Je suis planté là, comme un con au centre de rien, je suis là le cul vissé sur ma chaise à relire quelques notes. La fourre cartonnée qui a épongé tant de larmes et qui s'est imprégnée de toute ma haine, mes peurs, mes émotions perdues. Je tiens dans mes mains des années de souffrance. Mon corps en porte encore les cicatrices indélébiles, et je sais que j'y pense encore, mon cœur se serre.
Il m'a fallu tous les mots du monde pour comprendre qu'il n'y en a pas un seul pour exprimer une si grande peine. Au moins, je l'aurai découvert par moi-même. Il m'arrive d'ouvrir ces vieilles pages et de les relire, de me mettre en colère, tout seul, de tout vouloir oublier. Mais c'est une partie de moi. Parfois, j'écris quelques mots en plus comme si les autres n'avaient pas suffi. C'est drôle d'avoir envie de retourner, de relire ces choses, de se souvenir. Je ne sais pas pourquoi, pourtant mes bras sont pleins de ces mauvais souvenirs. Tout ce qui est certain, c'est que je ne trouverai jamais la solution à toutes ces choses. C'est un poids qu'il faudra trainer jusqu'à la tombe, sur des "étendues de rien".
Des détails.
jeudi 19 janvier 2012
vendredi 13 janvier 2012
J'étais trop petit. J'étais aussi trop grand. J'ai compris trop de choses, j'en ai ignoré tant d'autres. Mais toi, tu te souviens de ça ? Le plus fort des hommes peut se retrouver à genoux pour la plus petites des causes. C'est peut-être bien ça le problème. J'me souviens de rien, aide-moi. Je ne voulais pas savoir, pas voir. Trop blasé, trop vieux. C'est tout un monde qui s'est écroulé dans le silence. Sans hommage, sans le noir, sans le deuil, j'ai avancé.
mardi 10 janvier 2012
Sky.
Il se prépare à passer sa soirée, en mélangeant de l'alcool dans des bouteilles. Sous ses airs d'ange, c'est un enfant aux poumons sales. La cigarette en bouche, briquet calé bien au fond du jean, c'est parti. Il est prêt à payer cher pour oublier un peu. D'ailleurs, son portefeuille finira vide dans un bar du coin.
Un gosse de plus qui n'a pas compris qu'être adulte, c'est pas ça. C'est autre chose. Mais c'est surtout encaisser les coups les plus rudes sans broncher. C'est aussi assumer, prendre des responsabilités. Savoir, voir et comprendre. Il n'est pas toujours utile de parler, alors on se tait, mais on sait. Il suffit d'un regard pour s'accorder.
Dans les méandres d'un vieux bar enfumé traine un garçon perdu. Il cherche quelque chose. C'est peut-être lui, c'est peut-être ce qu'il est devenu. Course poursuite folle, entre musique et défonce, il ne reste pas vraiment de temps.
Un gosse de plus qui n'a pas compris qu'être adulte, c'est pas ça. C'est autre chose. Mais c'est surtout encaisser les coups les plus rudes sans broncher. C'est aussi assumer, prendre des responsabilités. Savoir, voir et comprendre. Il n'est pas toujours utile de parler, alors on se tait, mais on sait. Il suffit d'un regard pour s'accorder.
Dans les méandres d'un vieux bar enfumé traine un garçon perdu. Il cherche quelque chose. C'est peut-être lui, c'est peut-être ce qu'il est devenu. Course poursuite folle, entre musique et défonce, il ne reste pas vraiment de temps.
jeudi 22 décembre 2011
Déviance.
L'amour et la mort se querellent depuis des années. Un moment précis il a fallu, sans prendre le temps d'y réfléchir, ne faisant appel qu'à notre instinct choisir l'un de ces deux protagonistes. Tu as choisis l'amour et moi la mort. Aujourd'hui il est évident que j'ai gagné car même si je suis mort, tu ne peux rien faire de l'amour si tu es seul.
La mort l'emporte toujours.
La mort l'emporte.
La mort l'emporte toujours.
La mort l'emporte.
mercredi 14 décembre 2011
Le Poison
Un sublime poison épais et terne coulait le long de sa manche. Il ne lui restait plus qu'à attendre. Les lavabos blancs crachaient leur eau en un sinistre orchestre qui avait la force de briser net la plus forte des émotions. La porte n'était pas très loin, mais tout devenait subitement flou et incompréhensible. La silhouette en noir disparut un moment ou un autre dans le chaos de ce dernier spectacle.
