Les yeux entre ciel et sol, tout va et s'en va, on oublie les adieux, les petits airs de rien. Les nuits sont longues, la fatigue est là, on s'échoue une fois encore dans les estuaires de notre mélancolie.
Se construire une vie sur des paquets de "si" que l'on met bout à bout, pour formuler d'interminables regrets. Tout souffler, se soustraire, tirer des traits sur un chapitre, arracher les pages de son propre livre.
Bougie au vent, se laisser tomber et attendre avant de ramper. Prendre le temps de. L’amphithéâtre est vide aujourd'hui, noyé dans la pâle lumière d'un ciel qui s'efface. Porter l'espoir à bout de bras, lever les draps pour se voiler la face, constat amer d'un poison qui sévit sous les plaies.
Voyage au désert, des grands airs de solitude, la terre est sèche mais les yeux restent humides. Sur les autoroutes, loin des pensées, de leurs lourds regards, s'en aller comme une âme éparse bien au-dessus des toits.
dimanche 31 août 2014
mardi 26 août 2014
Je ne sais qui tu es.
Sueurs froides dans une nuit aux yeux ouverts, baisser les yeux au sol plutôt que de regarder son reflet dans le miroir, non merci. La chute libre est longue, c'est une course mortelle vers l'impalpable, vers ces cauchemars sans vie, dans un trou sans fond, entre chien et loup, le vent qui glisse entre les doigts, tout lâcher et ne plus espérer.
Je ne voulais pas de tout ça. Dans l'honneur et les larmes, je préfère la souffrance, le menton vers le ciel. Hématomes exhibitionnistes, le désespoir honnête n'éprouve ni peur ni honte du regard des autres. Je préfère silencieusement hisser le drapeau du deuil, plutôt que de soulever l’étendard de l'hypocrisie.
Le corps est tordu, les mains gelées vibrent et se joignent, hurlant dans la veine que cela s'arrête enfin, que la nuit tombe assez longtemps. Au détour d'une clope, attendre au pied des escaliers, les pensées plein la tête, les souvenirs profonds dans le coeur.
Et voir un ami pleurer.
Évoquer les temps, partager les détails les plus insignifiants, dans l'espoir de faire passer une émotion qui brûle, qui tire, tous les jours d'une putain de vie. Baisser les yeux sur soi-même, pour mieux reconnaître les torts. Ne pas s'en vouloir, se dire que souffrance rime avec conscience. Grandir, mûrir, tomber et tout recommencer. Se prendre une baffe. Toujours se relever, au gré des bars et des cafés, dans les complaintes et le cris, s’étouffer dans les alcools, quand l’éther nous ronge un peu plus.
Voilà bien la seule honte que je connaisse.
Je ne voulais pas de tout ça. Dans l'honneur et les larmes, je préfère la souffrance, le menton vers le ciel. Hématomes exhibitionnistes, le désespoir honnête n'éprouve ni peur ni honte du regard des autres. Je préfère silencieusement hisser le drapeau du deuil, plutôt que de soulever l’étendard de l'hypocrisie.
Le corps est tordu, les mains gelées vibrent et se joignent, hurlant dans la veine que cela s'arrête enfin, que la nuit tombe assez longtemps. Au détour d'une clope, attendre au pied des escaliers, les pensées plein la tête, les souvenirs profonds dans le coeur.
Et voir un ami pleurer.
Évoquer les temps, partager les détails les plus insignifiants, dans l'espoir de faire passer une émotion qui brûle, qui tire, tous les jours d'une putain de vie. Baisser les yeux sur soi-même, pour mieux reconnaître les torts. Ne pas s'en vouloir, se dire que souffrance rime avec conscience. Grandir, mûrir, tomber et tout recommencer. Se prendre une baffe. Toujours se relever, au gré des bars et des cafés, dans les complaintes et le cris, s’étouffer dans les alcools, quand l’éther nous ronge un peu plus.
Voilà bien la seule honte que je connaisse.
dimanche 24 août 2014
Vagabond
Sur la route, une fois de plus, après toutes ces années vouées à la voie de l'errance. Mes semelles sont usées, les jambes sont lourdes. Sur les sentiers de la misère, j'ai marché depuis l'aurore. Peu importe le nombre de fois où je me suis retrouvé - ou perdu, c'est selon - le long de ces voies, chaque aventure a été forte, chacun de ces terribles instants ont été durs.
Au boulevard de la solitude, mon coeur s'est fâné à force de trop chercher. Les paupières se baissent comme pour plonger le corps dans la noirceur, mais toute cette pression dans les veines persiste. Au crépuscule d'une aventure, on se surprend à rire et pleurer, une fois l'un, une fois l'autre, parfois les deux en même temps.
Les chemins que j'ai emprunté m'ont conduit au bien comme au mal, ils m'ont enseigné, montré, contraint, terrifié et condamné, tel un poison s'écoulant à tout jamais le long des rivières, répandant le néant jusqu'au profond des océans.
Mon sourire s'est effacé dans la foule insignifiante, au gré des blessures, dans les nuits et les jours, dans les soleils que j'ai tant espéré, dans les amours que je n'ai plus attendu...
