la neige tombe sur l'Europe. A cette époque, les choses ont peu de sens à mes jeunes yeux. Parfois, quand l'orage grondait, mon père me répétait: cache-toi bien et ne regarde pas.
Quelques années passent, je n'ai pas à me plaindre. Ma vie tangue entre Orange Mécanique et Pulp Fiction. L'alcool monte à la tête, très vite il faut trouver un moyen de se distinguer, se démarquer et on finit par perdre le contrôle. Années collège, entre joints et trous de mémoire, je me taille une petite route sinueuse. Je ne comprends plus rien. La science de l'autodestruction est un quotidien, mais il faut bien relever la tête, tôt ou tard. Ma mère pleurait en silence.
Mes amis sont tombés avant moi. Les dégâts irréversibles au travers de la peau, quelques erreurs de jeunesse. Au milieu du chaos danse une jeune fille aux allures de catin. Rejet de la société, déchet organique. L'ourlet de sa jupe se découd au fil des soirées. Elle est là, sans jamais avoir froid malgré l'absence du soleil, elle est là et chaque jour recule d'un pas incertain. Un soleil noir s'éteint. Les soirées se terminent de plus en plus tard, les amis sont de plus en plus rares, mais je vois une fois de plus, Genève, son image au fond de mes yeux, et je ne désire rien d'autre. La neige recouvre la ville, c'est la débâcle, incident et accident, l'éther ronge les corps, on s'est tous perdus dans la débauche et les trous noirs. J'ai dix-huit ans et autant de cicatrices. Après les cours, c'est la musique qui défoule, on passe de Vodka à Vittel. J'ai dix-neuf ans et le groupe se resserre. Certains partent d'ici pour rejoindre différentes capitales européennes. J'ai vingt ans et ma journée se termine, j'ai oublié le reste. Tout a changé avec le temps, on a volé ma mémoire. Il a fallu cinq ans de vie pour un paragraphe maudit. Au fond du bocal de formol, le cerveau se garde, mais les souvenirs s'effritent. La Tempête du Désert est passée il y a si longtemps.
Ma mémoire, c'est ma patrie.
Je suis né pendant la Guerre du Golfe, juste avant l’invasion du Koweït par l’armée irakienne. Et aujourd’hui, les USA sont en Irak. On traque le barbu et on fait la guerre pour un motif à peine compréhensible. J'ai quelques jours à peine, et à la télé on annonce aux informations: 33 civils tués dans un bombardement, crash d'un hélicoptère, bilan 8 morts. Dans un hôpital de Genève, ma mère me trouve un nom: Denis. Bien plus loin, on cherche avec soin le nom de la prochaine opération militaire: Tempête du Désert. L'opération commence, j'ai six mois. Je suis né à des kilomètres des détonations des bombes, des rafales et des tirs de mortier. L'Opep est en colère, le baril est en feu. Drôle de décor pour un enfant.
Dans la rue, on a déjà oublié la chute du mur, et l'Allemagne de l'Est est un vague souvenir. Gorbatchev reçoit son prix Nobel de la paix et la neige tombe sur l'Europe. A cette époque, les choses ont peu de sens à mes jeunes yeux. Parfois, quand l'orage grondait, mon père me répétait: cache-toi bien et ne regarde pas.
Quelques années passent, je n'ai pas à me plaindre. Ma vie tangue entre Orange Mécanique et Pulp Fiction. L'alcool monte à la tête, très vite il faut trouver un moyen de se distinguer, se démarquer et on finit par perdre le contrôle. Années collège, entre joints et trous de mémoire, je me taille une petite route sinueuse. Je ne comprends plus rien. La science de l'autodestruction est un quotidien, mais il faut bien relever la tête, tôt ou tard. Ma mère pleurait en silence.