Le robinet avait asse coulé pour remplir le lavabo à ras bord. Il y plongea sa tête pour reprendre ses esprits. L'eau s'en allait doucement et devint teintée de rouge, un rouge humain. Nous ignorions tout de cela à cet instant précis. C'était peut-être ses peurs enfouies, ou ces écorchures au fond du cœur qui ont fini par créer un trou béant qui l'avaient poussé là. Personne ne jugeait. Son identité, il s'en fichait bien, elle était partie pour de bon, et puis c'était déjà trop tard pour la regretter. Les veines à fleur de peau, qui tapaient comme pour sortir d'un corps trop ravagé, trop courbé, étaient cachées sous ses longues manches qui tombaient jusqu'aux doigts.
De l'autre côté, je poussais d'un vif coup de pied la porte blanche, tes mains contre mon dos, face à face ultime, et entrais dans les toilettes. Nous étions là tous les deux, je priais pour que tes lèvres restent soudées aux miennes à jamais, tandis qu'à terre, un homme aux yeux retournés était allongé, les bras étendus sur les carreaux.
On eut dit un oiseau blessé se débattant pour échapper à un agresseur invisible. L'homme se tordait et hurlait des choses incompréhensibles et fut pris de spasmes.
Il lâcha un petit flacon de verre d'où se déversait un liquide visqueux.
Il avait goûté au poison.
Le robinet avait asse coulé pour remplir le lavabo à ras bord. Il y plongea sa tête pour reprendre ses esprits. L'eau s'en allait doucement et devint teintée de rouge, un rouge humain. Nous ignorions tout de cela à cet instant précis. C'était peut-être ses peurs enfouies, ou ces écorchures au fond du cœur qui ont fini par créer un trou béant qui l'avaient poussé là. Personne ne jugeait. Son identité, il s'en fichait bien, elle était partie pour de bon, et puis c'était déjà trop tard pour la regretter. Les veines à fleur de peau, qui tapaient comme pour sortir d'un corps trop ravagé, trop courbé, étaient cachées sous ses longues manches qui tombaient jusqu'aux doigts.
De l'autre côté, je poussais d'un vif coup de pied la porte blanche, tes mains contre mon dos, face à face ultime, et entrais dans les toilettes. Nous étions là tous les deux, je priais pour que tes lèvres restent soudées aux miennes à jamais, tandis qu'à terre, un homme aux yeux retournés était allongé, les bras étendus sur les carreaux.
On eut dit un oiseau blessé se débattant pour échapper à un agresseur invisible. L'homme se tordait et hurlait des choses incompréhensibles et fut pris de spasmes.
Il lâcha un petit flacon de verre d'où se déversait un liquide visqueux.
Il avait goûté au poison.
lundi 12 décembre 2011
Le Lit.
Te regarder t'allonger dans le lit. Les draps froissés dans le noir, le souffle haletant. M'en aller sans que tu me retrouves, les yeux fermés qui attendent un simple signe. Le bruit de la porte, les pas sur le tapis. La colère jusqu'au bout des doigts, les dents serrées. Te regarder partir, et ne pas dire un mot.
Se prélasser et attendre. Les plaies virent au jaune puis disparaissent. Te voir revenir, ne pas dire un mot. Percer ton visage du regard foudroyant. Les yeux noirs. La peau fatiguée, les cernes pérennes sous les orbites. Te regarder du mieux qu'il est possible, te voir t'asseoir sur le rebord et attendre.
Le ciel devient rouge, l'air est si froid.
Le bruit d'un battement de cœur. Une mélodie dans la tête et rien d'autre.
Et surtout, ne pas dire un mot.
Se prélasser et attendre. Les plaies virent au jaune puis disparaissent. Te voir revenir, ne pas dire un mot. Percer ton visage du regard foudroyant. Les yeux noirs. La peau fatiguée, les cernes pérennes sous les orbites. Te regarder du mieux qu'il est possible, te voir t'asseoir sur le rebord et attendre.
Le ciel devient rouge, l'air est si froid.
Le bruit d'un battement de cœur. Une mélodie dans la tête et rien d'autre.
