dimanche 29 novembre 2009

Petit Garçon, Pleure En Silence...

Il y a eu sept jours de beauté, durant lesquels on nous avait insufflé à tous la gloire, l'honneur et ces choses oubliées. C'était le commencement. On se tâte, cherchant à connaître ceux qui nous entourent chaque jour un peu mieux, et percer leur coeur toujours plus fort. Et alors à ce moment donné, tandis que l'on ignorait encore le nom de la plupart des gens, ce fut l'orage dans mon grand ciel bleu, celui dans lequel j'aurais aimé faire des pas d'enfants, précisément ceux que l'on m'a arraché, ce grand vide qui me fait m'effondrer aujourd'hui de l'intérieur, implosion de l'esprit et suicide pour un soir.
Et puis, oh, et puis on repart. On recommence.

Il pleuvait les larmes les plus divines de Dieu après notre création et il fallait tout essuyer. Le sable ocre de la plage était battu par la pluie et les sentiments de ce dieu encore jeune. C'était en fin de matinée mais il faisait encore sombre et le soleil, guide parmi les guides, ne s'annonçait pas. Mon ciel était en lambeaux. Ecartelé par la foudre quand nous n'étions pas dignes et pire encore, lorsque nous pêchions, mon ciel s'écroulait à toute allure et derrière c'était le vide. Comme si l'on avait déchiré une de ces toiles de la Renaissance dont la valeur dépasse largement celle de nos vies.

Sur la plage, on formait des groupes. Personne ne savait avec qui il devait aller, mais on était tous là, embarqués dans un périple que personne n'avait prédit. On a choisi nos alliés sans les connaître et, le sac sur le dos, on a couru. Couru. Couru. Le paysage défilait, morne petite vie de haine et de pêchés. Mes camarades sont tombés, hurlant de désespoir, certains inconscient. D'autres ont voulu changer de camp et alors les groupes se divisaient. Ami et ennemi, non, jamais les deux à la fois. C'était un spectacle incroyable, qu'on ne peut plus dissocier de ma mémoire défaillante. Trahi, le coeur à genoux, j'étais couché sous la pluie, à attendre mon heure ou tout ce qui pourrait y ressembler par le concept sinistre d'un ballet de mort imminente.

Il avait cessé de pleurer. Il m'accorda la chance de me retourner vers de vrais alliés. Mais encore aujourd'hui tout est vacillant, instable, tout n'est que triste euphorie, naufrage allégorique de l'échec, rire hystérique, sarcasme et une pointe de nihilisme. On ne remonte pas le pentes que l'on a miné avec précaution par le passé. Je me suis jeté seul, m'élançant vers une porte de sortie, une reine sans roi, une rose sans propriétaire, un piège, un semblant d'espoir, une main salvatrice, un cœur sans plaies, une trahison, la morphine ou n'importe quelle forme de danger qui pouvait bien m'attendre dans cette épaisse fumée...

mercredi 25 novembre 2009

Commencing Countdown.

Ne me cherchez pas.
Ne vous retournez pas.
Ou alors promettez-moi
De tout me laisser recommencer à zéro.