Au boulevard de la solitude, mon coeur s'est fâné à force de trop chercher. Les paupières se baissent comme pour plonger le corps dans la noirceur, mais toute cette pression dans les veines persiste. Au crépuscule d'une aventure, on se surprend à rire et pleurer, une fois l'un, une fois l'autre, parfois les deux en même temps.
Les chemins que j'ai emprunté m'ont conduit au bien comme au mal, ils m'ont enseigné, montré, contraint, terrifié et condamné, tel un poison s'écoulant à tout jamais le long des rivières, répandant le néant jusqu'au profond des océans.
Mon sourire s'est effacé dans la foule insignifiante, au gré des blessures, dans les nuits et les jours, dans les soleils que j'ai tant espéré, dans les amours que je n'ai plus attendu...
mardi 19 août 2014
Rouge Sang.
Tout faire exploser, puis s'en aller...
Ce rêve, je l'ai fait tant de fois. Jamais avec les mêmes motivations, jamais avec la même passion pour cette science de la destruction. Mais je l'ai tant souhaité.
Au gré des hématomes, par-delà les coupures, dans la chair et dans le sang, dans mon âme noire et mes nuits trop blanches, il y a trop d'idées qui bouillonnent.
Ne pas oser. Préméditer. Se sentir lâche. Ne pas s'endormir. Y repenser. Encore et encore, le poing déchiré contre les murs, les jointures et la chair à vif, rouge colère, rouge sang, rouge désespoir.
La couleur de l'émotion que l'on avoue pas. Être trop fier pour. Vouloir le cacher aux autres. Prétendre, une fois de plus, que ce n'est rien. Évoquer des excuses minables...
Saigner pour vider, pour se vider. Laisse couler, faire sortir. Évacuer comme on peut, dans la violence, dans les pertes de contrôle. Ne pas savoir quoi faire, mais le faire le plus fort possible. Processus de dégradation brutale.
Ce rêve, je l'ai fait tant de fois. Jamais avec les mêmes motivations, jamais avec la même passion pour cette science de la destruction. Mais je l'ai tant souhaité.
Au gré des hématomes, par-delà les coupures, dans la chair et dans le sang, dans mon âme noire et mes nuits trop blanches, il y a trop d'idées qui bouillonnent.
Ne pas oser. Préméditer. Se sentir lâche. Ne pas s'endormir. Y repenser. Encore et encore, le poing déchiré contre les murs, les jointures et la chair à vif, rouge colère, rouge sang, rouge désespoir.
La couleur de l'émotion que l'on avoue pas. Être trop fier pour. Vouloir le cacher aux autres. Prétendre, une fois de plus, que ce n'est rien. Évoquer des excuses minables...
Saigner pour vider, pour se vider. Laisse couler, faire sortir. Évacuer comme on peut, dans la violence, dans les pertes de contrôle. Ne pas savoir quoi faire, mais le faire le plus fort possible. Processus de dégradation brutale.
dimanche 17 août 2014
Nomads
Malédictions nocturnes, sur le pas de la porte, quelques larmes partaient. L'instant du départ était imprégné d'un certain mysticisme. Que dire, quoi faire, je me rendais compte que mon corps tremblant ne se souvenait plus de comment se mouvoir davantage. Et vint alors ce qui devait arriver. La clé épousait une dernière fois la serrure, sous la lumière des néons de cette cage d'escalier, témoin de la fin du début d'une tragédie...
Je sentais à ce moment-là ces longs couteaux qui ressortaient de mon dos, me laissant des douleurs lancinantes. Dans la nuit sans étoile, j'essuyais mes yeux humides et brûlants, en montant dans la voiture pour ce qui sera un dernier trajet.
J'étais tétanisé. Les mots ne sortaient pas de ma bouche, tant mes dents étaient serrées. Ma gorge crispée contenait en mon être cet abîme lacrymal et ce qu'il me restait de dignité. Mon regard se perdait dans le reflet des rétroviseurs, tandis que nous nous lancions à toute allure dans la nuit, dans le noir, près de ma fin.
La vitre baissée laissait passer un souffle glacial. Dans l'habitacle, la radio crachait des sons que mon cerveau ne captait même plus. Une fois de plus, je me retrouvais sur la route, avec d'autres peines et d'autres pensées. Le bleu de la nuit ensorcelait mes réflexions les plus folles, engouffrées dans une torpeur momentanée.
Je me voyais mort. Tellement mort, que je finissais par l'espérer de tout mon être. Je pouvais déjà sentir ma chair se faire extraire d'une carcasse encore fumante d'une voiture qui aurait malheureusement fait fausse route dans le noir. Je sentais rugir le moteurs des camions de pompiers, les gyrophares qui venaient zébrer de leur couleurs les façades du quartier et cette chaleur si douce. Un dernier fragment de vie, au moment d'émettre l'ultime râle qui soulage des agonies sans nom que portent les chemins de nos destinées.
Je sentais à ce moment-là ces longs couteaux qui ressortaient de mon dos, me laissant des douleurs lancinantes. Dans la nuit sans étoile, j'essuyais mes yeux humides et brûlants, en montant dans la voiture pour ce qui sera un dernier trajet.
J'étais tétanisé. Les mots ne sortaient pas de ma bouche, tant mes dents étaient serrées. Ma gorge crispée contenait en mon être cet abîme lacrymal et ce qu'il me restait de dignité. Mon regard se perdait dans le reflet des rétroviseurs, tandis que nous nous lancions à toute allure dans la nuit, dans le noir, près de ma fin.