Et surtout, ne pas dire un mot.
vendredi 9 décembre 2011
Le Saphir
La bougie s'est éteinte dans la chambre livide où était allongé le petit corps froid. Sur le rebord de la fenêtre, la neige s'accumulait. L'horizon était saphir et des petits éclats brillaient très fort. La fumée montait au plafond, tandis que la main de la jeune femme tombait lentement hors du lit. Les lèvres bleue, elle fit trembler ses derniers mots jusqu'au bout, jusqu'à la toute fin. Ce jour-là, ce fut le soleil qui découvrit le pâle cadavre de ce qui aurait dû être une femme, le sourire aux lèvres.
mercredi 7 décembre 2011
Le Chant du Chamane (Extrait I)
La chambre de Jane était dotée d'une petite fenêtre aux stores cassés et coincés à moitié fermés. En regardant par la vitre, la vue donnait sur une grande route de macadam qui se faisait dévorer par une pinède dense à travers laquelle la lune venait s'engouffrer. Dans la pièce, il y avait un petit frigo en panne et des cafards. Sur une table en plastique se trouvait la télévision que Jane s'empressa d'allumer. A son grand regret, il n'y avait que trois chaînes disponibles, mais que l'on voyait par intermittence et des grésillements incessants sortaient du poste de télévision. La jeune femme finit par l'éteindre, fuma une dernière cigarette puis alla s'asseoir au bord du lit.
Dans la chambre noire, elle passait le couteau sur la flamme. Le métal devint brûlant, la nuit elle, resta glaciale et majestueuse. Le ciel était la robe d'une de ces dames dont on fait la cour du bas d'un hôtel, le ciel se penchait hautainement, se redressait et ignora. Ce soir, le miroir était brisé, le serpent glissant sur les morceaux de verre, au travers de la pièce, attendait le moment propice. Le venin est rare mais puissant.
La froide lumière de la matinée avait tiré Jane de son profond sommeil. Les entailles nocturnes qui vivaient sur ses bras ne lui faisaient pas mal, le sang avait séché pendant la nuit. Elle s'en moquait. Ce n'était ni un exemple, ni un sujet de honte, alors la fugitive ne s'en cachait pas, bien qu'elle évite d'en parler, comme pour tout le reste. S'il fallut qu'elle cache quelque chose, ce fut bien son entière existence.
Les interstices laissaient la lueur extérieure pénétrer maladroitement dans la chambre livide. Dans la pièce voisine, on entendait la porte claquer à tout moment, il y eut des cris, comme une terrible tempête qui s'abattait sur un désert de cendres, tout volait en éclat, tout partait en sanglots. Dans un motel bon marché perdu sur les routes d'un immense pays, Jane crut comprendre que l'amour était mort. Le lit restera défait. Quand sa montre indiquait plus ou moins huit heures, la jeune femme alluma une cigarette avec une allumette. A peine entamée, elle la laissa se calciner sur la table de sa chambre tandis qu'elle prit sa douche. L'eau brûlante qui coulait sur sa peau ne la réchauffa pas. Elle avait froid à l'intérieur, d'un froid qui ne changerait pas. C'était un peu comme si tout son corps se crispait au contact d'un coffre de métal glacial qui contiendrait son âme écorchée, laissant le givre se craqueler à chacun de ses battements de cœur. Elle n'en pouvait rien, ce froid était inscrit en elle, c'était les mots contenus, la haine étouffée des sombres jours, un grand livre des rancunes, fait de chair et de sang, dans lequel on aurait écrit toutes les douleurs, mille remord et cent fois plus de souffrances. Jane sentait qu'à chaque lettre de ce funeste ouvrage, le sang se déversait et la maintenait éveillée, la forçant à assister au terrible spectacle. Une sorte d'opéra dont la salle était entièrement vide. Sur la scène, immense, une jeune actrice en larme se tordait de douleur. Ses vêtements étaient déchirés et souillés de son sang. On eut dit un animal mortellement touché, qui se débattait comme si la mort personnifiée la tenait fermement.
La cigarette sur la table avait laissé des marques noires. Le vernis sur le bois bon marché du meuble avait craqué à cause de la chaleur et une odeur nauséabonde s'était répandue. Trente kilomètres plus loin, une voiture lancée à pleine vitesse sortit de la route, non pas à cause d'une météo délicate, mais parce que son chauffeur était ivre et probablement sous les effets de diverses drogues. Le véhicule fut stoppé net par une arbre des plus solides, enraciné aux abords de la route qu'emprunta le jeune fêlé. La scène était confuse, la fumée s'échappait du moteur et se dispersa autour du lieu de la collision. La portière du chauffeur s'ouvrit et une main, molle et inerte en sorti, puis resta suspendue, le bras posé sur le siège avant. La terre sèche et poussiéreuse venait se déposer sur le capot froissé de ce qui était ne magnifique voiture. Lorsque Rob reprit ses esprits, il serra d'une main un étrange bracelet fait d'os. Il se releva en titubant, balbutia et visiblement, il ne comprit point l'ampleur du désastre.