De l'Abrasif Sur Nos Contours II

Haine théorique, thérapie par la mort, la souffrance est un doux remède qui se dépose sur le cœur comme un baiser de déesse. Elle ronge nos tissus les plus enfouis, s'écoule dans notre corps par la chaleur de notre propre sang en ébullition. De l'acide à s'en brûler le coeur, souffrir et mieux vivre. Je ne sais pas vivre et je saute dans le vide.
Lâche-toi putain. Tu n'as aucune valeur, encaisse cette souffrance, rien n'est au-dessus, résiste, pousse ton âme vers l'avant, fais donc du rentre-dedans et agresse, blesse, vole et pille sans compte, sans pitié et surtout pas de quartier. Qu'est-ce que tu fais ici, à étudier ce que tu n'aimes pas, à aimer ce qui ne t'aime pas, à crier tes idéaux sans espoir, seul assis dans le noir, hurles encore un peu, toujours un peu plus fort et laisse-toi entrer dans cette douce torpeur.
Lève-toi après cette syncope. Où es-tu ? Tout va bien ? Le médecin arrive. Qu'est-ce qu'il s'est passé dans ta tête ? On t'aime.
Non. Menteurs, on aime que les anges et les innocent, mais ils sont bien trop rares et presque invisibles à vos yeux. Vos yeux sont des trous de bites remplis de merde qu'on vous force à ingurgiter. Quelles-sont vos valeurs ? Vous n'êtes pas ceux que vous pensiez être.
Vous n'aimez pas ce que vous aimez, vous aimez ce qu'on vous offre à aimer.
Le plastique, l'artificiel, le merveilleux et l'illusoire. Un souffle et la poussière s'en va. D'ailleurs ce soir, tu en as bien pris un peu, de cette jolie poussière blanchâtre.
Réveille-toi connard, tout le monde te regarde. Et toi, t'es là, assis par terre à regarder tout le monde comme le ferait un nouveau-né. Les yeux écarquillés, tu sembles ébahi, mais putain comme c'est déconcertant.
Rampe, rampe encore un peu, je voudrais te voir aller mal, souffrir encore plus que les autres, plus que moi, que le feu qui défigure mon coeur chaque jour. Partage avec moi, frère, cet acide qui fera de toi un homme comme moi. Tu ne respires même plus, c'est normal. Tes yeuxsont rouges, on te prend pour ce que tu n'es pas.
On te répète les mêmes choses sans interruption, à tout-va, t'es qu'un connard et je ne te tolère plus. Dégage, salaud.  Dégage, salaud, dégage.
Dégage.
Trois petits tours et puis s'en vont, une colonne de fumée, loin dans l'horizon, des mains qui finissent de se consummer après une longue nuit d'agonie, une souffrance en bouteille, que l'on verse et qui tâche, qui tâche de noir sur un fond blanc, une feuille dont l'écriture pleine de maux est paradoxalement si pure.
Tu en as assez fait, pars.

Une Action Etrange...

Un orage assourdissant, un éclair perçant le ciel comme l'aiguille perce la peau jusqu'à la veine, que le rouge et le blanc ne font plus qu'un, un moment de détente et puis un oubli.
Les nuages en lambeaux au-dessus de ton radeau de la méduse, tu fonces à toute allure vers l'horizon sans même le connaître. Ton embarcation de fortune vogue sur les flots, seras-tu le maître, de qui, de quoi ?
Le Maître des Soupirs, dans le royaume de la résignation.
Et tout ça, j'entends, la mer agitée, la tempête, les marins noyés, ce sordide tableau de ta vie ne constitue qu'un vague souvenir épisodique dans ta mémoire intarrissable. Un triptique décevant se ferme derrière toi, maintenant prends une nouvelle toile, et fais-moi un grand tableau tout noir.
Ta vie.
Tes déceptions.
Et le sexe, et les drogues, et l'alcool, la clope, tout ça te monte à la tête. Fonce, tout droit sur ta route.

"A 23 ans du matin tout seul comme tout un chacun, les yeux grands ouverts de ne rien voir j'ai peint des tableaux tout noirs..."

mardi 24 novembre 2009

Presque Humaine.

Dans l'ombre de la nuit, il croisa son prochain cauchemar. A ce moment précis, il savait déjà qu'il ne dormira plus. Comme une tentacule, elle s'était accrochée de toutes ses forces à son esprit. Le jeune homme n'avait alors qu'une seule image en tête. Une étrange silhouette, sans nez, sans bouche. C'était la plus belle silhouette qu'il n'avait jamais vue de sa ridicule petite vie.
Beauté incarnée, elle virevoltait gaiement dans sa tête jour et nuit depuis cet instant où il l'avait croisée sur le chemin au bord de la route. Comme un maléfice, une atroce balafre le long de la joue, elle ne le quittait plus. Il n'arrivait pas à savoir qui elle était, ni comment elle était entré en lui, ce soir là, par la force des choses, mais son esprit s'embrumait. Il était confus. Devant lui s'étalaient deux idées différentes, la première étant d'ignorer cette adorable silhouette, la seconde de ses idées était de retrouver la trace de cette dernière...
Je crois bien qu'il avait marché des dizaines de kilomètres au bord de cette grande allée de macadam, en ne tenant pas compte des caprices du temps et de la nature elle-même. Il voulait savoir. Connaître la propriétaire de cette silhouette mémorable, inestimable, celle qui l'avait envôuté comme un parfum enivrant qui l'avait rendu euphorique à en perdre l'horizon. La tête enfouie sous des draps sales, il avait décidé de se lever plus tôt. Il avait basculé sa tête sous le lavabo de la grande salle de bain et ne bougeait plus.
Le niveau de l'eau montait petit à petit, lui glaçant le crâne autant que possible. Ses narines étaient remplies de cette eau assassine qui commençait à couler dans le creux de sa gorge. Il s'amusait à regarder ses paupières dans une sorte de méditation involontaire, conduit par une vague forme qu'il venait tout juste de discerner.
C'était une étrange silhouette de femme, sans nez et sans bouche.
Le jeune homme s'étouffait. Il avait décidé d'en finir, de ne plus jamais reprendre son souffle. Son cerveau s'était déconnecté depuis quelques secondes, maintenant. Il venait de voir la plus belle image de sa ridicule et pathétique existence.
Une silhouette charmeuse, magnifique.