La vitre baissée laissait passer un souffle glacial. Dans l'habitacle, la radio crachait des sons que mon cerveau ne captait même plus. Une fois de plus, je me retrouvais sur la route, avec d'autres peines et d'autres pensées. Le bleu de la nuit ensorcelait mes réflexions les plus folles, engouffrées dans une torpeur momentanée.
Je me voyais mort. Tellement mort, que je finissais par l'espérer de tout mon être. Je pouvais déjà sentir ma chair se faire extraire d'une carcasse encore fumante d'une voiture qui aurait malheureusement fait fausse route dans le noir. Je sentais rugir le moteurs des camions de pompiers, les gyrophares qui venaient zébrer de leur couleurs les façades du quartier et cette chaleur si douce. Un dernier fragment de vie, au moment d'émettre l'ultime râle qui soulage des agonies sans nom que portent les chemins de nos destinées.
Sur les routes
Dans cette interminable houle, sache que j'en garderai des cicatrices au coeur. Des clopes dans la nuit, un soupir, ne plus penser à rien et se coucher pour ne pas s'endormir.
Tu as déjà attendu un avion des heures durant dans un aéroport ? Je l'ai fait toute ma vie. J'ai tant attendu, tant espéré. J'ai attendu qu'arrive la fin, que le jour ne se lève plus jamais.
A pleine vitesse sur les autoroutes d'un mal-être humiliant, je priais pour un carnage mortel. A toute allure, mes pensées défilent, laissant à mes yeux délavés un regard amer.
Laisse-moi m'échapper d'ici.
Tu y crois toi, qu'un jour, on se retrouvera dans les nuages, dans ces étendues d'un bleu vide, qu'on sera enfin en paix ?
Je nous vois encore. Il y a toi, il y a moi, marchant dans les silences de la tristesse. Le long de l'eau, se laisser aller. Être trop triste pour ouvrir sa gueule. Être trop ému pour s'en aller...
Tu as déjà attendu un avion des heures durant dans un aéroport ? Je l'ai fait toute ma vie. J'ai tant attendu, tant espéré. J'ai attendu qu'arrive la fin, que le jour ne se lève plus jamais.
A pleine vitesse sur les autoroutes d'un mal-être humiliant, je priais pour un carnage mortel. A toute allure, mes pensées défilent, laissant à mes yeux délavés un regard amer.
Laisse-moi m'échapper d'ici.
Tu y crois toi, qu'un jour, on se retrouvera dans les nuages, dans ces étendues d'un bleu vide, qu'on sera enfin en paix ?
Je nous vois encore. Il y a toi, il y a moi, marchant dans les silences de la tristesse. Le long de l'eau, se laisser aller. Être trop triste pour ouvrir sa gueule. Être trop ému pour s'en aller...
dimanche 13 juillet 2014
Fin de nuit.
Supporter le poids du corps, avancer, reculer, je l'ai fait tant de fois déjà. La fatigue imprimée dans les chairs, les carences dans le sang, tout ça ne présage rien qui vaille. Entrevoir la fin des jours, les lunes infinies, se coucher une dernière fois, la tête pesante.
Le calme plat des eaux se mêle au crépuscule de notre temps. Une larme, une phrase, un bout de papier plein d'émotions, tout ça foutu en l'air. La magie des rencontres, le souffle divin des anges, au bout de la rue, loin dans les soirées des débauches, de débauchée en débauchée, croiser le regard des catins, de la charogne qui guette.
Les bas effilés, les alcools qui nous parlent, l'éther dans nos systèmes, des galaxies de rien. Des artifices, sur les bouches des putes, le rouge qui palpite. La pupille dilatée, le coeur à vif, l'ivresse est de mise, au fond des rues froides on se chauffe, toi et moi sous les lueurs, les tombeaux se rapprochent, tant que le venin rampe.
La lumière chaude des lampadaires, l'orangé brûlant le bitume, au détour des clopes on consume nos amours à tour de rein, à tour de rien. De corps en corps, bien au-delà des folies de passage, la détresse d'une victime des poudres, de la C, du K qu'on s'envoie au hasard.
Le silence des brumes terrifie nos réveils, le matin, quand tout s'est effacé. Les esquisses colorées sous la peau se portent avec pudeur, la couleur délicate et fade ne finit pas de changer.
Le calme plat des eaux se mêle au crépuscule de notre temps. Une larme, une phrase, un bout de papier plein d'émotions, tout ça foutu en l'air. La magie des rencontres, le souffle divin des anges, au bout de la rue, loin dans les soirées des débauches, de débauchée en débauchée, croiser le regard des catins, de la charogne qui guette.
Les bas effilés, les alcools qui nous parlent, l'éther dans nos systèmes, des galaxies de rien. Des artifices, sur les bouches des putes, le rouge qui palpite. La pupille dilatée, le coeur à vif, l'ivresse est de mise, au fond des rues froides on se chauffe, toi et moi sous les lueurs, les tombeaux se rapprochent, tant que le venin rampe.
La lumière chaude des lampadaires, l'orangé brûlant le bitume, au détour des clopes on consume nos amours à tour de rein, à tour de rien. De corps en corps, bien au-delà des folies de passage, la détresse d'une victime des poudres, de la C, du K qu'on s'envoie au hasard.