Mes amis sont tombés avant moi. Les dégâts irréversibles au travers de la peau, quelques erreurs de jeunesse. Au milieu du chaos danse une jeune fille aux allures de catin. Rejet de la société, déchet organique. L'ourlet de sa jupe se découd au fil des soirées. Elle est là, sans jamais avoir froid malgré l'absence du soleil, elle est là et chaque jour recule d'un pas incertain. Un soleil noir s'éteint. Les soirées se terminent de plus en plus tard, les amis sont de plus en plus rares, mais je vois une fois de plus, Genève, son image au fond de mes yeux, et je ne désire rien d'autre. La neige recouvre la ville, c'est la débâcle, incident et accident, l'éther ronge les corps, on s'est tous perdus dans la débauche et les trous noirs. J'ai dix-huit ans et autant de cicatrices. Après les cours, c'est la musique qui défoule, on passe de Vodka à Vittel. J'ai dix-neuf ans et le groupe se resserre. Certains partent d'ici pour rejoindre différentes capitales européennes. J'ai vingt ans et ma journée se termine, j'ai oublié le reste. Tout a changé avec le temps, on a volé ma mémoire. Il a fallu cinq ans de vie pour un paragraphe maudit. Au fond du bocal de formol, le cerveau se garde, mais les souvenirs s'effritent. La Tempête du Désert est passée il y a si longtemps.
Ma mémoire, c'est ma patrie.
lundi 14 mars 2011
Stalingrad
Ma Mémoire, c'est ma Patrie.
Au Nord de la Volga, les orgues de Staline chantaient sans relâche. Le moteur des avions allemands au-dessus de ma tête me gardait éveillé malgré tout. Je me souviens l'avoir vu, il était là, me visant de son fusil, je le vois qui ferme un œil, retenant son souffle. Je cours en zigzag pour me donner encore un espoir de survie dans ce bourbier. Je suis en enfant au milieu d'une guerre. Mes idées sont noires, mes poumons sont habitués à sentir l'odeur de la poudre et les fusillades font partie de mon quotidien. Guerre arrogante, guerre d'idées sales, je navigue au milieu sans jamais pouvoir le dire. Vladimir sort du bâtiment, fusil en main, et d'un coup de baïonnette, me sauve une nouvelle fois. Mon cœur s'emballe sans cesse, quand sans balles les hommes avancent. Je les vois brûler ma ville, ma patrie, en somme, ma mémoire.
Au Nord de la Volga, les orgues de Staline chantaient sans relâche. Le moteur des avions allemands au-dessus de ma tête me gardait éveillé malgré tout. Je me souviens l'avoir vu, il était là, me visant de son fusil, je le vois qui ferme un œil, retenant son souffle. Je cours en zigzag pour me donner encore un espoir de survie dans ce bourbier. Je suis en enfant au milieu d'une guerre. Mes idées sont noires, mes poumons sont habitués à sentir l'odeur de la poudre et les fusillades font partie de mon quotidien. Guerre arrogante, guerre d'idées sales, je navigue au milieu sans jamais pouvoir le dire. Vladimir sort du bâtiment, fusil en main, et d'un coup de baïonnette, me sauve une nouvelle fois. Mon cœur s'emballe sans cesse, quand sans balles les hommes avancent. Je les vois brûler ma ville, ma patrie, en somme, ma mémoire.
PAV
Mon foie en a marre de tout cet alcool
Même si moi j'trouve ça cool
Faut que j'reste sobre pour l'école
C'est pas sérieux quand en classe j'décolle
Si tous les jours j'me retrouve d'équerre
C'est parce que les profs me vénèrent
Et qu'le jury nous fait la guerre
La seule valeur qu'il reste: le respect de mes frères !
Même si moi j'trouve ça cool
Faut que j'reste sobre pour l'école
C'est pas sérieux quand en classe j'décolle
Si tous les jours j'me retrouve d'équerre
C'est parce que les profs me vénèrent
Et qu'le jury nous fait la guerre
La seule valeur qu'il reste: le respect de mes frères !
mercredi 9 mars 2011
Intraveineuse
C'est moi. C'est mon monde, ma manière de penser, c'est mon trip, à moi, pour moi, seulement moi. Mon univers, avec mes envies, mes idées, par moi, pour moi. Des photos de moi, des cadeaux pour moi, à moi, avec mes couleurs préférées choisies par moi, dans ma bulle, dans mon monde à moi.