Presque humaine.

lundi 23 novembre 2009

A Avancer Dans Le Noir, On Dépasse Les Limites...

Nous pourrions marcher plus loin que nos propres pas, tracer en silence nos silhouettes et nos ombres, puis nous effacer dans le noir. Alors cela voudrait dire que nous avons dépassé toutes les limites les plus rigides, étroites, ces lames de rasoir qui vous effleurent la peau, qui fait monter le sang à s'en couper le souffle.
Ces limites qui, après un soir d'inconscience, vous glacent le sang au petit matin, tandis que vous vous noyez dans votre premier verre.
Juste un peu de flotte pour être lucide. Juste un peu d'eau pour rafraîchir sa mémoire et se rendre compte, mais de quoi ? Que ce soir, on a simplement outrepassé toutes les règles, il n'y a plus de limites, tout ça c'est fini.

lundi 16 novembre 2009

Cynisme Et Paradis

Tandis que le crépuscule mourrait au-dessus des montagnes à l'horizon, il jouait de la guitare, avec toute l'émotion qui coulait encore dans ses veines frêles. Il semblait bien ridicule à l'extérieur, mais il était, à ce moment précis de son existence, magnifique à l'intérieur. Dans sa tête, il y avait toutes ces images sordides, ces torrents déchaînés, les marins dont le navire sombre doucement, calme et serein. Un naufrage programmé dans son esprit, et l'écume qui ronge ses rêves paradoxalement emplis de cynisme.
Il jouait.

C'était peut-être ça son but, c'était peut-être de jouer pour délivrer son âme, vomir ses blessures, cicatriser les plaies. Comme s'il allait lisser les rides à jamais gravées dans son cœur, il jouait son exutoire mélancolique.
Il faisait résonner de tristes mélodies qui s'en allaient dans le vent, en attendant l'heure de son départ.
Le crépuscule était mort depuis quelques minutes maintenant.
Un dernier soupir.

Aveuglés par les phares des voitures dont les pneus hurlaient et perçaient le silence du royaume des glaces, il chantait un hymne à la douleur. Rien ne pouvait le déranger, ni le vent, ni la nuit, ni l'autoroute proche, ni même le froid qui avait commencé à le dévorer.

Je crois que ce soir-là, un homme s'en est allé, le sourire aux lèvres.

Loin d'Ici...

Il est parti vite, d'un pas décidé. Il avait besoin d'évacuer un trop plein de je ne sais quoi, ces petits quelques choses qui lui pincent le cœur. Alors il a pris le chemin de la maison et dans son tram, assis, il s'est mis à pleurer. N'en pouvant plus de quelque chose qu'il ignorait, il débordait de tristesse.
Que s'était-il passé pour finir comme ça ?
Les larmes l'avaient soulagé. Et l'écriture était son deuxième exutoire.

Écrire et pleurer pour se sentir bien. Mais ça prend du temps de pleurer assez, ça prend du temps d'écrire tous les maux qu'on ressent.

mercredi 11 novembre 2009

Brutal Art Attack

La vague fantomatique se régénère dans chacun de nos films d'horreur. Nous rêvons, éveillés, et la tumeurs qui nous ronge finit par atteindre l'esprit.

Michel Baboune finit par essuyer le yaourt nature qui coulait le long de ses lèvres entrouvertes, de la même manière qu'une femme en amour.
Il ne se doutait pas encore que le barbu hirsute allait le menacer de sa lame vengeresse et lui accomplit sauvagement un acte sexuel pénible et brutal...