Dans la chambre noire, elle passait le couteau sur la flamme. Le métal devint brûlant, la nuit elle, resta glaciale et majestueuse. Le ciel était la robe d'une de ces dames dont on fait la cour du bas d'un hôtel, le ciel se penchait hautainement, se redressait et ignora. Ce soir, le miroir était brisé, le serpent glissant sur les morceaux de verre, au travers de la pièce, attendait le moment propice. Le venin est rare mais puissant.
La froide lumière de la matinée avait tiré Jane de son profond sommeil. Les entailles nocturnes qui vivaient sur ses bras ne lui faisaient pas mal, le sang avait séché pendant la nuit. Elle s'en moquait. Ce n'était ni un exemple, ni un sujet de honte, alors la fugitive ne s'en cachait pas, bien qu'elle évite d'en parler, comme pour tout le reste. S'il fallut qu'elle cache quelque chose, ce fut bien son entière existence.
Les interstices laissaient la lueur extérieure pénétrer maladroitement dans la chambre livide. Dans la pièce voisine, on entendait la porte claquer à tout moment, il y eut des cris, comme une terrible tempête qui s'abattait sur un désert de cendres, tout volait en éclat, tout partait en sanglots. Dans un motel bon marché perdu sur les routes d'un immense pays, Jane crut comprendre que l'amour était mort. Le lit restera défait. Quand sa montre indiquait plus ou moins huit heures, la jeune femme alluma une cigarette avec une allumette. A peine entamée, elle la laissa se calciner sur la table de sa chambre tandis qu'elle prit sa douche. L'eau brûlante qui coulait sur sa peau ne la réchauffa pas. Elle avait froid à l'intérieur, d'un froid qui ne changerait pas. C'était un peu comme si tout son corps se crispait au contact d'un coffre de métal glacial qui contiendrait son âme écorchée, laissant le givre se craqueler à chacun de ses battements de cœur. Elle n'en pouvait rien, ce froid était inscrit en elle, c'était les mots contenus, la haine étouffée des sombres jours, un grand livre des rancunes, fait de chair et de sang, dans lequel on aurait écrit toutes les douleurs, mille remord et cent fois plus de souffrances. Jane sentait qu'à chaque lettre de ce funeste ouvrage, le sang se déversait et la maintenait éveillée, la forçant à assister au terrible spectacle. Une sorte d'opéra dont la salle était entièrement vide. Sur la scène, immense, une jeune actrice en larme se tordait de douleur. Ses vêtements étaient déchirés et souillés de son sang. On eut dit un animal mortellement touché, qui se débattait comme si la mort personnifiée la tenait fermement.
La cigarette sur la table avait laissé des marques noires. Le vernis sur le bois bon marché du meuble avait craqué à cause de la chaleur et une odeur nauséabonde s'était répandue. Trente kilomètres plus loin, une voiture lancée à pleine vitesse sortit de la route, non pas à cause d'une météo délicate, mais parce que son chauffeur était ivre et probablement sous les effets de diverses drogues. Le véhicule fut stoppé net par une arbre des plus solides, enraciné aux abords de la route qu'emprunta le jeune fêlé. La scène était confuse, la fumée s'échappait du moteur et se dispersa autour du lieu de la collision. La portière du chauffeur s'ouvrit et une main, molle et inerte en sorti, puis resta suspendue, le bras posé sur le siège avant. La terre sèche et poussiéreuse venait se déposer sur le capot froissé de ce qui était ne magnifique voiture. Lorsque Rob reprit ses esprits, il serra d'une main un étrange bracelet fait d'os. Il se releva en titubant, balbutia et visiblement, il ne comprit point l'ampleur du désastre.
dimanche 13 novembre 2011
...