C'est moi.
C'est moi.
mardi 8 mars 2011
Rien à dire.
Le regard plongé sur le foyer de la cigarette, je me demande encore à quoi tout cela a bien pu rimer. Les mains tremblantes qui tiennent ces quelques milligrammes de mort sentent la fumée et la peur.
A tout hasard je traverse la route, peut-être au vert, peut-être au rouge, mais qu'importe.
A tout hasard je traverse la route, peut-être au vert, peut-être au rouge, mais qu'importe.
mercredi 2 mars 2011
Ma Mémoire, c'est ma Patrie.
Il a suffit d'une balle pour que la bataille éclate. Les hommes courraient vers l'extérieur, oubliant le froid de ma tendre URSS, tandis que les premier coups de l'artillerie allemande résonnaient sourdement dans ma ville. De l'autre côté de la route, il y a ma mère qui hurle mon nom: Yuri. Je marche sur le bord, en prenant soin d'éviter les flaques d'eau. Plus loin, je me baisse et regarde mon reflet dans une petite étendue boueuse. Les bombes qui pleuvent au-dessus de ma belle Stalingrad sifflent et dans le vacarme incessant des obus, mon reflet se brise, le sol tremble et tremble, il gronde et ne se repose plus.
Dans la rue, il y a l'odeur de la mort et de la guerre. Ca empeste la poudre, le sang et le métal encore chaud des douilles, les canons fumants et l'eau de pluie. Je dois trouver assez de nourriture pour ma mère et moi. Depuis quelques temps, la famine sévit et ma mère tient à peine debout. Quand le bruit des fusils devient trop proche, je me cache dans un coin, la tête plantée entre les genoux et l'interminable attente commence alors. C'est Andreï qui m'avait dit de faire ça, juste avant sa mobilisation pour le front. Cache-toi bien et ne regarde pas. Ne regarde jamais, disait-il.
Dès que je relève la tête, la rue semble déserte, mais il y a un homme à terre, inanimé. Je prends sa montre et un gourde de vodka, je sais que les soldats en sont fous. Quelques jours avant la bataille, maman et moi avions reçu un courrier d'Andreï. Il nous expliquait comment les conditions étaient rudes, à tel point que des soldats de son régiment buvaient l'alcool de l'infirmerie et de l'antigel filtré. Moi, je ne comprenais pas, mais maman semblait si triste.
Près de la Volga, il y a ce soldat qui tombe. A un bon kilomètre de là, Zikan, le sniper, compte ses victimes: ... 193, et 194. De toute la guerre, personne n'a réussi à mettre un visage, un semblant d'identité à cet homme. Je n'ai jamais vraiment su s'il s'agissait d'un véritable héros ou d'une simple légende issue des propagandes. J'ai dix ans et je vois les hommes de la Wehrmacht s'emparer de ma Stalingrad natale. La Volga est gelée, et la neige tombe, recouvrant tout le rouge répandu dans la ville. Ma mère craint la politique de la terre brulée. Au loin, il y a les Katiouchas qui crachent leur dernière roquettes dans un dernier râle. Nous montons dans un convoi bâché, et nous quittons pour de bon ce qu'il reste de Stalingrad: des gravats fumants et la mémoire d'un enfant. Ma mémoire.
Ma mémoire, c'est ma patrie.
Dans la rue, il y a l'odeur de la mort et de la guerre. Ca empeste la poudre, le sang et le métal encore chaud des douilles, les canons fumants et l'eau de pluie. Je dois trouver assez de nourriture pour ma mère et moi. Depuis quelques temps, la famine sévit et ma mère tient à peine debout. Quand le bruit des fusils devient trop proche, je me cache dans un coin, la tête plantée entre les genoux et l'interminable attente commence alors. C'est Andreï qui m'avait dit de faire ça, juste avant sa mobilisation pour le front. Cache-toi bien et ne regarde pas. Ne regarde jamais, disait-il.
