dimanche 21 septembre 2014

Semper Fi

J'aurais aimé que tu ne m'en veuilles pas. Mais la vie est comme ça et les erreurs parlent. Et le passé se traîne, s'accroche, un boulet à la cheville, la fatigue au fond des yeux et ces non-dits plein les bras, qui en ont marre de tant saigner.
De tous ces endroits où je ne suis pas allé, j'en trouverai d'encore plus beaux. Sous le vent de nos soupirs et malgré les pluies oculaires, des forces contraires me poussent à d'autres pensées, aux songes différents.
Quoi qu'il en soit, l'air de mes poumons me tient en vie et dans ces moments-là, je ne vois plus rien. Je peux admettre bien des choses, mais je refuse d'être un condamné. Et pourtant. Se taire, se révolter, des champs d'action aux limites des libertés, tu vois, je n'ai pas trouvé le bon chemin.

jeudi 18 septembre 2014

Particules...


Au détour d’un silence, te croiser du regard, me perdre encore une fois dans les méandres de tes yeux. Quand le temps se suspend rien qu’un instant, que les bouches sont muettes et glaciales, je t’aperçois de l’autre côté dans ton autre monde.
C’est à la croisée de nos deux empires que mon cœur a décidé de battre, au travers des foules c’est toi qu’il traque en vain. Penché de mon ciel pour mieux te rencontrer, le parfum de tes pensées m’enivre dans les fournaises de nos languissantes journées.
Te voir t’empresser dans mon cauchemar m’a poussé aux plus doux des rêves, le long des soirées qui se raccourcissent lorsque tu t’en vas. Mes nuit sont longues, nourries par des ébauches fantomatiques de toi et tous ces « et quand… » qui remontent en cascade dans la tête.
Voyage fabuleux au royaume des regards amoureux, ma reine tu n’es que ma capitale, et puis tout le reste aussi.

samedi 13 septembre 2014

l'Enfant

L'enfant du béton depuis toujours envisage
Qu'une fois au crépuscule tout homme se dévisage,
Quand dans vos yeux ternes il voit votre rage,
Quand dans son cœur asséché vous lisez de vieux adages.

Délavé, insoumis, invaincu, tout son être se glace
Sous le plomb de vos regards, la foudre qui embrasse
Le feu des critiques, le brûle mais jamais ne laisse de trace,
Du givre sur les lèvres, protège l'âme chagrine qui place

Confiance dans ses principes. En l'horreur qu'il se dessine
Il porte sa foi, soulève les sombres ambitions qui le destine
Aux jeux des destructions, aux alcools quand il s'avine
Ce n'est que des yeux d'une autre, aux poussières d'opaline.

A mêler le sang dans le fond d'une nouvelle tragédie
Au goût amer de vos pêchés, le long d'âpres paradis
Qu'il a cru voir un jour, qu'il ressent, déchirants, dans les cris
Les murmures et les mots sifflants disent que bientôt il sera parti.

Mais d'un lointain passé qu'il porte en cicatrices obscures
Sous le chant des fauves fiévreux, dans le craquement des murs
Comme dans le vent glissant ça et là au travers des serrures
Il tiendra le cap, s'efforçant de se rappeler ce que disaient vos blessures:

"Rien ne te sera offert ici bas, ami ou étranger, je ne sais comment dire
 Qu'à l'aurore d'une vie tu t'es bâti, que le temps balayera les rires
Au ciel mourant de nos espoirs, quelqu'un s'empressera de détruire
Tes rêves d'étoiles, tes roses fougueuses comme tes fidèles souvenirs."