Parfois les sentiers sont battus
Parfois ce sont eux qui nous battent
Les chemins rarement pavés de belles fleurs
Mais ils sont toujours semés d'embûches
Certains préfèrent tracer leur propre chemin
D'autres préfèrent ne pas connaître leur destin
Ceux-là ont tout de même un point commun
Tous les deux arriveront à la fin
Qu'on y aille en rampant ou en F1
Ce qui compte ce n'est pas d'arriver le premier
Mais c'est
Apprendre de nos expérience
Déçu ou pas, toujours se dire qu'on avance
Ne regarde pas en arrière, vers l'enfance
Qui est déjà devenu adolescence
Tire profit des conséquences
Je te jure que ça assure quand on y repense
Parfois ce sont eux qui nous battent
Les chemins rarement pavés de belles fleurs
Mais ils sont toujours semés d'embûches
Certains préfèrent tracer leur propre chemin
D'autres préfèrent ne pas connaître leur destin
Ceux-là ont tout de même un point commun
Tous les deux arriveront à la fin
Qu'on y aille en rampant ou en F1
Ce qui compte ce n'est pas d'arriver le premier
Mais c'est
Apprendre de nos expérience
Déçu ou pas, toujours se dire qu'on avance
Ne regarde pas en arrière, vers l'enfance
Qui est déjà devenu adolescence
Tire profit des conséquences
Je te jure que ça assure quand on y repense
Le Poème de Jane
Précieuse comme un astre éternel
Elle déploie ses bras, immenses et blancs
Une adulte à l'âme d'un jeune enfant
Voulut un jour se mêler au ciel
Entre ses doigts, la divine odeur
Âpre et fort comme le vin de la mort
La coupe aux lèvres, qu'on partage à tort
L'ombre de sa bouche tremble de terreur
Elle s'agite, rampe sur ses rêves éteints
Fixant le serpent au sang glacé
Cherchant de son être une vie volée
Malgré tant de souvenirs défunts
Si près des portes de la perception
Intrépide, elle ne lâche jamais prise
Jouant malicieusement de l'emprise
Innommable, une mauvaise illusion
Quand sans se retourner elle s'en va
Plongée, pâle et froide dans son délire
Qu'à travers son âme nue on peut la lire
Le soir venu, plus rien n'est là
Charmante demoiselle au désir
Voluptueuse, vêtue de son aura
D'azur, d'outremer ou de bleu roi
Mille larmes brillent quand je la vois périr.
Elle déploie ses bras, immenses et blancs
Une adulte à l'âme d'un jeune enfant
Voulut un jour se mêler au ciel
Entre ses doigts, la divine odeur
Âpre et fort comme le vin de la mort
La coupe aux lèvres, qu'on partage à tort
L'ombre de sa bouche tremble de terreur
Elle s'agite, rampe sur ses rêves éteints
Fixant le serpent au sang glacé
Cherchant de son être une vie volée
Malgré tant de souvenirs défunts
Si près des portes de la perception
Intrépide, elle ne lâche jamais prise
Jouant malicieusement de l'emprise
Innommable, une mauvaise illusion
Quand sans se retourner elle s'en va
Plongée, pâle et froide dans son délire
Qu'à travers son âme nue on peut la lire
Le soir venu, plus rien n'est là
Charmante demoiselle au désir
Voluptueuse, vêtue de son aura
D'azur, d'outremer ou de bleu roi
Mille larmes brillent quand je la vois périr.
dimanche 16 octobre 2011
La Voie Ferrée
Les semelles de ses chaussures étaient devenues bouillantes au contact de l'asphalte de cette interminable route sillonnant l'état de haut en bas pour se jeter dans l'Arizona de sa jeunesse. A peine elle avait posé le pied à terre, que les premières vapeurs brûlantes atteignirent son visage. Le soleil était rougeoyant de l'autre côté de la plaine, et alors qu'elle avançait, un vent se leva comme pour imposer une divine autorité. Il se mit à trembler et vibrer sans répit, avec autant d'entrain que des chevaux sauvages lancés au galop. On aurait dit que le vent lui murmurait quelque chose.
Les quelques cactus qui avaient poussé dans les alentours servaient de perchoir pour les oiseaux qui ne manquaient pas d'observer l'avancement de la jeune femme. Il aurait suffit de deux, trois, ou peut-être même quatre jours pour qu'elle périsse.
Au fil de son parcours, elle laissait s'en aller derrière elle un filet de poussière et de sable dans un ballet tout à fait hallucinant. Sa longue marche sous le poids de l'immense soleil la conduisit vers une ancienne voie ferrée totalement délabrée. Il n'était pas rare d'y trouver des squelettes d'animaux qui avaient succombé à ce périple infernal au travers des kilomètres de sables chaud.
Lorsque la nuit se mit à tomber, la jeune femme se réfugia dans les vestiges d'un wagon marchand abandonné qui avait l'avantage non négligeable de la protéger du vent. Alors qu'elle venait d'allumer son feu, elle aperçut un majestueux serpent qui profitait de l'obscurité pour rester caché. La lumière et le crépitement des braises le mirent en situation d'alerte, et il se dressa voluptueusement pour devenir un prédateur intimidant....
Les quelques cactus qui avaient poussé dans les alentours servaient de perchoir pour les oiseaux qui ne manquaient pas d'observer l'avancement de la jeune femme. Il aurait suffit de deux, trois, ou peut-être même quatre jours pour qu'elle périsse.