Ma crise d'endorphine se perturbe dans mon lit de roses. Parfois, quand le globe flamboyant se touche dans le ciel, il fait baver les étoiles d'un épais linceul blanchâtre et révèle en nous l'extase vomissant.

Hope And Industrial Suicide.

L'espoir, c'est le dieu de ceux qui n'en ont plus.

Et arrive un jour où tu n'as même plus d'espoir. Ah tiens, comme si j'avais retrouvé ma plume. De l'encre au goût amer, pour ne pas changer les habitudes.
"Tu dois utiliser l'Art pour ton propre exorcisme."

Oui, madame. Je me tais. Je sais qu'elle a raison. Elle SAIT. Oui, madame. C'est la vérité. A travers douleur et mélancolie, une bonne raison de ne pas saboter son radeau ? Mais non, aucune. Laissez-moi m'en aller.

mardi 10 novembre 2009

Echappé, rescapé.

"Dis papa, à toi aussi il te manque le coeur ?"



Oui. J'ai un gros trou béant dans mon torse. Je vis comme ça.

Lac Gelé.

Ecriture bloquée. Les mains aux stigmates pleureurs n'écrivent plus. Tremblement et crises d'angoisses répétées. Cette nuit, je n'ai pas dormi. Encore un sale tour.
Trois p'tit tours et puis s'en vont.
Ma rivière d'inspiration et d'écriture est vide. Elle ne coule plus. Je ne peux plus rien faire, il n'y a plus rien pour moi ici. Pas maintenant.
Je me sens immense, coincé, immobilisé. Je tremble un peu. J'ai froid, en-dedans.
Toute inspiration gâchée et mutilée. Ne plus écrire, ne plus parler. Ne plus rire, ne plus créér, mais attendre.
Seulement attendre.

Le calme qui revient. Les squelettes des arbres après le ciel déchiré.
Un souffle chaud qui réconforte.

dimanche 8 novembre 2009

Des-Compositions...


Réalisation

Le cube a été un projet très intéressant à réaliser, non seulement à cause de toutes les possibilités d’aménagement qu’il m’offrait, mais aussi par la grande liberté qu’il a fournit.


Au commencement, il m’a semblé évident que les volumes ne pourraient pas tous être géométriques, réguliers ni même équilibrés. J’ai commencé par inscrire des formes géométriques sur la base du cube, puis en montant les volumes j’ai rendu ces formes incertaines, parfois timides et hautement aléatoires.
J’ai apprécié d’adopter ce comportement autodestructeur, qui ici, consistait à suicider – à l’aide d’une réflexion précise - une démarche scolaire et inflexible.

Ce côté si singulier de l’art de la destruction et du chaos a littéralement dévoré mon travail de base pour donner naissance à une œuvre dégénérée par les lois du hasard. En effet, les volumes de polystyrène ont été passés sous une flamme pour leur donner un aspect rongé et torturé. Ce procédé était peu contrôlable et donc chaotique. Quelques ajouts ça et là ont été faits grâce à des bâtons de colle suffisamment chauffés pour être coulants. Le résultat donne des formes sinueuses, caverneuses et malsaines.

Comme à mon habitude, j’ai profité de jouer sur les paradoxes et autres métaphores. Ce cube serait sans nul doute mon image inconsciente de la société. Comprimé dans un espace clos, le géométrique – qui à mon goût est une représentation de l’industrie par excellence – s’oppose au monde de l’organique et du désordre, donnant pour résultat une lutte sans merci pour la suprématie. L’effet de l’organique a été amplifié à l’aide d’un rigoureux brossage à sec avec plusieurs teintes de plus en plus claires et pures.

dimanche 18 octobre 2009

Black Ink River

Il y a des gens au teint pâle, dans les ruelles de nos villes, dans l’ombre de leur pays, il y a des marins. Ils s’embarquent sur de terribles bateaux, machines infernales aux rouages rouillés, ils prennent le large sur des mers d’acide et d’amertume. Je vous parle alors d’océans tristes, de sombres mouvements au fond des eaux, troublées par ces marins qui s’abandonnent au fil du temps. Ces étendues malsaines se forment à partir des ruisseaux les plus incertains, des sources de montagnes en passant par les flaques boueuses. Tout coule alors de manière uniforme, tout s’enlace et s’éveille à présent. Vers une destination alors inconnue, ces coulures aux encres de Chine grandissent et gagnent du terrain. On creuse un chemin, un lit d’une rivière, dont l’eau sera des plus sinistres. Les rivières d’encre noire sont des torrents de peurs et de doutes. Un soupçon de folie envahit l’écume qui couvre ces eaux, et l’homme qui se noie ne sort que rarement la tête des flots. Manque d’oxygène, la panique l’emporte, une panique qui se verse, une panique qu’on dépose à l’encre noire. L’angoisse et le malaise s’en vont au rythme des marées, et le marin sait quand tout recommencera.