Alors l'enfant déjà vieux serre les dents, ne veut pas trainer
Le malheur comme drapeau, la beauté des larmes contaminées
Tout son être s'y engage, il restera dur et fort, jure d'y arriver,
Si fort et si frêle, au détour des rides d'un coeur malade et condamné.


jeudi 11 septembre 2014

Le Temps d'un Verre

J'voudrais que tu comprennes, que tu voies ce que j'ai dans la tête, mais je peux pas te parler putain, je suis figé et c'est comme ça dans mon monde entier. A la traversée des déserts, la poids de la chaleur sur les épaules, sauter la ville de toit en toit, te chercher, te trouver et te laisser glisser comme le sable entre les doigts.

Tristesse à bon marché, se perdre dans les méandres des rues, dans le soir qui tombe, sur la piste de ton ombre. Flirter avec la vie, au carrefour des sentiments, les poumons noyés dans l'haleine vodka d'une fin de soirée, échanger nos maux et, le temps d'une accolade, passer la clope de main en main.

Le Christ en croix sur la route, ouvrir les portes de la mort, se défiler au fil du rasoir. Mêler le sang à l'alcool, repousser les limites. Se réveiller autre part. Se sentir mal, mais se sentir vivant...

dimanche 7 septembre 2014

De l'eau dans les cerveaux

Pour toi j'aurais laissé filer du ciel toutes les étoiles,
Poussé le vent sous la splendeur des voiles
Pour un sourire troqué mille larmes, essuyé mille drames,
Du moins tenté d'allumer mille flammes
Cicatrisé les plaies, recousu les coeurs,
Encaissé tes peines pour te sauver des peurs
Dans la lumière des jours comme dans l'ombre des nuits,
Ajouter des couleurs sur le tableau de ta vie
Déposer à tes pieds la beauté des mondes,
Effacer les malheurs qui nous traînent à la tombe
La poésie des armes dans le silence des livres,
Souffler le froid des cauchemars quand les alcools t'enivrent
A la chaleur de l'aurore te regarder dormir,
Aux morts des crépuscules ne pas te laisser partir
Caresser tes rêves du bout de mes doigts,
Bâtir ton royaume pour faire de nous des rois
Et faire de toi ma reine, celle que j'ai perdu, celle que j'ai rêvé,
Celle que j'avais toujours espéré.

Tous les mots

Ce soir les larmes s'en vont, de la porte de mon cœur, j'y vois des regards éteints. Éteints, les brasiers de tes yeux d'azur et d'opaline, qui regardent ces horizons au soleil où je ne suis pas.
Parce que mes yeux étaient brûlants d'un manque de sommeil certain et que mes paupières tombaient sous le poids du manque d'un toi qui s'en allait au loin, je t'ai dit tous les mots que je connaissais.

Le lit est froid au matin, quand le bleu du ciel se livre au rouge et au noir de la nuit. Morne solitude que l'on traîne le long des couloirs glacés des villes sans teint, les cicatrices fleurissent aux surfaces d'une peau, au plus profond d'un être vide, jamais le temps ne pourra tout effacer.

Mon coeur n'est plus à l'ombre de toi, depuis que je suis sur la route...

lundi 1 septembre 2014

J'espère que tu sais...

L'autre qui était là, si près, à portée d'un "je t'aime" lâché par hasard, effacée par la pluie, le vent, la neige et les jours qui se traînent en se lamentant au fond des rues, dans la noirceur des bars ou l'encre n'est plus qu'un âpre remède.
La peau sur les os, sous le froid, l'automne sera rude et les feuilles s'en iront drôlement vite. La vie perd de ses couleurs, en même temps que l'on perd des gens. Le cercle se rétrécit comme une pupille en plein jour, sous la fureur d'un éclair déchirant.
Le corps se raidit et se fatigue, il se fige l'instant d'une image, le temps d'une pensée. Il se relâche et hurle de tout son être, sous les eaux des cieux, comme les os des vieux, qui se brisent çà et là.
Les manteaux resteront froids et les mains se taisent au fond des poches. Cette année, elle n'auront pas de partenaire de jeu.
Les bras tremblent comme gronde l'orage soudain,  les épaules sont fades quand on se traîne dans de longues ballades en solitaires.