Au fil de son parcours, elle laissait s'en aller derrière elle un filet de poussière et de sable dans un ballet tout à fait hallucinant. Sa longue marche sous le poids de l'immense soleil la conduisit vers une ancienne voie ferrée totalement délabrée. Il n'était pas rare d'y trouver des squelettes d'animaux qui avaient succombé à ce périple infernal au travers des kilomètres de sables chaud.
Lorsque la nuit se mit à tomber, la jeune femme se réfugia dans les vestiges d'un wagon marchand abandonné qui avait l'avantage non négligeable de la protéger du vent. Alors qu'elle venait d'allumer son feu, elle aperçut un majestueux serpent qui profitait de l'obscurité pour rester caché. La lumière et le crépitement des braises le mirent en situation d'alerte, et il se dressa voluptueusement pour devenir un prédateur intimidant....
jeudi 13 octobre 2011
La Quête
La mort de son père la presse.
Dans la chambre noire, elle passe le couteau sur la flamme. Le métal est brûlant, la nuit elle, est glaciale et majestueuse. Le ciel est la robe d'une de ces dames dont on fait la cour du bas d'un hôtel, le ciel se penche hautainement se redresse et ignore. Ce soir, le miroir est brisé, le serpent glisse sur les morceaux de verre, au travers de la pièce, attend le moment propice. Le venin est rare mais puissant.
Sa pâle victime sort de la pièce, depuis la mort de son père, depuis la mort, elle s'en va. Ses bas déchirés, les tâches sur sa jupe, elle se fiche de tout, essaie de reprendre son souffle vain.
Le lit restera défait. Et dans l'élan d'une nuit froide et comateuse, elle s'en va, sans se retourner. Elle abandonne l'image de sa mère au seuil de la porte.
Elle s'enfuit.
Le serpent avance sur les carreaux blancs du sol de la chambre, traçant des grandes vagues dans la poussière et les débris de vitre. Le venin s'est répandu, à sa guise. Et donc, à travers la nuit froide d'une maison abandonnée, une fille en mal d'identité prend la direction que l'on sait: l'Arizona.
Et déjà, alors qu'elle contemple sa froide candeur dans l'éclat de miroir qu'elle gardait dans son sac, elle aperçoit juste derrière son dos, l'aube du prochain jour, et une terrible Cadillac...
Dans la chambre noire, elle passe le couteau sur la flamme. Le métal est brûlant, la nuit elle, est glaciale et majestueuse. Le ciel est la robe d'une de ces dames dont on fait la cour du bas d'un hôtel, le ciel se penche hautainement se redresse et ignore. Ce soir, le miroir est brisé, le serpent glisse sur les morceaux de verre, au travers de la pièce, attend le moment propice. Le venin est rare mais puissant.
Sa pâle victime sort de la pièce, depuis la mort de son père, depuis la mort, elle s'en va. Ses bas déchirés, les tâches sur sa jupe, elle se fiche de tout, essaie de reprendre son souffle vain.
Le lit restera défait. Et dans l'élan d'une nuit froide et comateuse, elle s'en va, sans se retourner. Elle abandonne l'image de sa mère au seuil de la porte.
Elle s'enfuit.
Le serpent avance sur les carreaux blancs du sol de la chambre, traçant des grandes vagues dans la poussière et les débris de vitre. Le venin s'est répandu, à sa guise. Et donc, à travers la nuit froide d'une maison abandonnée, une fille en mal d'identité prend la direction que l'on sait: l'Arizona.
Et déjà, alors qu'elle contemple sa froide candeur dans l'éclat de miroir qu'elle gardait dans son sac, elle aperçoit juste derrière son dos, l'aube du prochain jour, et une terrible Cadillac...
samedi 8 octobre 2011
So Cold.
Derrière les collines froides remuent une fois encore les corps raidis, et les milliers de bouchent demandant pitié. Lorsque le givre se dépose sur ces yeux grands ouverts, les cris deviennent silences, les larmes deviennent glace.
Il fait froid.
La terre est craquelée, l'herbe ne se plie pas sous le vent. Le pâle destin de ce pauvre monde est balayé sous les rafales, tandis que de l'autre côté, un homme sans lendemain les juge et crache sur leur insignifiante vie.
Il fait froid.
La terre est craquelée, l'herbe ne se plie pas sous le vent. Le pâle destin de ce pauvre monde est balayé sous les rafales, tandis que de l'autre côté, un homme sans lendemain les juge et crache sur leur insignifiante vie.
jeudi 22 septembre 2011
Proposition décadente.