Le silence des brumes terrifie nos réveils, le matin, quand tout s'est effacé. Les esquisses colorées sous la peau se portent avec pudeur, la couleur délicate et fade ne finit pas de changer.
A Poem For D.
Prendre part à la fin des temps, à la fin d'un nous
Parfois la vie nous joue de mauvais tours
Nous laisse sans espoir au point de non retour
Comme si la mort avait une faim de loup
Tes yeux, tes beaux qui implorent le pardon
Impuissants et beaux, aux portes de mes orbites
La gorge terrible qui se sert, le cœur noir qui palpite
Ce jugement est nôtre, telle est notre sanction
Sûr que le Boucher viendra pour nous
Que les hommes prennent pitié de voir en moi le courroux
Ainsi en ce jour de pluie m'abandonne mon pouls
A l'heure de rendre l'âme, splendides, accrochez-vous
Le funeste râle de ma longue agonie
Ô si douce et précieuse pensée vengeresse
Épousera ton être comme une mortelle caresse
Et viendra malicieuse, cauchemarder vos nuits.
Parfois la vie nous joue de mauvais tours
Nous laisse sans espoir au point de non retour
Comme si la mort avait une faim de loup
Tes yeux, tes beaux qui implorent le pardon
Impuissants et beaux, aux portes de mes orbites
La gorge terrible qui se sert, le cœur noir qui palpite
Ce jugement est nôtre, telle est notre sanction
Sûr que le Boucher viendra pour nous
Que les hommes prennent pitié de voir en moi le courroux
Ainsi en ce jour de pluie m'abandonne mon pouls
A l'heure de rendre l'âme, splendides, accrochez-vous
Le funeste râle de ma longue agonie
Ô si douce et précieuse pensée vengeresse
Épousera ton être comme une mortelle caresse
Et viendra malicieuse, cauchemarder vos nuits.
mardi 10 juin 2014
I will never bother you.
Je te sens, je t'ai là, profondément ancré sous mes cicatrices. Tu me dégueules, tu me souffres, je tremble un peu aussi. Occasion occulte d'une ultime évasion, paradis aux cachets, cachot au chaos, je t'en prie, libère-moi donc.
Tu es là, je suis où ? Tu t'en vas, je suis saoul, mais qu'attends-tu de moi ? Les lames parlent plus que les larmes et mes drames, éméché, la mèche est allumée, loin dans les soirées, même plus le temps de rêver.
Sang séché sur les plaies, je vis sans sécher mes larmes car elles roulent trop vite le long des joues, comme les bolides sur l'autoroute. Les temps qui passent, les jours de pluie, sous les tentures des cafés, les teintures à mon cœur n'ont plus le goût de rien.
Hématomes jaunis, le bitume à foison, sur le chemin du retour, la tête baissée le paysage défile net. Ce soir je donne l'alarme, je défie la lame, le long du rasoir j'effile mon âme. Les peines ne durent pas quand les nouveaux jours de nuit arrivent.
Univers personnel, l'artificiel dépend de la posologie.
Tu es là, je suis où ? Tu t'en vas, je suis saoul, mais qu'attends-tu de moi ? Les lames parlent plus que les larmes et mes drames, éméché, la mèche est allumée, loin dans les soirées, même plus le temps de rêver.
Sang séché sur les plaies, je vis sans sécher mes larmes car elles roulent trop vite le long des joues, comme les bolides sur l'autoroute. Les temps qui passent, les jours de pluie, sous les tentures des cafés, les teintures à mon cœur n'ont plus le goût de rien.
Hématomes jaunis, le bitume à foison, sur le chemin du retour, la tête baissée le paysage défile net. Ce soir je donne l'alarme, je défie la lame, le long du rasoir j'effile mon âme. Les peines ne durent pas quand les nouveaux jours de nuit arrivent.
Univers personnel, l'artificiel dépend de la posologie.
lundi 9 juin 2014
Cachets.
Dans la nuit, au plus profond de la tiédeur du vent, quand le soleil s'en est allé bien loin, l'esprit fond, ne tient plus en place. Un sentiment de vide immense s'empare de la nuit, alors les dés sont jetés.
Je voudrais te dire de venir m'aider, de me comprendre ou juste de m'écouter, mais ce soir, tu n'es même pas là.
Je voudrais que tu me protèges de moi, de mes longues nuits sans sommeil, quand les larmes me montent au bord de mes yeux fatigués.
Quand toutes ces étoiles brillent dans mon ciel rouge et si lointain, je me sens orphelin. Comme un gosse qu'on n'aurait pas écouté.
Comme un adulte qui aurait grandit bien trop vite, qui en aurait vu bien trop.
Car les chemins sont nombreux, et nos aventures aussi. A voyager de drame en drame, on apprend beaucoup. Mais cette quête purificatrice aurait dû se faire en douceur...
Et encore un fois, je m'endors, et puis je recommence.
Rien ne change jamais.
Je voudrais te dire de venir m'aider, de me comprendre ou juste de m'écouter, mais ce soir, tu n'es même pas là.
Je voudrais que tu me protèges de moi, de mes longues nuits sans sommeil, quand les larmes me montent au bord de mes yeux fatigués.