Pour accuser le coup, pour voir, juste pour voir, les soupirs et les pleurs, les larmes qui nous démasquent, les masques des tragiques, qu'on laisse tomber au bord d'une route. S'éteindre une clope, la cendre qui brûle nos cerveaux, qui s'enfonce au creux d'un coude...

Des pas dans le noir,  sur l'asphalte brillant de la nationale, fouler l'herbe couchée, croiser les lampadaires éteints comme nos vies, se voir dans un reflet et ne rien dire.
Tout se dire, ne rien jurer, tout admettre.

dimanche 31 août 2014

Un air de rien

Les yeux entre ciel et sol, tout va et s'en va, on oublie les adieux, les petits airs de rien. Les nuits sont longues, la fatigue est là, on s'échoue une fois encore dans les estuaires de notre mélancolie.

Se construire une vie sur des paquets de "si" que l'on met bout à bout, pour formuler d'interminables regrets. Tout souffler, se soustraire, tirer des traits sur un chapitre, arracher les pages de son propre livre.

Bougie au vent, se laisser tomber et attendre avant de ramper. Prendre le temps de. L’amphithéâtre est vide aujourd'hui, noyé dans la pâle lumière d'un ciel qui s'efface.  Porter l'espoir à bout de bras, lever les draps pour se voiler la face, constat amer d'un poison qui sévit sous les plaies.

Voyage au désert, des grands airs de solitude, la terre est sèche mais les yeux restent humides. Sur les autoroutes, loin des pensées, de leurs lourds regards, s'en aller comme une âme éparse bien au-dessus des toits.

mardi 26 août 2014

Je ne sais qui tu es.

Sueurs froides dans une nuit aux yeux ouverts, baisser les yeux au sol plutôt que de regarder son reflet dans le miroir, non merci. La chute libre est longue, c'est une course mortelle vers l'impalpable, vers ces cauchemars sans vie, dans un trou sans fond, entre chien et loup, le vent qui glisse entre les doigts, tout lâcher et ne plus espérer.

Je ne voulais pas de tout ça. Dans l'honneur et les larmes, je préfère la souffrance, le menton vers le ciel. Hématomes exhibitionnistes, le désespoir honnête n'éprouve ni peur ni honte du regard des autres. Je préfère silencieusement hisser le drapeau du deuil, plutôt que de soulever l’étendard de l'hypocrisie.

Le corps est tordu, les mains gelées vibrent et se joignent, hurlant dans la veine que cela s'arrête enfin, que la nuit tombe assez longtemps. Au détour d'une clope, attendre au pied des escaliers, les pensées plein la tête, les souvenirs profonds dans le coeur.
Et voir un ami pleurer.

Évoquer les temps, partager les détails les plus insignifiants, dans l'espoir de faire passer une émotion qui brûle, qui tire, tous les jours d'une putain de vie. Baisser les yeux sur soi-même, pour mieux reconnaître les torts. Ne pas s'en vouloir, se dire que souffrance rime avec conscience. Grandir, mûrir, tomber et tout recommencer. Se prendre une baffe. Toujours se relever, au gré des bars et des cafés, dans les complaintes et le cris, s’étouffer dans les alcools, quand l’éther nous ronge un peu plus.

Voilà bien la seule honte que je connaisse.

dimanche 24 août 2014

Vagabond

Sur la route, une fois de plus, après toutes ces années vouées à la voie de l'errance. Mes semelles sont usées, les jambes sont lourdes. Sur les sentiers de la misère, j'ai marché depuis l'aurore. Peu importe le nombre de fois où je me suis retrouvé - ou perdu, c'est selon - le long de ces voies, chaque aventure a été forte, chacun de ces terribles instants ont été durs.