Dès que je relève la tête, la rue semble déserte, mais il y a un homme à terre, inanimé. Je prends sa montre et un gourde de vodka, je sais que les soldats en sont fous. Quelques jours avant la bataille, maman et moi avions reçu un courrier d'Andreï. Il nous expliquait comment les conditions étaient rudes, à tel point que des soldats de son régiment buvaient l'alcool de l'infirmerie et de l'antigel filtré. Moi, je ne comprenais pas, mais maman semblait si triste.
Près de la Volga, il y a ce soldat qui tombe. A un bon kilomètre de là, Zikan, le sniper, compte ses victimes: ... 193, et 194. De toute la guerre, personne n'a réussi à mettre un visage, un semblant d'identité à cet homme. Je n'ai jamais vraiment su s'il s'agissait d'un véritable héros ou d'une simple légende issue des propagandes. J'ai dix ans et je vois les hommes de la Wehrmacht s'emparer de ma Stalingrad natale. La Volga est gelée, et la neige tombe, recouvrant tout le rouge répandu dans la ville. Ma mère craint la politique de la terre brulée. Au loin, il y a les Katiouchas qui crachent leur dernière roquettes dans un dernier râle. Nous montons dans un convoi bâché, et nous quittons pour de bon ce qu'il reste de Stalingrad: des gravats fumants et la mémoire d'un enfant. Ma mémoire.
Ma mémoire, c'est ma patrie.
mardi 15 février 2011
Les bras fatigués.
Mes doigts, qui ont tenu toutes ces cigarettes, ne peuvent même plus se tendre sans trembler du manque d’amour et du vice au fond de moi. Petit bout d’évasion, rêve à cent balles, séduisant mais mortellement dangereux.
A jouer avec le soleil de la sorte, on finit par s’en mordre les doigts, au creux de la tombe, six pieds sous terre et la tête dans les étoiles. Près de la cathédrale, une seringue vide raconte vingt ans de décadence tandis que le sida termine son travail chez les frères.
L’aiguille sous la peau distille son bien être éphémère au détour des toilettes publics. Et puis faut bien choisir une route, alors on prend la défonce. C’est un hobby très coûteux et donc, il me faut de l’argent facile. On vole, on pille, c’est le crédo du tox.
La politique de la terre brûlée est impossible à instaurer en nos êtres, car la flamme brûle déjà dans chacune de nos veines abîmée par le temps des rêves.
Alors pique et repique, l’abeille ne tue pas mais nous fait tant de mal derrière le grand rideau d’une scène de notre existence.
A jouer avec le soleil de la sorte, on finit par s’en mordre les doigts, au creux de la tombe, six pieds sous terre et la tête dans les étoiles. Près de la cathédrale, une seringue vide raconte vingt ans de décadence tandis que le sida termine son travail chez les frères.
L’aiguille sous la peau distille son bien être éphémère au détour des toilettes publics. Et puis faut bien choisir une route, alors on prend la défonce. C’est un hobby très coûteux et donc, il me faut de l’argent facile. On vole, on pille, c’est le crédo du tox.
La politique de la terre brûlée est impossible à instaurer en nos êtres, car la flamme brûle déjà dans chacune de nos veines abîmée par le temps des rêves.
Alors pique et repique, l’abeille ne tue pas mais nous fait tant de mal derrière le grand rideau d’une scène de notre existence.
mercredi 9 février 2011
Dans la Marge.
Y'a plus que la haine pour aiguiser mes dents
Je l'ai expliqué à des tas de gens
Mais tu sais plus personne ne comprend
J'ai beau gueuler y'a personne qui m'entend
Gentiment mais sûrement la tristesse rend l'enfant violent
Encore pire qu'avant, un coup de plus qui partira dans le vent
Mais t'inquiète, tous les jours j'me donne à cent pour cent
C'est comme ça, j'dois y aller il est grand temps.