Quand toutes ces étoiles brillent dans mon ciel rouge et si lointain, je me sens orphelin. Comme un gosse qu'on n'aurait pas écouté.
Comme un adulte qui aurait grandit bien trop vite, qui en aurait vu bien trop.
Car les chemins sont nombreux, et nos aventures aussi. A voyager de drame en drame, on apprend beaucoup. Mais cette quête purificatrice aurait dû se faire en douceur...
Et encore un fois, je m'endors, et puis je recommence.
Rien ne change jamais.
mercredi 4 juin 2014
C'est arrivé il y a des mois. Et je revis chaque seconde de ce face à face. Je ne vis plus depuis six mois déjà.
Cette nuit, les ondes radio s'agitent. Ils ont besoin de moi, je dois me rendre sur place. J’appréhende, mes mains tremblent un peu. Depuis l'incident, je ne conduis plus. C'est mon collègue qui tient le volant. Je ferme les yeux, je me concentre. Il faut que j'indique les consignes, qu'une fois sur place, nous soyons prêts.
Mentalement, je me prépare et me détruis à la fois. Ça en devient terrible.
Je me concentre sur le paysage qui défile. Quand la voiture s'arrête, mon sang se glace.
Il fait nuit, et la rue où nous sommes est mal éclairée. Il pleut très fort, la route est détrempée. Les gyrophares zèbrent les murs de leur bleu aveuglant. De nombreux témoins assistent, curieux, à la scène...
Cette nuit, les ondes radio s'agitent. Ils ont besoin de moi, je dois me rendre sur place. J’appréhende, mes mains tremblent un peu. Depuis l'incident, je ne conduis plus. C'est mon collègue qui tient le volant. Je ferme les yeux, je me concentre. Il faut que j'indique les consignes, qu'une fois sur place, nous soyons prêts.
Mentalement, je me prépare et me détruis à la fois. Ça en devient terrible.
Je me concentre sur le paysage qui défile. Quand la voiture s'arrête, mon sang se glace.
Il fait nuit, et la rue où nous sommes est mal éclairée. Il pleut très fort, la route est détrempée. Les gyrophares zèbrent les murs de leur bleu aveuglant. De nombreux témoins assistent, curieux, à la scène...
jeudi 22 mai 2014
Trajectoires.
La peur sur les os, lambeaux de mémoire qui s'effilent au gré des jours, le long des nuits. Elle avance, un pas après l'autre, entre tigres et serpents. Elle ne connaît rien de sa destination, elle avance, c'est tout.
L'obscurité est longue, les étoiles n'ont plus rien à dire, à court de salive. C'est le doute et le désespoir qui font qu'elle reste éveillée jusqu'au matin.
Elle ne dormira pas non plus le jour d'après.
Jane aurait pu mourir mille fois encore, mais son petit corps, filiforme et courbé ne lui accordait pas ce réconfort morbide.
L'obscurité est longue, les étoiles n'ont plus rien à dire, à court de salive. C'est le doute et le désespoir qui font qu'elle reste éveillée jusqu'au matin.
Elle ne dormira pas non plus le jour d'après.
Jane aurait pu mourir mille fois encore, mais son petit corps, filiforme et courbé ne lui accordait pas ce réconfort morbide.
jeudi 15 mai 2014
Routine
Un souffle, le pluie qui tombe, le temps qui s'effile, complainte sordide d'une nuit de stress.
Dans le fond des bouteilles, loin dans les cendriers, évasion futile d'une dernière nuit blanche.
Les yeux qui brûlent, le corps en souffrance, le froid sous la peau, une soirée de fin de semaine qu'on passe seul.
Je suis heureux que tu aies éclairé mon chemin. Et l'instant d'après, j'oublie absolument tout.
Ne m'en veux pas.
Un chat dans la nuit, patte de velours, voleurs à la tire, sommeil à la traîne, je tremble un peu.
Dans le fond des bouteilles, loin dans les cendriers, évasion futile d'une dernière nuit blanche.
Les yeux qui brûlent, le corps en souffrance, le froid sous la peau, une soirée de fin de semaine qu'on passe seul.
Je suis heureux que tu aies éclairé mon chemin. Et l'instant d'après, j'oublie absolument tout.
Ne m'en veux pas.
Un chat dans la nuit, patte de velours, voleurs à la tire, sommeil à la traîne, je tremble un peu.
mercredi 23 avril 2014
Paysage
Sol asséché comme les yeux d'un vieux qui a trop vécu, les arbres se sont couchés après le passage d'un vent destructeur. Le ciel est indécis, les astres s'interrogent sur le désastre.
"Dites-moi, pourquoi ?"
C'est tout ce que voulait savoir ce brave homme, la pelle à la main, pensant être capable d'effacer les peines, de refaire les ruines, redessiner les rivières, tout ce qu'il souhaitait avoir, c'était une simple réponse.
Tout s'est arrêté ici, mais le calendrier défile, comme des fils de soie qui défient le vent. Chacun sa manière, on fait le deuil d'une vie de débris, on sent bien qu'il est inutile de recoller les morceaux. Les plaies au coeur sont profondes, à couper le souffle comme un coup au foie.
La vie a été anéantie, encore une fois, comme sous les bottes des militaires martelant les champs et les sentiers, de leur gauche-droite-gauche-droite monotone. Le hurlement du tonnerre fait moins peur que le chant des bombes.