Au boulevard de la solitude, mon coeur s'est fâné à force de trop chercher. Les paupières se baissent comme pour plonger le corps dans la noirceur, mais toute cette pression dans les veines persiste. Au crépuscule d'une aventure, on se surprend à rire et pleurer, une fois l'un, une fois l'autre, parfois les deux en même temps.

Les chemins que j'ai emprunté m'ont conduit au bien comme au mal, ils m'ont enseigné, montré, contraint, terrifié et condamné, tel un poison s'écoulant à tout jamais le long des rivières, répandant le néant jusqu'au profond des océans.

Mon sourire s'est effacé dans la foule insignifiante, au gré des blessures, dans les nuits et les jours, dans les soleils que j'ai tant espéré, dans les amours que je n'ai plus attendu...

mardi 19 août 2014

Rouge Sang.

Tout faire exploser, puis s'en aller...

Ce rêve, je l'ai fait tant de fois. Jamais avec les mêmes motivations, jamais avec la même passion pour cette science de la destruction. Mais je l'ai tant souhaité.
Au gré des hématomes, par-delà les coupures, dans la chair et dans le sang, dans mon âme noire et mes nuits trop blanches, il y a trop d'idées qui bouillonnent.

Ne pas oser. Préméditer. Se sentir lâche. Ne pas s'endormir. Y repenser. Encore et encore, le poing déchiré contre les murs, les jointures et la chair à vif, rouge colère, rouge sang, rouge désespoir.
La couleur de l'émotion que l'on avoue pas. Être trop fier pour. Vouloir le cacher aux autres. Prétendre, une fois de plus, que ce n'est rien. Évoquer des excuses minables...

Saigner pour vider, pour se vider. Laisse couler, faire sortir. Évacuer comme on peut, dans la violence, dans les pertes de contrôle. Ne pas savoir quoi faire, mais le faire le plus fort possible. Processus de dégradation brutale.

dimanche 17 août 2014

Nomads

Malédictions nocturnes, sur le pas de la porte, quelques larmes partaient. L'instant du départ était imprégné d'un certain mysticisme. Que dire, quoi faire, je me rendais compte que mon corps tremblant ne se souvenait plus de comment se mouvoir davantage. Et vint alors ce qui devait arriver. La clé épousait une dernière fois la serrure, sous la lumière des néons de cette cage d'escalier, témoin de la fin du début d'une tragédie...

Je sentais à ce moment-là ces longs couteaux qui ressortaient de mon dos, me laissant des douleurs lancinantes. Dans la nuit sans étoile, j'essuyais mes yeux humides et brûlants, en montant dans la voiture pour ce qui sera un dernier trajet.
J'étais tétanisé. Les mots ne sortaient pas de ma bouche, tant mes dents étaient serrées. Ma gorge crispée contenait en mon être cet abîme lacrymal et ce qu'il me restait de dignité. Mon regard se perdait dans le reflet des rétroviseurs, tandis que nous nous lancions à toute allure dans la nuit, dans le noir, près de ma fin.
La vitre baissée laissait passer un souffle glacial. Dans l'habitacle, la radio crachait des sons que mon cerveau ne captait même plus. Une fois de plus, je me retrouvais sur la route, avec d'autres peines et d'autres pensées. Le bleu de la nuit ensorcelait mes réflexions les plus folles, engouffrées dans une torpeur  momentanée.

Je me voyais mort. Tellement mort, que je finissais par l'espérer de tout mon être. Je pouvais déjà sentir ma chair se faire extraire d'une carcasse encore fumante d'une voiture qui aurait malheureusement fait fausse route dans le noir. Je sentais rugir le moteurs des camions de pompiers, les gyrophares qui venaient zébrer de leur couleurs les façades du quartier et cette chaleur si douce. Un dernier fragment de vie, au moment d'émettre l'ultime râle qui soulage des agonies sans nom que portent les chemins de nos destinées.