vendredi 2 octobre 2009

"Un petit ange ou quelque chose au-dessus de ma tête..."

C'est moi qui te protège, maintenant. Je remplace tous les anges de la terre.
C'est quoi, ce tatouage ?
C'est rien, c'est vieux. C'est du passé, ça n'a pas d'importance, c'est une erreur.
J'aime pas tes souvenirs.
Ca fait toujours quelque chose de parler de quelqu'un qu'on a aimé, non ?
Je sais pas...
T'as jamais aimé quelqu'un plus que tout ?
Je sais pas...Peut-être que t'as raison.
Allez, fais pas la gueule ! Souris !

C'est dur...

vendredi 25 septembre 2009

Formatage En Cours...

Please wait.

"Toi tu dis que t'es bien sans moi,
mais moi y'a quelque chose qui fait que j'entends pas..."

Cerveau formaté, nouvelle identité, ou plutôt, retour aux origines.
Retrouver le gentil garçon d'avant. Lui enlever ses problèmes, le faire vivre.
Lui donner du bonheur, du vrai, pas de faux sourire et autres artifices mielleux.
Vivre pour quelqu'un qu'on aime, grâce à elle. Vivre pour donner tout ce qu'on a, vivre pour faire quelque chose de beau, vivre et s'en aller.

Je t'aime.

mardi 1 septembre 2009

Les Mots Me Manquent.

"J'veux qu'on baise sur ma tombe".

Tu sais, moi aussi j'aimerais bien.
Comme une lettre d'adieu qu'on écrit, et qu'on froisse, qu'on déchire.
On se brûle le cœur un peu plus, et tous les brouillons s'empilent.
Tu ne sais pas expliquer que tu les aimes, mais que tu n'as pas ta place ici.
Alors tu te tais, fais mine d'aller bien.
Et tu pars.

Y'a la corde, toujours, pendue à l'arbre, et la petite souche, juste à côté, comme si quelqu'un était venu tout mettre en scène.
Mais non, pas de scène, pas de spectacle.
La nuit, t'oses imaginer que y'a bien une étoile, même toute petite, qui brille pour toi.

Jack Et La Corde...

Aujourd'hui, Jack est venu me proposer quelque chose. Il m'a dit calmement, la tête posée sur mon épaule, si je voulais venir avec lui après les cours. J'ai dit que je ne pouvais pas et je lui ai demandé ce qu'il comptait faire.
Il a simplement répondu: "Je veux vérifier quelque chose" et il s'en est allé.
Bien qu'il ne m'ait rien dit, je sais qu'il m'attendra demain. Et donc j'ai décidé d'y aller. Je sais exactement ce qu'il attend de moi.
Comme si c'était à nouveau lui le petit centre chaud.

Je sais que sur place, il me dira qu'il veut savoir si j'ai envie d'accrocher cette grande corde tressée, tout en haut de l'arbre près de la maison en ruine. Cette maison qui avait brûlé il y a quelques années, dont les ruines, remplies d'eau forment un petit marécage. Là où les jeunes se retrouvent, n'ayant plus rien à perdre, pour boire jusqu'au petit jour.

Et alors, j'accrocherai cette corde, avec un joli nœud. Il y a une petite souche près de la ruine et Jack me demandera de la placer sous cette corde. Je m'exécuterai, comme toujours. Jack viendra me crier dessus, me faire fondre en larme, résumer ma vie avec mépris et il me regardera monter sur la souche, et passer cette corde autour de mon cou. Il donnera alors un violent coup de pied pour faire basculer la souche et alors la corde me serrera. De plus en plus, mon visage deviendra rouge, et alors je sentirai un cruel manque d'air. Mais Jack sera assis tout près, en train de me fixer comme il le fait parfois.