Petit bout de texte anti-personnel, écrit avec la mine d'un stylo.
"Dites-moi, pourquoi ?"
C'est tout ce que voulait savoir ce brave homme, la pelle à la main, pensant être capable d'effacer les peines, de refaire les ruines, redessiner les rivières, tout ce qu'il souhaitait avoir, c'était une simple réponse.
Tout s'est arrêté ici, mais le calendrier défile, comme des fils de soie qui défient le vent. Chacun sa manière, on fait le deuil d'une vie de débris, on sent bien qu'il est inutile de recoller les morceaux. Les plaies au coeur sont profondes, à couper le souffle comme un coup au foie.
La vie a été anéantie, encore une fois, comme sous les bottes des militaires martelant les champs et les sentiers, de leur gauche-droite-gauche-droite monotone. Le hurlement du tonnerre fait moins peur que le chant des bombes.
Petit bout de texte anti-personnel, écrit avec la mine d'un stylo.
mercredi 16 avril 2014
Pesée
Le poids que fait un homme ne s'exprime pas en kilos, mais il est le résultat d'une équation complexe. Il s'agit de la qualité de ses rencontres, des liens qu'il aura tissé, jamais de son porte-monnaie. Il se pèse en amour, en haine, lorsque l'on voit ses vrais amis, ceux d'une vie qui est derrière lui.
Ce n'est pas le poids de son corps, mais le poids de ses actes.
mercredi 19 mars 2014
Noyade
Je ne sais pas pourquoi moi. Je sais juste que c'est arrivé. C'est dans ces moments-là que je pense à mon frère. Ou à ma sœur. Enfin, je sais plus, j'en n'ai jamais eu de toute manière. Le plus important, c'est que je les aurais aimé. C'est à eux que je pense quand le bateau coule. Pendant les fêtes, ou les longues nuits de l'hiver, quand mon cœur est engourdi.
Tu le sais aussi bien que moi, l'amour est aussi beau que blessant, car il fait mal quand il est là, mais il nous déchire quand il ne l'est plus. On veut le connaître, on veut l'avoir, mais on veut tellement de choses dans une vie. C'est un caprice, un désir de perfection.
Et moi dans tout ça, dans ces moments de larmes et de solitude, je suis perdu. Dis-moi où on va, parce que moi, je n'en sais rien. Je l'aime, je la hais, je suis détruit de l'intérieur, je ne tiendrai pas longtemps. Autant de "je" pour pointer du doigt un "ça" qui fait tellement mal, qui ronge, tous les jours un peu plus.
Quand elle ne me comprend pas, quand elle s'en va sans rien dire, quand son sourire se décide à mourir, quand j'attends qu'elle me protège, mon monde s'écroule, je meurs un peu, quelque part. Mes nuits se rallongent. Elles commencent toutes, mais je ne les vois jamais se finir. Ces longues courbes, le froid livide du matin, les lueurs pâles, ces lumières planantes et morbides à la fois, moi je ne vois rien venir...
Excuse-moi d'insister, de me taire, d'être ce que je suis. Comprends-moi: j'en ai marre de mourir. De me voir mourir, toujours un peu plus, mais si lentement. Peut-être bien que la solitude est un délire d'égoïste, parce que ça ne se partage pas... Et moi, je refuse de te laisser mourir. J'ai attendu tellement longtemps. Je voudrais simplement savoir ce que font les gens normaux dans ma situations. Y'a-t-il quelqu'un qui pourrait être à a place ? Ma peine est lourde sur mon dos, mais il semblerait que ce fardeau ne se partage pas.
Et puis il y a l'écriture. On cherche une solution, ou juste un exutoire. De quoi s'enfuir un instant, s'échapper. Parfois ça marche, d'autres pas. Encore faut-il trouver les mots. Il n'y en a pas d'assez forts pour expliquer ces entailles au poignet. Il n'y en a pas d'assez longs pour décrire ces interminables nuits sans sommeil. Il n'y en a pas d'assez tristes pour écrire mes peines. Il n'y en a pas d'assez morts pour dénoncer ce cœur en cendres.
Leitmotiv d'un être malade de ses émotions.
J'ai froid. Je suis là dans la nuit, à traverser l'obscurité et l'épais brouillard, au bord de la route, j'ai les mains gelées et les idées qui défilent à mille à l'heure. Mais l'écriture est comme un véhicule, qui nous transporte d'âme en âme, nous conduit de rêve en rêve. J?aimerais moi aussi savoir faire cela. Malheureusement, je ne resterai qu'un brouillon, et mon véhicule une stupide ébauche ratée...
La seule chose dont je ne doute pas, c'est que je doute. Je me demande tout ça, je me pose tant de questions. Je n'arrive pas à définir les limites de cette hypocrisie planante. Entre l'amour et la haine, ce qui se dit, ce qui se tait. Je voudrais savoir encore, ce que je vais pouvoir lui dire, et ce que je vais ravaler. Combien de temps resterais-je muet ? Mes larmes discrètes et silencieuses parlent à ma place. Est-ce que tu peux croire à tout ça, dis ? Tout ça est trop grand, c'est immense. Je suis complètement paumé, à la dérive. Est-ce que tu peux y croire, dis ?