C'est entre temps, entre nous que le courant passe, entre toi, entre moi que tout passe et tout casse. Hématomes sur la peau, du bleu et puis du rouge, je suis un artiste, j'aime te repeindre de mes couleurs, quand tes plaies gonflent et prennent cette teinte violacée... Je t'aime je te souffre tu me baises je t'humilie.
Défoncé à tes vapeurs je te traque du regard chaque fois que tu quittes l'endroit. Je te tiens, tu me retiens, je te serre tu me gifles, la cadence est donnée reste à voir qui aura le plus de souffle.
Défoncé à tes vapeurs je te traque du regard chaque fois que tu quittes l'endroit. Je te tiens, tu me retiens, je te serre tu me gifles, la cadence est donnée reste à voir qui aura le plus de souffle.
mercredi 21 septembre 2011
Le Chamane
Par-delà les océans, loin au-dessus du brouillard et des ombres d'inconnus, elle survole, elle parcourt le temps et les espaces à la manière d'un bouffon itinérant.
Sans même se rendre compte, elle suffoque, elle se fige. Désert froid, banquise brûlante, peu lui importe, tant que c'est sur sa route, c'est le bon choix.
L'aigle qui la suivait du regard s'est désorienté, la prédateur devient proie, la pupille se dilate lentement, mais sereinement.
Le bal est ouvert, à la pluie tombante, quelques gouttes, des hurlements profonds au abords de l'autoroute. Qui pouvait bien s'en rendre compte ? Sa robe déchirée avait tant vécu, tant à vivre. Sa jeune propriétaire voulait vivre vite, alors sans plus attendre, elle s'embarqua dans l'une de ses cadillacs qui s'arrêtent sur la chaussée pour emmener avec elle les jeunes femmes vers des rêves lointains.
Sans se douter de rien, sans l'ombre d'un frisson, elle mourait à l'intérieur. Une fleur pousse dans le sable, la roche contient ses légendes. Le cuir du siège arrière lui laissait le dessous des cuisses rouge. A ce moment précis, elle avait l'impression de se faire littéralement dévorer.
Dans le proche canyon rougeoyant, l'amour s'en allait avec le soleil, tandis que le chamane parlait aux vautours là-bas, au loin. Il était aveugle depuis si longtemps maintenant. Jeune corps en danger cherche rêve d'occasion. Illusion et malice, l'être paraît blafard, les passions s'enhardissent, le sexe est violent.
Elle hurle.
Un jeune homme aux lunettes teintées de violet, le haut du corps complètement nu sous l'orage, gravait à même sa peau des symboles anciens. Le sang sur son torse se mêlait à l'eau divine et le tout fut reçu par les mille bouches de la terre mourante.
Elle avait mal à la tête, les muscles flasques, la vision trouble, mais avait encore du mal à ne plus y croire. Ses dessous avaient disparus dans la nuit de l'Arizona, avec son argent et sa mémoire...
Sans même se rendre compte, elle suffoque, elle se fige. Désert froid, banquise brûlante, peu lui importe, tant que c'est sur sa route, c'est le bon choix.
L'aigle qui la suivait du regard s'est désorienté, la prédateur devient proie, la pupille se dilate lentement, mais sereinement.
Le bal est ouvert, à la pluie tombante, quelques gouttes, des hurlements profonds au abords de l'autoroute. Qui pouvait bien s'en rendre compte ? Sa robe déchirée avait tant vécu, tant à vivre. Sa jeune propriétaire voulait vivre vite, alors sans plus attendre, elle s'embarqua dans l'une de ses cadillacs qui s'arrêtent sur la chaussée pour emmener avec elle les jeunes femmes vers des rêves lointains.
Sans se douter de rien, sans l'ombre d'un frisson, elle mourait à l'intérieur. Une fleur pousse dans le sable, la roche contient ses légendes. Le cuir du siège arrière lui laissait le dessous des cuisses rouge. A ce moment précis, elle avait l'impression de se faire littéralement dévorer.
Dans le proche canyon rougeoyant, l'amour s'en allait avec le soleil, tandis que le chamane parlait aux vautours là-bas, au loin. Il était aveugle depuis si longtemps maintenant. Jeune corps en danger cherche rêve d'occasion. Illusion et malice, l'être paraît blafard, les passions s'enhardissent, le sexe est violent.
Elle hurle.
Un jeune homme aux lunettes teintées de violet, le haut du corps complètement nu sous l'orage, gravait à même sa peau des symboles anciens. Le sang sur son torse se mêlait à l'eau divine et le tout fut reçu par les mille bouches de la terre mourante.