Sur les routes

Dans cette interminable houle, sache que j'en garderai des cicatrices au coeur. Des clopes dans la nuit, un soupir, ne plus penser à rien et se coucher pour ne pas s'endormir.
Tu as déjà attendu un avion des heures durant dans un aéroport ? Je l'ai fait toute ma vie. J'ai tant attendu, tant espéré. J'ai attendu qu'arrive la fin, que le jour ne se lève plus jamais.

A pleine vitesse sur les autoroutes d'un mal-être humiliant, je priais pour un carnage mortel. A toute allure, mes pensées défilent, laissant à mes yeux délavés un regard amer.
Laisse-moi m'échapper d'ici.

Tu y crois toi, qu'un jour, on se retrouvera dans les nuages, dans ces étendues d'un bleu vide, qu'on sera enfin en paix ?
Je nous vois encore. Il y a toi, il y a moi, marchant dans les silences de la tristesse. Le long de l'eau, se laisser aller. Être trop triste pour ouvrir sa gueule. Être trop ému pour s'en aller...

dimanche 13 juillet 2014

Fin de nuit.

Supporter le poids du corps, avancer, reculer, je l'ai fait tant de fois déjà. La fatigue imprimée dans les chairs, les carences dans le sang, tout ça ne présage rien qui vaille. Entrevoir la fin des jours, les lunes infinies, se coucher une dernière fois, la tête pesante.
Le calme plat des eaux se mêle au crépuscule de notre temps. Une larme, une phrase, un bout de papier plein d'émotions, tout ça foutu en l'air. La magie des rencontres, le souffle divin des anges, au bout de la rue, loin dans les soirées des débauches, de débauchée en débauchée, croiser le regard des catins, de la charogne qui guette.
Les bas effilés, les alcools qui nous parlent, l'éther dans nos systèmes, des galaxies de rien. Des artifices, sur les bouches des putes, le rouge qui palpite. La pupille dilatée, le coeur à vif, l'ivresse est de mise, au fond des rues froides on se chauffe, toi et moi sous les lueurs, les tombeaux se rapprochent, tant que le venin rampe.
La lumière chaude des lampadaires, l'orangé brûlant le bitume, au détour des clopes on consume nos amours à tour de rein, à tour de rien. De corps en corps, bien au-delà des folies de passage, la détresse d'une victime des poudres, de la C, du K qu'on s'envoie au hasard.
Le silence des brumes terrifie nos réveils, le matin, quand tout s'est effacé. Les esquisses colorées sous la peau se portent avec pudeur, la couleur délicate et fade ne finit pas de changer.

A Poem For D.

Prendre part à la fin des temps, à la fin d'un nous
Parfois la vie nous joue de mauvais tours
Nous laisse sans espoir au point de non retour
Comme si la mort avait une faim de loup

Tes yeux, tes beaux qui implorent le pardon
Impuissants et beaux, aux portes de mes orbites
La gorge terrible qui se sert, le cœur noir qui palpite
Ce jugement est nôtre, telle est notre sanction

Sûr que le Boucher viendra pour nous
Que les hommes prennent pitié de voir en moi le courroux
Ainsi en ce jour de pluie m'abandonne mon pouls
A l'heure de rendre l'âme, splendides, accrochez-vous

Le funeste râle de ma longue agonie
Ô si douce et précieuse pensée vengeresse
Épousera ton être comme une mortelle caresse
Et viendra malicieuse, cauchemarder vos nuits.

mardi 10 juin 2014

I will never bother you.

 Je te sens, je t'ai là, profondément ancré sous mes cicatrices. Tu me dégueules, tu me souffres, je tremble un peu aussi. Occasion occulte d'une ultime évasion, paradis aux cachets, cachot au chaos, je t'en prie, libère-moi donc.

Tu es là, je suis où ? Tu t'en vas, je suis saoul, mais qu'attends-tu de moi ? Les lames parlent plus que les larmes et mes drames, éméché, la mèche est allumée, loin dans les soirées, même plus le temps de rêver.