Est-ce que c'est trop dur de croire un gamin qui a grandi trop vite...
vendredi 7 mars 2014
Old things, sad things...
Si je devais t’écrire une lettre, je commencerais par faire un banal résumé, l’ébauche de quelques pensées qui me traversent l’esprit à ce moment de mon existence.
Je me dirais alors qu’au final, tu as arraché une partie de mon âme, que tu m’as délivré de la souffrance qui brûlait en moi.
Si je devais t’écrire une lettre, ce serait avant tout pour te dire merci, combien tu m’es chère.
Alors voilà, comme ça on s’est rencontrés par le plus grand des hasards, dans la monotonie de nos journées. C’était à peine le début de l’automne, encore très loin des larmes. C’est peut-être bien prétentieux de ma part, d’être là à écrire des trucs, des trucs à propos d’un toi et d’un moi, d’une amitié qui s’est embrasée comme une allumette dans un bidon d’essence, instantanément, et qui se consume, qui se consume, encore. A tel point qu’on se demandera bientôt ce qu’il y a au fond de cette bouteille enflammée, ou alors, est-ce que ce n’était pas un cendrier ? Si grand cendrier en acier, avec un tas de sable et de cendres, une petite oasis ou les palmiers sont des cigarettes et où les rêves partent en fumée…
Moi j’en sais trop rien, et je suis là à te regarder. J’en sais trop rien et toutes mes envies sont entravées. Je sais plus, je veux rien. Et toi t’es là à me regarder. Mon reflet. Non, beaucoup mieux que ça. Une amie, une tempête de sable qui vient tout ravager sur ton chemin. Une tempête qui libère tout le mal en moi et qui me libère. Une déchirure salvatrice, une lame dans le cœur, un trip à l’acide, si corrosif et tellement poétique.
On est comme ça, à se connaître, rire pour tout, pleurer pour rien, toi, moi, surtout moi en fin de compte. Lamentable morceau de chair, je suis ici à me détruire le plus sûrement du monde, à implorer le ciel pour en finir et tout ce que tu trouves à foutre, c’est m’aider, et remonter le moral, me donner ces sourires, si beaux que je fonds en larme à chaque fois. Poésie incarnée, je vois trop de ces choses en toi, je me fais peur et je ne vaux rien. Mais t’es près de moi, une amie bien entendu et je ne sais même pas te dire merci. C’est sûrement pour ça que je sens le besoin de faire quelque chose, un petit rien qui sera toujours mieux qu’un énorme oubli de ma part.
Alors merci. T’es toujours là pour moi, encore plus que je le suis. En pleine chute libre, tu m’arrêtes brutalement pour me rendre la douceur qui me fait défaut.
Fallait que je te dise que je suis aussi là à mon tour, j’ai besoin d’avoir ce sentiment d’utilité, rôle de protecteur ou juste de ce qu’on appelle un ami. Je ne peux pas me contenter d’être passif, j’ai besoin d’être ton reflet. C’est pour cette raison qu’il faut que tu saches que, peu importe ce qu’il peut arriver, je serai là dans les moments difficiles, je suis prêt à recevoir tout ce que tu as à dire, à faire, à jeter. Sûrement qu’il est là, ce putain de paradoxe. Tu vois ça, je me moque de me faire du mal, d’être détruit, le cœur à genoux, mais je ne tolèrerai pas que du mal puisse t’arriver. T’es en quelque sorte de ma famille, et je te reçois avec une immense fierté.
Je ne saurais pas trop quoi te dire d’autre, sinon que j’espère que notre amitié durera pour toujours, parce que moi, je ne t’oublierai pas. Jamais.
lundi 24 février 2014
1,8‰
Et les autres, je les emmerde. Petits bouts de phrase d'un homme en colère. Sans queue ni tête, mais avec un putain de coeur...
Des paroles foutues en l'air, des mots jetés à tout-va, le poing solide qui vient se heurter sur la gueule d'ange du gamin qui n'avait jamais crié à l'aide.
Son histoire est douloureuse, il ne s'agit pas de gêne ni de honte. C'est juste un enfant perdu, dont la bouche n'a jamais voulu émettre le moindre mot. Il fermait sa gueule cassée, battue, mais il n'en avait pas fait le choix.
La bouche grand ouverte, à bouffer le béton, restait silencieuse.
L'étranger de la cathédrâle a survécu. Il a grandi, il a peut-être changé, mais ses blessures, profondes dans le coeur, sont restées les mêmes. Plus personne ne l'a revu depuis. Il erre toujours, mais l'étranger s'en est allé pour un ailleurs qui pourrait peut-être le soulage un peu plus.
Enfoiré de malade mental !
Tu vis la ville en pleine nuit, tu vis les campagnes sous la lune, à quoi bon ? Paroles en l'air, paroles en l'air...
Tu sais à peine ce que tu veux !
Tes amis sont restés loin derrière, dans tes souvenirs. En vérité, tu n'en as jamais eu !
Et putain, tu la connais la solitude ? Pas celle de celui qui se trouve seul sur son île déserte, non. Celui de l'homme qui se sent seul dans la foule, dans le nombre, au milieu de la ville, entre ceux qu'il aime. C'est bien ça, la solitude: être ignoré de ceux qu'on aime, à s'en faire saigner, profond dans le coeur, très loin dans les veines.