Alors Jack rira, et me dira que c'est lui qui a gagné la partie.
Jack laissera quelques photos de ce jour mémorable. Un joli carnet morbide.
Une fixation étrangère.
Un meurtre.

lundi 24 août 2009

18 Ans Du Soir...

Tu l'sais aussi bien que moi, ici rien ne va comme tu le voudrais. Ok t'es clean, c'est quand que t'es censé être bien ? Hein dis-le moi encore une fois, y'en a marre de penser aux choses que j'ai pas eues.
Et malgré tout ce que t'as tenté de faire pour moi, n'oublies pas que ce ne sera jamais suffisant, mais à ton nom je garde encore la tête haute, hors de l'eau quand je peux. J'ai jamais trop aspiré à toute ces choses d'ailleurs là j'ai même du mal juste à respirer alors ok tes paroles sont bien belles mais il manquait quand même un peu de la réalité.
C'est fatal, retour de flamme du destin, même si ça fait des plombes que tu m'as pas tenu la main, que j'ai pas pu retourner dans tes bras, tu sais que j'suis fier comme d'un putain de grand frère qui serait devenu une star limite inter-planétaire...
Quoi qu'il arrive t'es là au fond de ma chair et si on a tous les deux grandi un peu trop vite, on finira bien par tout faire rouler tu vois ?
Et moi j'suis là, à essayer de t'écrire un truc bien pour pas que tu penses que je finirai mal, même si ça me colle à la peau, tu sais, comme une entaille jusqu'aux os. T'en sais un peu plus que moi sur le sujet alors je peux bien me taire, plus rien à t'apprendre, je sais que tu me considères comme la relève, t'sais je suis debout mais mes putains de jambes ne tiendront pas, c'est comme ça si j'perds la foi, que je prends froids ou même si je t'ai laissé tombé toutes ces fois, j'espère que je finirai par être à la hauteur de tes espérances, de tes rêves volés par tous ces salauds.

J'sais que même si tes voyages entre nulle part, tes rêves et l'hôpital t'ont usé pour de bon, y'a pas moyen, t'as pas perdu tous ces souvenirs.
Si ça s'trouve ton frère était pareil, avec toi comme un ange gardien, avec moi comme un vaurien.
Il peut pas piger, ou p't'être qu'il a juste trop donné j'en sais rien, tu sais que ça me tue, gentiment, tu souffres avec le sourire.
Des fois y'a des anges qui volent, qui reviennent et m'attendent, ceux qui me disent qu'il ne faut pas espérer et miser sur les hommes. Bourrés comme pas possibles ils me tendent les bras et c'est comme ça, en m'endormant que je pense à toi, tu comprends que j'ai plus rien à vendre ni même à donner, j'suis juste souillé mec excuse-moi si la boutique est fermée.
Si le temps épargne mes blessures et me rend un semblant de sourire alors je serai toujours prêt à me battre, fièrement, pour n'importe laquelle de tes valeurs.
Préviens-moi juste, si tu découvres quelque chose de nouveau et même si tu ignores encore que y'en n'a plus pour longtemps, toi au moins ne baisse jamais les bras, pense à ton putain de protecteur même s'il a parfois été violent, même si parfois tu t'es blessé, comme un coup à la tête ou un pincement au coeur, j'imagine même pas qu'un jour tu partiras.

Je suis désolé d'être si sale, t'es peut-être pas parfait mais au moins t'as un coeur qui te parle et ça, ça vaut tous les anges du monde. Je sais que ton coeur te raconte que sous la boue et les cendres qui couvrent mon coeur se caches de bien belles valeurs. Tu m'as percé en plein jour, t'as tout de suite tout deviné, n'oublie pas le trésor que t'as découvert, même si ça vaut pas une thune c'est tout ce qu'il me restait à t'offrir.

samedi 22 août 2009

Histoire De.

Tu connais toi, l'histoire de la fille dont le copain est mort l'autre soir, peu après minuit ?
Moi, si. C'est une histoire bien tragique que je n'oserai te raconter. On dit que chaque soir depuis ce jour, on en verse des gouttes de sang.

Quelques pas dans un cimetière.
Un inconnu vaporeux assis sur un banc.
Des pas sur du gravier.
Un souffle.
La mort.
Tu fais tomber ton mégot.