Je l'ai expliqué à des tas de gens
Mais tu sais plus personne ne comprend
J'ai beau gueuler y'a personne qui m'entend
Gentiment mais sûrement la tristesse rend l'enfant violent
Encore pire qu'avant, un coup de plus qui partira dans le vent
Mais t'inquiète, tous les jours j'me donne à cent pour cent
C'est comme ça, j'dois y aller il est grand temps.
jeudi 27 janvier 2011
De ma Fenêtre
Je t'écris une lettre, du bord de ma fenêtre, et déjà tu sais ce que j'y vois en bas. D'abord y'a cette vieille femme, celle qui fait traverser les mômes, les cheveux comme une sorcière, tellement folle qu'elle est partie en guerre. Du bord de ma fenêtre, j'y vois, là contre le mur, la lumière verte de la pharmacie et j'entends des murmures, des p'tits bruits qui font "oh oui, oh oui". Ca c'est encore un coup du voisin d'en face, qui sait seulement tirer son coup avec des poufiasses. Et t'as ces dégueulasses, les cheveux filasses, qui vivent à deux, j'vous le dis c'est des hippies, gratteux comme pas d'autres, parce que bon les autres, oh non, n'en parlons pas...
Et puis aussi, y'a tous ces gamins, qui volent des bonbons dans le petit magasin. Ah et j'oubliais, un peu plus loin y'a le café, et ses increvables clients, qui viennent pour mater, quand la serveuse met son beau décolleté.
[...]
Je te raconte ça, j'te jure que c'est ça mes journées, tu sais quand je suis posé, juste une journée au bord de ma fenêtre !
Et puis aussi, y'a tous ces gamins, qui volent des bonbons dans le petit magasin. Ah et j'oubliais, un peu plus loin y'a le café, et ses increvables clients, qui viennent pour mater, quand la serveuse met son beau décolleté.
[...]
Je te raconte ça, j'te jure que c'est ça mes journées, tu sais quand je suis posé, juste une journée au bord de ma fenêtre !
Entre nos Voix
Y'en a eu plein des matins comme ça, ou t'étais même pas là
Des réveils pleins de peine en te disant hé réveille-toi
Ton corps perdu au fond du lit, la tête qui pense à un autre que moi
Tu sors enfin vivre ta vie, et je me dis t'inquiète, on s'reverra
Et tu sais, c'est entre nos voix qu'on étouffera notre histoire
Des journées entières, j'en ai fait tant, des chansons pour toi
Des réveils pleins de peine en te disant hé réveille-toi
Ton corps perdu au fond du lit, la tête qui pense à un autre que moi
Tu sors enfin vivre ta vie, et je me dis t'inquiète, on s'reverra
Et tu sais, c'est entre nos voix qu'on étouffera notre histoire
Des journées entières, j'en ai fait tant, des chansons pour toi
Quatre Jours
Quatre jours de nuit à s'engourdir corps et âme
A plonger tête baissée dans les yeux d'une femme
Sans compter sur ce gouffre, où s'enfonce mon cœur
Je me brûle contre ta flamme et tu pleures
Comme pour éteindre en moi la luciole qui rêve
Un peu fort, un peu trop et qui crève
J'y vois rien, j'en sais rien, je m'en fous
J'y ai vu, dans tes yeux, c'était flou
Mais limpide à la fois, la débâcle
De nos corps, dans tes draps, un miracle
Et quatre jours de nuit, à maudire ton nom
Et quatre jours de nuit, à mourir pour de bon
A plonger tête baissée dans les yeux d'une femme
Sans compter sur ce gouffre, où s'enfonce mon cœur
Je me brûle contre ta flamme et tu pleures
Comme pour éteindre en moi la luciole qui rêve
Un peu fort, un peu trop et qui crève
J'y vois rien, j'en sais rien, je m'en fous
J'y ai vu, dans tes yeux, c'était flou
Mais limpide à la fois, la débâcle
De nos corps, dans tes draps, un miracle
Et quatre jours de nuit, à maudire ton nom
Et quatre jours de nuit, à mourir pour de bon
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