Sentir sous la peau l'arc-en-ciel des couleurs de nos hématomes...
1,3‰
Je te rassure, nous n'y sommes pour rien. Ce n'est pas les anxiolytiques, ce n'est ni l'alcool ni les nuits blanches qui font de nous des êtres à part. Le corps et l'âme cherchent des exutoires à nos instants de prise de conscience, à l'existentialisme.
Nos jours sont des nuits, nos nuits sont blanches, comme je l'ai déjà tant écrit, ça en devient lassant.
Il n'y a ni destin, ni coïncidence, c'est tout simplement que nous sommes; c'est bien cela le problème.
L'incendie de nos yeux a été noyé par nos larmes, ravagé par tout ces "pourquoi" et toutes les putain de questions qui coulent le long de nos joues. On n'y peut rien à toutes ces attentes inutiles, ces espoirs vaincus et déjà bien trop éteints, la peau froide et livide, sous la bannière de la lune mourante.
Notre bateau prend le large sur une mer de cendres, sur un océan de soupirs cachés, sur ce monde de fautes enfouies, il n'y a plus de port, plus de matelots, nous tanguons sur le navire fantôme de notre prochaine déchirure.
Au final, nous ne sommes que des holocaustes oubliés, dans les remous infinis de ces jours de nuit, de nos aventures qu'on ne peut avorter. Peu importe d'hurler, d'en pleurer, notre guerre, c'est nos vies, nous y sommes les terribles condamnés, voués à l'errance spirituelle.
Et donc, je te rassure, il arrive parfois de croiser d'autres âmes chagrines. Celles-ci seront tes compagnons de route, si tristes, mais si belles à la fois...
Alors, si toi aussi tu vis une si vaste désolation, je suis sûr que tu comprendras, ne serait-ce qu'un tout petit peu...
mercredi 5 février 2014
Il Pleut sur nos Ecritures
Il pleut, le ciel est rouge pâle. Le béton mouillé est un miroir face à l'étendue lumineuse.
Et c'est comme ça tous les soirs. Je ne crois pas, je ne prie pas non plus. J'écris, simplement. Les gens ont tous des croyances, des idées toutes aussi différentes les unes des autres. En vérité, peu importe de quoi il s'agit, mais il y a en chaque personne un besoin mental qui ne peut être rassasié. Chacun se rassure, par ses convictions, ses pensées, par les prières et par la nécessité de se raccrocher à quelqu'un de supérieur qui est peut-être quelque part.
Ce qui se cache la derrière est le besoin d'évacuer la pression ou la tristesse éprouvée, nous sommes tous à la recherche d'un exutoire au travers duquel on se sent en vie.
On est là, sur cette terre, au milieu de nos vies, mais au fond, on se souvient que rien de tout cela est voulu. Nous n'avons rien demandé, rien désiré, mais nous sommes, malgré tout. C'est à cet instant précis, - le moment ou l'on réalise que nous n'avons pas eu d'autre choix que d'être et de devenir - que nous prenons conscience que notre vie n'est pas sous contrôle.
Cette perte de contrôle, ce chaos, est alors un terrible poids fantôme sur le dos de tous. L'être humain n'est pas fait pour accepter ce fait évident, c'est naturellement impensable.
Et pourtant.
Cela doit être la raison - ou une partie, sait-on jamais - pour laquelle je suis sans cesse planté là, à écrire n'importe quoi en attendant l'instant ou tout se remet en place. A l'heure où tout le monde se couche, les lumières de la ville s'éteignent dans le soir, mais je ne dors pas. J'écris, j'use encore et encore les mêmes mots, parce qu'ils me parlent, parce que j'ai appris à les connaître.
Parce que ce que l'on écrit est une éponge qui efface nos erreurs, qui absorbe ce qu'on lui donne, bon ou mauvais, sans rien demander en retour. Parce que l'écriture ne se fatigue pas d'endurer les choses, parce qu'elle est toujours présente. Parce qu'il est plus simple de se confier à une page plutôt qu'un visage, parce que aussi, ceux qui veulent comprendre pourront toujours lire ce qui a été écrit dans et entre les lignes.
Parce qu'il y a encore mille autres raisons que je tairai, parce que vomir des mots qui ont la haine, la joie, la colère ou tout autre sentiment apaise, parce qu'il vaut mieux se défouler sur ces vaines feuilles de papier que sur ceux qu'on aime.
Jour après jour, année après année, c'est un peu comme si l'écriture rongeait mes sentiments, mon visage. Qu'est-ce que j'éprouve ? Personne ne le sent véritablement. Pourtant, il suffirait de l'exprimer en moins de deux lignes pour que tout soit si subitement limpide.
Écrire, verbaliser et imager ses sentiments est un réel suicide sadomasochiste. On se rend compte pertinemment que c'est une partie de soi qui finit par s'effacer, on la regarde partir, mais comme une drogue, on y revient, inlassablement.
C'est un peu comme si l'on enfermait nos émotions dans une feuille de papier. Je crois que c'est pour cette raison que je n'écris jamais la joie et le bonheur, que je préfère vivre, plutôt que de condamner ainsi.
Ne vous en faites pas, je rentre à la maison, tout va s'effacer, tout va s'effacer.
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