Elle avait mal à la tête, les muscles flasques, la vision trouble, mais avait encore du mal à ne plus y croire. Ses dessous avaient disparus dans la nuit de l'Arizona, avec son argent et sa mémoire...
mardi 30 août 2011
Avec des si...
Si je devais choisir entre l'honneur et richesse, je prendrais l'honneur, car même s'il ne fait pas de toi un homme plus heureux, l'honneur te fait traverser les siècles.
Si je devais choisir entre la rage et brutalité, je choisirais la rage, car même si tu n'es pas fort, elle te donne la volonté d'aller jusqu'au bout.
Si je devais choisir entre amitié et amour, je prendrais l'amour, car même s'il peut t'écorcher, il est solide et durable, là où l'amitié peut se briser au moindre choc.
Si je devais choisir entre un crayon et plume, je prendrai le crayon, car rien n'est définitif.
Je devais choisir entre toi et moi, ça ne fait pas de doute, je te choisirais.
Si je devais choisir entre la rage et brutalité, je choisirais la rage, car même si tu n'es pas fort, elle te donne la volonté d'aller jusqu'au bout.
Si je devais choisir entre amitié et amour, je prendrais l'amour, car même s'il peut t'écorcher, il est solide et durable, là où l'amitié peut se briser au moindre choc.
Si je devais choisir entre un crayon et plume, je prendrai le crayon, car rien n'est définitif.
Je devais choisir entre toi et moi, ça ne fait pas de doute, je te choisirais.
mardi 16 août 2011
Darling
In the darkest days, I feel you deeply over me, watching me.
The lights fade away, the rain is still chanting. The fresh air of the night is giving me shivers.
And then, I know there's something more than this, there something greater than all of this. My very own way to the stars, my only connexion left.
My darling.
The lights fade away, the rain is still chanting. The fresh air of the night is giving me shivers.
And then, I know there's something more than this, there something greater than all of this. My very own way to the stars, my only connexion left.
My darling.
vendredi 12 août 2011
De l'Abrasif sur nos Contours III
L'alcool ronge, les tissus se flétrissent, les rides sous les yeux se sont creusées et creusées encore. Les larges entailles aux bras restent çà et là comme pour remémorer à vie une douleur évanouie. Nos plus belles cicatrices sont nos meilleures archives et là où un livre ne saurait trouver les mots, les plaies anciennes ont beaucoup à dire, témoignent le chaos et l'absurde violence qui se sont emparés de nous.
Quand soudain la peine remonte sous la plaie, les lames effleurent à nouveau la peau. Tout se joue si subtilement, tout bascule, c'est si vicieux, à ni rien comprendre.
Et juste là, les yeux ouverts, sans même ressentir aucune douleur, ton corps t’abandonne, un mauvais trip aux mille délices t'as joué un tour de plus.
Et tu garde en toi la certitude que tout cela va se répéter, inlassablement...
Quand soudain la peine remonte sous la plaie, les lames effleurent à nouveau la peau. Tout se joue si subtilement, tout bascule, c'est si vicieux, à ni rien comprendre.
Et juste là, les yeux ouverts, sans même ressentir aucune douleur, ton corps t’abandonne, un mauvais trip aux mille délices t'as joué un tour de plus.
Et tu garde en toi la certitude que tout cela va se répéter, inlassablement...
lundi 8 août 2011
Insane Child.
The whole world is burning, but, my darling, we're still together. Maybe you don't give a toss about all of this, when I smile, when I cry, you keep playing with the devil. Passers-by were watching you as you walked there with the bruises on your arms, innocent as little girl, but hey, you have so much dirty thoughts.
The ashes in our lungs make breathing difficult and we don't really care, because tonight we'll stop playing.
You're not a child any more, I'm not a sweet prince any more. We're just two souls high on life, living for destruction. I know I'm insane, I'll be even worse next time we meet.
You threw me to the ground, I don't even bleed. I don't even think. I'm frozen, my heart beats from time to time.
We won't end this story right now.
There is something left to do.
The ashes in our lungs make breathing difficult and we don't really care, because tonight we'll stop playing.
You're not a child any more, I'm not a sweet prince any more. We're just two souls high on life, living for destruction. I know I'm insane, I'll be even worse next time we meet.
You threw me to the ground, I don't even bleed. I don't even think. I'm frozen, my heart beats from time to time.
We won't end this story right now.
There is something left to do.
Inscription à :
Articles (Atom)