Sang séché sur les plaies, je vis sans sécher mes larmes car elles roulent trop vite le long des joues, comme les bolides sur l'autoroute. Les temps qui passent, les jours de pluie, sous les tentures des cafés, les teintures à mon cœur n'ont plus le goût de rien.

Hématomes jaunis, le bitume à foison, sur le chemin du retour, la tête baissée le paysage défile net. Ce soir je donne l'alarme, je défie la lame, le long du rasoir j'effile mon âme. Les peines ne durent pas quand les nouveaux jours de nuit arrivent.

Univers personnel, l'artificiel dépend de la posologie.

lundi 9 juin 2014

Cachets.

Dans la nuit, au plus profond de la tiédeur du vent, quand le soleil s'en est allé bien loin, l'esprit fond, ne tient plus en place. Un sentiment de vide immense s'empare de la nuit, alors les dés sont jetés.
Je voudrais te dire de venir m'aider, de me comprendre ou juste de m'écouter, mais ce soir, tu n'es même pas là.
Je voudrais que tu me protèges de moi, de mes longues nuits sans sommeil, quand les  larmes me montent au bord de mes yeux fatigués.

Quand toutes ces étoiles brillent dans mon ciel rouge et si lointain, je me sens orphelin. Comme un gosse qu'on n'aurait pas écouté.
Comme un adulte qui aurait grandit bien trop vite, qui en aurait vu bien trop.

Car les chemins sont nombreux, et nos aventures aussi. A voyager de drame en drame, on apprend beaucoup. Mais cette quête purificatrice aurait dû se faire en douceur...

Et encore un fois, je m'endors, et puis je recommence.

Rien ne change jamais.

mercredi 4 juin 2014

C'est arrivé il y a des mois. Et je revis chaque seconde de ce face à face. Je ne vis plus depuis six mois déjà.
Cette nuit, les ondes radio s'agitent. Ils ont besoin de moi, je dois me rendre sur place. J’appréhende, mes mains tremblent un peu. Depuis l'incident, je ne conduis plus. C'est mon collègue qui tient le volant. Je ferme les yeux, je me concentre. Il faut que j'indique les consignes, qu'une fois sur place, nous soyons prêts.
Mentalement, je me prépare et me détruis à la fois. Ça en devient terrible.
Je me concentre sur le paysage qui défile. Quand la voiture s'arrête, mon sang se glace.

Il fait nuit, et la rue où nous sommes est mal éclairée. Il pleut très fort, la route est détrempée. Les gyrophares zèbrent les murs de leur bleu aveuglant. De nombreux témoins assistent, curieux, à la scène...

jeudi 22 mai 2014

Trajectoires.

La peur sur les os, lambeaux de mémoire qui s'effilent au gré des jours, le long des nuits. Elle avance, un pas après l'autre, entre tigres et serpents. Elle ne connaît rien de sa destination, elle avance, c'est tout.
L'obscurité est longue, les étoiles n'ont plus rien à dire, à court de salive. C'est le doute et le désespoir qui font qu'elle reste éveillée jusqu'au matin.
Elle ne dormira pas non plus le jour d'après.

Jane aurait pu mourir mille fois encore, mais son petit corps, filiforme et courbé ne lui accordait pas ce réconfort morbide.

jeudi 15 mai 2014

Routine

Un souffle, le pluie qui tombe, le temps qui s'effile, complainte sordide d'une nuit de stress.

Dans le fond des bouteilles, loin dans les cendriers, évasion futile d'une dernière nuit blanche.

Les yeux qui brûlent, le corps en souffrance, le froid sous la peau, une soirée de fin de semaine qu'on passe seul.

Je suis heureux que tu aies éclairé mon chemin. Et l'instant d'après, j'oublie absolument tout.
Ne m'en veux pas.

Un chat dans la nuit, patte de velours, voleurs à la tire, sommeil à la traîne, je tremble un peu.